DE» CICATRICES DES NERFS
termédiaire nouvellement formé en substance nerveuse ne peut se l'aire qu'avec le concours des bouts nerveux eux-mêmes. Nous retrouverons des conditions analogues dans la guérison des fractures où une réunion osseuse ne peut également s'effectuer qu'après une coaptation suffisante des fragments. Quant . à la régénération des tissus du cerveau et de la moelle épinière, elle ne se produit pas chez l'homme après une blessure avec perte de substance, ou du moins cette régénération n'est pas telle que la conductibilité nerveuse puisse être rétablie. Il est vrai que chez les animaux, comme Brown-Séquard l'a prouvé par des expériences faites sur des pigeons, la régénération peut se faire après la section de la moelle épinière, si bien que la paralysie qui naturellement s'est produite dans toutes les parties situées au-dessous de l'endroit divisé, finit par disparaître entièrement. Malheureusement, ce pouvoir de régénération des nerfs diminue graduellement à mesure que l'on s'élève sur l'échelle du développement des animaux vertébrés, et se trouve être moindre chez l'homme que chez tous les animaux. On sait que chez les salamandres des extrémités entières peuvent se reproduire après avoir été amputées. Quel dommage qu'il n'en soit pas de même chez l'homme 1 Toutefois Fio. 16.
la nature paraît vouloir faire de temps à autre, dans ces cas, un essai malheureusement infructueux de régénération nerveuse.
En effet , on remarque assez souvent qu'après les amputations, les extrémités des nerfs dans les moignons se développent, au lieu de se cicatriser simplement, en nodosités renflées en massue devenant éminemment douloureuses et exigeant parfois une excision consécutive. Ces renflements des nerfs consistent en un lacis de fibres nerveuses primitives qui se développent à partir du bout coupé du nerf, comme si elles voulaient aller à la rencontre d'un bout opposé. Les cicatrices nerveuses dans la continuité restent parfois
Terminaisons renflées en massue des bouts nerveux d'un moignon ancien d'amputation du bras, d'après une préparation du musée anatomique de Bonn, copiée sur Froriep , Chirurgische Kupfèrfafeln , vol. I, planche 113.
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noueuses, parce qu'il se développe dans leur intérieur des libres primitives en excès, entrelacées et pelotonnées. Ces petites tumeurs nerveuses, véritables névromes, sont aussi extrêmement douloureuses, et doivent èlrc enlevées au bistouri. — En général, ces végétations des cicatrices nerveuses doivent être mises en parallèle avec les hypertrophies mentionnées des cicatrices de tissu conjonctif et avec les végétations osseuses qui, il est vrai, se produisent rarement en aussi grande abondance pendant la guérison des os fracturés.
Le processus curatif après les lésions des vaisseaux d'un certain volume, surtout des troncs artériels, a été parfaitement étudié par voie d'expérimentation. — Lorsqu'on lie une forte artère, soit après une amputation, soit dans la continuité, pour combattre une hémorrhagie ou une maladie artérielle, la tunique interne se rompt sous une forte constriction, et les tuniques moyenne et externe sont resserrées de telle sorte que leurs surfaces internes se plissent et s'appliquent étroitement l'une contre l'autre. Vous pourrez vous convaincre de la rupture de la tunique interne non-seulement en liant de gros vaisseaux sur le cadavre, parce qu'alors vous sentirez assez souvent sous le doigt un léger craquement pendant la constriction, mais encore en incisant une artère liée après avoir détaché la ligature.
Depuis l'endroit correspondant à la ligature jusqu'au premier rameau partant du tronc artériel, aussi bien dans le bout central que dans le bout périphérique, la cavité de l'artère se remplit de sang coagulé, autrement dit d'un thrombus (ô Qpô^oç, le caillot sanguin). La constriction produite par la ligature détruit le tissu saisi ; celui-ci se résout peu à peu en pus, et quand ce processus est terminé, la ligature se détache et tombe. Quand ce résultat arrive, il faut que la lumière du vaisseau soit déjà définitivement et sûrement obturée, sans quoi l'hémorrhagie recommencerait. Or, comme les grosses artères mettent plus de temps à être obturées que les petites, il faut que la ligature y reste appliquée pendant un temps plus long, c'est-à-dire qu'elle tombe plus tard que lorsqu'il s'agit de vaisseaux plus petits ; c'est là ce qui arrive effectivement dans des conditions normales. Quelle admirable disposition delà nature! Sans elle, aucune grande opération ne serait possible, il faudrait que les personnes atteintes de lésions artérielles mourussent toutes d'hémorrhagie ! En effet, c'est de ce rapport exact qui existe entre le temps qu'il faut pour la chute de la ligature et l'oblitération définitive, d'une part, et la grosseur du vaisseau lié, d'autre part, que dépend la possibilité de lier les artères même les plus volumineuses. — Dans des conditions défavorables, il peut arriver, aussi bien pour les petites que pour les moyennes et les grosses artères, que la chute de la