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TRAITEMENT DES CONTUSIONS SANS PLAIE

peau est restée intacte ; les dimensions de l'extravasat peuvent quelquefois nous renseigner à cet égard ; cependant c'est là un moyen d'appréciation fort incertain ; il vaut mieux interroger le fonctionnement des muscles atteints, mais ici encore on ne doit tirer des conclusions qu'avec une grande réserve ; la connaissance exacte du degré de la force qui a agi sur les parties peut permettre d'évaluer approximativement l'étendue de la destruction sous-cutanée. — La guérison des contusions musculaires se fait comme celle des plaies au moyen d'une cicatrice consistant en tissu conjonctif; pour cela il faut que les éléments musculaires contusionnés subissent auparavant une désagrégation moléculaire et se résorbent ou qu'ils soient éliminés avec le pus pendant la suppuration de l'extravasat.

Les plus grands extravasals, diffus aussi bien que circonscrits, sont généralement ceux qui accompagnent les lésions osseuses; ces dernières seront l'objet d'un article séparé dans lequel il sera question de ce symptôme.

Lorsqu'une partie du corps est broyée à un tel degré qu'elle est incapable de vivre, soit en totalité, soit en grande partie, elle devient froide, bleu rouge, brun rouge, puis noire; elle commence à entrer en putréfaction; les produits de cette putréfaction pénètrent dans les tissus voisins et dans le sang; les inflammations locales et la fièvre prennent des caractères particuliers. Ce phénomène appartenant en commun aux contusions avec et sans plaie, nous en parlerons plus longuement au chapitre suivant.

Le traitement des contusions sans plaie a pour but d'amener la terminaison la plus favorable du processus, c'est-à-dire la résorption de l'extravasat ; si ce résultat est obtenu, les lésions des autres parties molles suivent également une marche heureuse parce qu'alors tous les phénomènes sont sous-cutanés. — Il n'est question ici que des cas dans lesquels la contusion des parties molles et l'extravasat forment à eux seuls l'objet du traitement ; dans les fractures osseuses, il faut avant tout s'occuper de ces dernières; l'extravasat lui-même ne fournit pas d'indications particulières. Si vous arrivez auprès d'un individu qui vient à l'instant même de subir une contusion, vous pouvez être assez heureux pour arrêter les progrès de l'hémorrhagie sous-cutanée qui est encore en train de se faire. C'est à quoi vous réussissez le mieux par la compression qui, partout où il est possible de l'employer, doit être faite à l'aide de tours de bandes bien appliqués. Lorsqu'un enfant tombe sur la tête ou se heurte le front, on a l'habitude, dans l'Allemagne du Nord, de se servir d'un manche de cuiller que l'on applique

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immédiatement sur l'endroit lésé pour prévenir la formation d'une bosse sanguine. C'est là un remède populaire très-rationnel; car, d'une part, la compression a pour effet d'empêcher que le sang continue à s'épancher, de l'autre, elle force le sang à se disséminer dans le tissu circonvoisin au lieu de se réunir en un endroit circonscrit; ainsi une ecchymose en voie de formation peut être transformée en sugillation, ce qui permet au sang de se résorber plus facilement. Une bande bien appliquée permet quelquefois d'arriver au même résultat.

Cependant il est rare que l'on arrive assez vite après la lésion et, dans les cas de beaucoup les plus nombreux, il s'agit d'une lésion osseuse ou articulaire et alors le traitement de l'extravasat n'est plus que d'une importance secondaire.

L'emploi du froid sous forme de vessies de porc ou de gutta-percha que l'on remplit de glace pour les appliquer, ou bien sous celle de compresses froides auxquelles on ajoute, dans la clientèle populaire, par vieille habitude, du vinaigre ou de l'extrait de Saturne, trouve également son application en cas de contusions récentes, ces moyens ayant la réputation de prévenir une inflammation trop intense. Cependant ne comptez pas trop sur cette ressource ; le meilleur de tous les moyens, celui qui favorise le plus la résorption, est et sera toujours une compression uniforme, et, le repos de la partie atteinte. On fera donc trèsbien d'envelopper les extrémités de bandes mouillées sur lesquelles on pourra appliquer des draps mouillés que l'on renouvellera toutes les trois ou quatre heures. — D'autres moyens, tels que l'onguent mercuriel, qui, par exemple, lorsqu'il s'agit d'une inflammation aiguë de la peau, sont d'une grande importance, produisent généralement très-peu d'effet dans ce cas. — Et l'arnica ! gardons-nous de l'oublier ! Ce moyen est tellement vénéré par certaines familles et certains médecins qu'ils considéreraient comme impardonnable de négliger l'application sur des contusions d'infusions d'arnica ou d'eau additionnée de teinture d'arnica. La foi est puissante, l'un croit à l'arnica, l'autre à l'eau saturnée, un troisième au vinaigre comme à un puissant résolutif externe. Sans doute ce qui agit dans tous les cas n'est que l'humidité ou le changement de température que les topiques font subir à la peau, changement qui tient les capillaires en activité, les dispose tantôt à la contraction, tantôt à la dilatation et les rend plus aptes à absorber, précisément à raison de ce surcroît d'activité.

Les exlravasats sanguins diffus qui accompagnent les contusions modérées des parties molles seront presque toujours résorbés sans qu'il y ait grande nécessité d'intervenir ; alors même qu'un extravasat circonscrit ne se modifie pas sensiblement au bout de quinze jours, il n'en

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