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POURRITURE D'HÔPITAL

voir cette maladie; c'est ainsi qu'à l'hôpital de Zurich, par exemple, elle n'a jamais été observée ; Stromeyer raconte, dans ses Maximes de médecine et de chirurgie militaires, qu'il n'a vu, étant jeune, qu'un seul cas de pourriture d'hôpital, à la Charité de Berlin. Les chirurgiens qui n'ont jamais vu cette maladie ou qui ne l'ont observée qu'à l'état sporadique, croient qu'elle est produite par une grande né^gligence, par des pansements malpropres, etc., qu'elle peut être comparée à un ulcère de la jambe, devenu superficiellement gangréneux par suite de malpropreté et de manque de soin. D'autres chirurgiens admettent que la pourriture d'hôpital est une maladie qui, comme l'indique son nom, est particulière à certains hôpitaux, et que le manque de soin dans les pansements favorise simplement son développement. Une troisième opinion, enfin, consiste à croire que cette forme de mortification naît sous l'influence de causes épidémico-miasmatiques, que c'est à tort qu'on lui donne le nom de pourriture d'hôpital, parce qu'on l'observe également en dehors des hôpitaux, pendant le temps qu'elle règne dans les hôpitaux. Dans ces derniers établissements, elle s'étend probablement par inoculation, car je ne doute pas que des matières provenant de plaies gangréneuses et transportées sur des plaies saines au moyen des pinces à pansement, de la charpie, des éponges, etc., ne reproduisent la maladie sur ces dernières plaies. En somme, je me range à l'opinion de Pitha et de Fock, qui croient que la pourriture d'hôpital est une maladie épidémique de nature miasmatique; j'ai observé avec Fock, à la clinique chirurgicale de Berlin, une épidémie de pourriture d'hôpital, en même temps on la constatait non-seulement dans d'autres hôpitaux de Berlin, mais même sur des malades de la ville qui n'étaient nullement en rapport avec l'hôpital. Celte maladie arriva assez rapidement et disparut complètement après quelques mois, quoique le traitement des plaies n'ait été modifié en rien, et que l'hôpital lui-même n'ait subi aucun changement. Ce qui prouve que les causes ne se trouvaient ni dans la manière de panser, ni dans les conditions de l'hôpital lui-même. Je considère comme très-probable que la pourriture d'hôpital épidémique est due à des espèces déterminées d'organismes infiniment petits qui ne se développent que rarement; ces êtres organisés, à la manière des ferments, provoqueraient une décomposition sur la plaie et dans le tissu bourgeonnant, et je suis tenté de comparer celte maladie des plaies à la suppuration bleue qui, il est vrai, ne fait éprouver aucun dommage à la plaie ellemême, et qui, d'après les recherches de Liïcke, est due, absolument comme le lait bleu, à de très-petits êtres organisés, et peut également être transmise par contact à d'autres plaies. Les conditions qui prési-

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dent au développement de ces petits êtres dépendent probablement de certains états atmospbériques et de là provient sans doule l'extension épidémique de la maladie.

Le traitement doit consister avant tout dans un complet isolement des malades, auxquels il faut donner des infirmiers spéciaux, et pour lesquels il faut se servir de pièces de pansement et d'instruments spéciaux. Quoique ces précautions ne soient pas une garantie absolue contre l'extension de la maladie, il n'en est pas moins vrai que l'expérience prouve leur utilité ; dans plusieurs épidémies des hôpitaux militaires, on s'est vu forcé d'évacuer complètement certains bâtiments. Localement, on doit appliquer sur les plaies de l'eau fortement chlorurée, de l'alcool camphré ou de la térébenthine ; si cela ne sert à rien, on cautérise avec la potasse caustique; si cette dernière reste également sans effet, on applique le fer rouge dont on fait pénétrer l'action très-loin jusque dans les parties saines, de telle sorte que l'eschare reste attachée de six à huit jours, absolument comme sur les tissus sains. Si la pourriture d'hôpital s'étend rapidement, on ne doit pas perdre de temps avec les autres remèdes, mais recourir immédiatement au fer rouge. — Le traitement général doit être tonique et même excitant.

3° Lérysipèle traumatique. L'érysipèle est compté, comme cela a été dit antérieurement, parmi les exanthèmes aigus. Il est caractérisé par un gonflement diffus, une teinte rosée et un endolorissement de la peau, ainsi que par une fièvre généralement assez intense. L'érysipèle occupe une place toute spéciale parmi les exanthèmes aigus, d'un côté, parce qu'il s'ajoute très-souvent aux plaies, quoique cependant il puisse aussi se présenter d'une manière spontanée ; de l'autre, parce qu'il ne se propage pas ordinairement à d'autres individus au moyen d'un contagium aussi intense qne celui de la rougeole, de la scarlatine, etc., enfin parce que, si l'on a eu cette maladiè, non-seulement on n'est pas à l'abri d'une nouvelle attaque, mais, dans certains cas, on est tout particulièrement prédisposé à l'avoir de rechef. Comme je ne dois pas supposer que vous ayez déjà étudié en détail les maladies cutanées, nous sommes obligés de passer rapidement en revue les symptômes de l'affection en question; nous laisserons de côté l'érysipèle spontané pour n'attirer votre attention que sur l'érysipèle traumatique.

Le début peut être différent, ou bien la fièvre précède l'apparition de l'exanthème, ou bien la fièvre et l'exanthème se montrent en même temps. Admettez devant vous un malade atteint d'une plaie suppurée de la tête; il a été bien portant jusqu'ici et la plaie était en bonne voie de guérison, tout d'un c^»up vous lui trouvez une fièvre trèsviolente, qui a été précédée peut-être d'un frisson intense. Vous exami-

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