‹ Éléments de pathologie chirurgicale généraleChapitre 30 sur 123 · TRAITEMENT DES CONTUSIONS SANS PLAIE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES CONTUSIONS SANS PLAIE

résulte pas pour cela qu'il faille agir plus énergiquement. On peut alors badigeonner la tumeur une ou deux fois par jour avec de la teinture d'iode, la comprimer par un appareil convenable et assez souvent on verra disparaître insensiblement la tumeur, même après plusieurs semaines. Si dans l'intervalle la tumeur devient chaude, si la peau se couvre d'une rougeur inflammatoire et devient sensible, on doit s'attendre à une suppuration; rarement l'action, même continue, du froid modifiera dans ce cas la marche, quoiqu'elle puisse souvent diminuer l'intensité des symptômes. Vous pouvez, dans ces cas, faire des applications chaudes, soit purement et simplement avec des compresses trempées dans l'eau chaude, soit avec des cataplasmes, et attendre tranquillement le développement des phénomènes ultérieurs ; si l'état général du malade n'empire pas, vous pouvez laisser en toute sécurité l'abcès s'ouvrir de lui-même; il arrivera peut-être seulement après plusieurs semaines que la peau s'amincisse de plus en plus; enfin, il se fera une ouverture, le pus se videra, les parois de la grande cavité se joindront et en peu de temps tout le processus sera terminé. Au commencement de cette leçon, je vous ai cité un cas où un extravasat énorme, en partie diffus, et en partie circonscrit, s'était formé après une fracture de l'omoplate ; une tumeur qui offrait une forte fluctuation persista dans ce cas sans se résorber, tandis que la résorption se fit promptement dans l'extravasat diffus; seulement dans le cours de la cinquième semaine à partir de la lésion, l'abcès se perfora et donna issue à 2 litres de pus environ ; huit jours après, cette énorme excavation était fermée et le patient quitta l'hôpital entièrement guéri. Plus tard, en parlant des abcès, nous examinerons pourquoi on n'intervient pas plus promptement dans ces cas et pourquoi on ne vient pas en aide à la nature par une incision.

Si cependant dans le cours de la suppuration de l'extravasat sanguin la tension de la tumeur augmente rapidement, s'il se manifeste une fièvre violente avec frissons, alors vous pouvez admettre que le sang et le pus se décomposent, et qu'il se produit une fonte putride des liquides enfermés. Heureusement cet accident est rare et se présente pour ainsi dire exclusivement quand les muscles sont fortement broyés et que les os se sont fendus en éclats. Dans ces conditions, il faut naturellement que les liquides en putréfaction soient rapidement évacués. Vous faites alors une large incision à la peau, à moins que la disposition anatomique des parties ne s'y oppose; s'il en est ainsi, il faut que vous fassiez plusieurs petites incisions, principalement aux endroits qui permettent au liquide de s'écouler facilement et librement. — Ces incisions changent, il est vrai, essentiellement l'état des choses ; en effet,

vous avez transformé la contusion sous-cutanée en une plaie contuse ouverte. Dès lors se présentent d'autres conditions que nos discuterons dans la prochaine leçon.— Je dirai seulement encore que si une décomposition putride des parties molles se fait sur une plus vaste échelle, il y a lieu de recourir à l'amputation, quoiqu'en général ces accidents déplorables soient très-rares en l'absence des fractures.

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