‹ Éléments de pathologie chirurgicale généraleChapitre 62 sur 123 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

cellulaire sous-cutané, ou bien des thromboses veineuses avec abcès emboliques métastatiques, sans qu'on puisse découvrir un foyer purulent primitif; ces cas, surtout quand ils prennent une marche aiguë, sont appelés pyohémie spontanée. 11 n'y a pas de raison de chercher une nouvelle théorie pour ces exceptions, où il ne manque que la constatation d'un foyer inflammatoire primitif. Je ne doute pas que ces cas qui, d'après les anciennes théories, avaient toujours quelque chose d'énigmatique, deviennent de plus en plus rares, parce qu'on apprend toujours à mieux observer, et qu'on trouvera le plus souvent le lien qui rattache les symptômes les uns aux autres.

En considérant les rapports intimes qui, d'après notre opinion, existent entre la fièvre traumatique, la septicémie et la pyohémie, nous nous croyons en droit de réunir dans un même article le traitement de ces maladies : celui-ci. comprend la prophylaxie et le traitement proprement dit de ces états morbides arrivés à leur complet développement. La prophylaxie l'emporte de beaucoup en importance : il s'agit d'éviter tout ce qui peut être favorable au développement de ces affections. Même pendant les opérations, il y a des précautions à prendre. Tous les instruments qui serviront dans ce but, les mains de l'opérateur, celles des aides, les éponges (qui devraient être rejetées complètement et remplacées par des compresses mouillées, ou bien être tout à fait, neuves), doivent être très-propres; il faut arrêter complètement les hémorrhagies, surtout lorsqu'on veut faire des points de suture pour une plaie profonde; si la plaie doit guérir par suppuration, il faut imbiber les compresses, avant de les appliquer, d'une eau chlorurée faible. S'agit-il de blessures accidentelles, toutes les plaies profondes, et surtout toutes les plaies contuses, doivent être maintenues immobiles par des appareils. Quant aux fractures compliquées de plaies, nous avons déjà tracé les règles à suivre. Tout ce qui plus tard peut provoquer des inflammations secondaires doit être soigneusement évité ; le malade doit garder un repos complet et être couché aussi commodément que possible. Je rappelle ici à votre souvenir le traitement des plaies contuses, dont nous avons déjà parlé. Il est évident que pendant le pansement il faut soigner la plaie et le malade avec la plus grande sollicitude ; la plus grande minutie est ici à sa place. — Les conditions qui se présentent à l'hôpital offrent un intérêt tout particulier, mais que je ne toucherai ici qu'en passant. S'il est vrai qu'un petit nombre de vous auront seuls le bonheur de pratiquer dans les hôpitaux civils, par contre chacun peut être appelé à servir pendant la guerre, et a besoin alors de quelques connaissances sur cette question. Évidemment on

n'établit pas des hôpitaux à des endroits marécageux; il faut engager l'administration à bâtir l'hôpital sur une place spacieuse, entourée d'arbres; les latrines seront bien disposées pour ne pas donner d'odeur. Parmi tous les systèmes de ventilation artificielle, celui de van Hecke paraît être le seul jusqu'ici qui réponde au but désiré: toute la maison est parcourue par des canaux qui se trouvent dans l'intérieur des parois, dans chaque salle s'ouvre un canal; tous ces canaux partent de corridors en croix situés sous la maison; au point d'intersection il y a une espèce de moulin à vent, mû parla vapeur. De cette façon, l'air frais est sans cesse poussé dans les salles de malades (système de propulsion). Tous les systèmes de ventilation qui ne reposent que sur l'aspiration de l'air se sont montrés insuffisants. Si l'on n'a pas d'appareil pour faire une ventilation artificielle, il faut se contenter de la ventilation dite naturelle, obtenue en pratiquant dans les salles des ouvertures en bas et en haut, aux portes et aux fenêtres, de sorte que les malades soient atteints aussi peu que possible parle courant; ces ouvertures ne doivent jamais être complètement fermées. Un chirurgien anglais dit : Il n'y a qu'une manière de faire une ventilation efficace, c'est d'empêcher qu'on ferme les portes et les fenêtres. Une chose beaucoup plus importante, à mon avis, que la question de la ventilation, c'est l'emploi rationnel qu'on fait des salles de malades. Aucune salle ne devrait être occupée plus de quatre semaines : après ce temps, on devrait l'évacuer pour quelques jours et la nettoyer avec le plus grand soin; les murs devraient être badigeonnés avec une couleur à l'huile, pour qu'on puisse les laver, et les plafonds blanchis à neuf; la literie sera exposée à l'air et au soleil, la poussière en sera chassée ; la paille sera renouvelée dans les paillasses. Chaque service de chirurgie doit avoir une, ou mieux encore deux salles supplémentaires pour pouvoir changer régulièrement; dans le même but, il ne devrait pas y avoir plus de six à huit lits dans une salle, pour que le nombre des sortants pendant la semaine corresponde exactement à la' population d'une salle; les nouveaux entrants seront toujours transportés dans la salle nettoyée en dernier lieu. C'est la seule manière de prévenir le développement et la propagation des miasmes dans tout un hôpital. Si l'on veut avoir les meilleurs résultats possibles dans un hôpital, il faut avoir beaucoup d'espace; et ne pas ménager l'argent qu'on dépense pour avoir des infirmiers en grand nombre et du linge en abondance. De cette façon, on peut parfaitement se servir même des hôpitaux dont la disposition est mauvaise.

Arrivons maintenant au traitement propre de la fièvre traumatique, la septicémie et de la pyohémie. Ordinairement on ne prescrit rien

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