‹ Éléments de pathologie chirurgicale généraleChapitre 18 sur 123 · CIRCULATION COLLATÉRALE DANS LES ARTÈRES · texte numérisé non relu

CIRCULATION COLLATÉRALE DANS LES ARTÈRES

sang et mourrait, elle se dessécherait ou tomberait en putréfaction. Heureusement, les anastomoses artérielles sont si nombreuses, qu'un cas semblable ne se présente pas facilement, même après la ligature de gros vaisseaux tels que les artères axillaire et fémorale. Si les artères sont malades et ne peuvent suffisamment se dilater, la gangrène peut se produire dans l'extrémité correspondante. La manière dont ces nouvelles communications vasculaires se rétablissent est très-variée. Porta a fait là-dessus, il y a bien des années, des recherches très-approfondies, et il a pu, d'après ses nombreuses expériences, établir les types principaux suivants de la circulation collatérale.

1° Il se produit une circulation collatérale directe, c'est-à-dire il y a des vaisseaux fortement développés allant directement du bout central de l'artère à son bout périphérique.

Fie. 25.

Artère carotide d'un lapin, injectée six semaines Artère carotide d'une chèvre, injectée trenteaprès la ligature ; d'après Porta. cinq mois après la ligature ; d'après Porta.

Ces vaisseaux de communication sont ordinairement les vasa vasorum dilatés ; dans ces cas, il peut arriver qu'une des branches de communication se dilate à un tel' point que le tronc principal semble simplement s'être régénéré.

2° Il se fait une circulation collatérale indirecte, c'est-à dire que les branches latérales les plus rapprochées des artères communiquent entre elles par des branches fortement dilatées, comme cela se voit dans le cas suivant, figure 26.

On a choisi ici, pour les deux genres de circulation collatérale, les

exemples les plus saillants. Toutefois, si vous passez en revue les nombreux dessins de Porta, et si vous répétez vous-mêmes ses expériences, vous trouverez que la circulation directe et la circulation indirecte se combinent entre elles dans la plupart des cas ; aussi la classification n'at-elle d'autre valeur que de grouper d'une manière quelconque les différentes formes qui peuvent se présenter.

Un exercice anatomique excellent consisterait à vous représenter comment, après la ligature des différentes artères principales de l'une

Artère fémorale d'un fort chien, injectée revenant sur ses pas, comme par

riches anastomoses, il faut donc, si une portion de l'artère doit être excisée, lier d'abord les deux bouts, central et périphérique, pour être à l'abri d'une bémorrhagie ; c'est là un principe d'une importance extrême pour la pratique.

Fis. 2G.

ou des deux extrémités ou du tronc, le sang arrive dans la partie du corps située au delà de la ligature; dans ces recherches, vous serez très-utilement secondés par la table des anastomoses artérielles que vous trouverez dans le manuel d'anatomie de Krause. Dans le Traité de chirurgie de Conrad Martin Langenbeck, ces conditions anatomiques sont très-longuement développées au chapitre qui traite des anévrysmes. — Le détour du courant sanguin qui," dans cette circulation collatérale, s'observe assez souvent, se fait avec une extrême rapidité si les anastomoses sont abondantes; si, par exemple, chez l'homme, on lie l'artère carotide primitive, et qu'ensuite on coupe l'artère au delà de la ligature, le sang se précipite avec une force terrible par le bout périphérique, par conséquent, en

trois mois après la ligature; d'après Porta.

une veine. Dans tous les cas où les artères à lier sont pourvues de

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