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HYDROPISIES CHRONIQUES DES GAINES TENDINEUSES

On remarque aussi dans des franges qu'on rencontre dans les poches des gaines tendineuses des corps cartilagineux, des enchondromes, qui peuvent même s'ossifier; une formation de lipomes (lipoma arborescens,

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Procidences herniaires de la membrane synoviale de l'articulation du genou, en arrière (d'après N. Gruber). — A. a. Muscle demi-membraneux, b. Muscle biceps, c. d. Muscle gastro-cnémien. e. Muscle plantaire, f. /'.Hernies synoviales. — B. a. Capsule articulaire du genou. c. d. Muscle gastro-cnémien. f. /'. Hernies synoviales.

J. Mùller) s'observe également dans les franges. Les tumeurs ne doivent être extirpées que quand elles incommodent beaucoup les individus.

Nous allons rattacher à ce qui vient d'être dit les hydropisies chroniques des bourses muqueuses sous-cutanées. Nous devons encore rappeler que lorsqu'une bourse semblable communique largement avec l'extérieur, il se développe dans la poche une suppuration ordinairement assez longue; cette suppuration offre, il est vrai, rarement des dangers, cependant on l'a vue dans quelques cas être le point de départ d'une suppuration s'étendant jusque dans le tissu cellulaire souscutané. Après la guérison presque complète de la plaie cutanée, il reste un pertuis assez fin à travers lequel on pénètre avec la sonde jusque dans le sac. Cette fistule donne journellement issue à une certaine quantité de sérosité; quelquefois il est possible d'en obtenir la guérison en cautérisant avec le nitrate d'argent et en exerçant une compression

ÔS8 PATHOLOGIE CIHmjnGIC.VLE GÉNÉRALE.

avec du sparadrap ; dans quelques cas cependant la guérisou en esl très-difficile ; vous pouvez essayer alors les injections de teinture d'iode en vue de produire une suppuration un peu plus intense de la l'ace interne du sac et d'en obtenir la disparition par le retrait ou l'adhérence réciproque de ses parois; il y a cependant un procédé plus court, qui consiste à introduire à travers la fistule un bistouri boutonné dans le sac et à fendre complètement ce dernier avec la peau qui le recouvre. Tout l'intérieur de la poche étant ainsi mis à nu, les granulations s'y développent peu à peu et la plaie se cicatrise finalement comme toute autre surface bourgeonnante. J'accorde une préférence marquée à ce dernier procédé, comme étant le plus expéditif de tous.

Une affection tout à fait analogue à l'hydropisie sus-mentionnée des gaines tendineuses, cesiVhf/dropisie des bourses muqueuses sous-cutanées. Une contusion ou une pression est quelquefois la cause déterminante de ce mal, mais dans beaucoup d'autres cas, il n'est pas possible de l'attribuer à une cause quelconque. Bien que l'hydropisie puisse s'emparer de toutes les bourses muqueuses sous-cutanées, soit normales, soit accidentelles, on la rencontre cependant avec une fréquence toute particulière dans la bourse muqueuse rotulienne qui, d'après les recherches les plus récentes de Linhard, consiste souvent en deux ou trois bourses superposées, quelquefois parfaitement distinctes, d'autrefois communiquant entre elles. L'hydropisie de la bourse rotulienne est très-facile à reconnaître, en ce que la tumeur qui atteint à peu près le volume d'une petite pomme est très-manifestement implantée sur la rotule, et qu'il est facile de reconnaître par l'examen que la poche qui contient le liquide ne communique point avec l'articulation du genou. Souvent cette maladie se manifeste au début avec le caractère d'une inflammation aiguë ou subaiguë : la collection liquide se fait rapidement, la tumeur est douloureuse, la peau qui la couvre devient rouge et le malade éprouve beaucoup de gêne en marchant. Les terminaisons varient ; souvent la résorption se fait complètement et tout rentre dans l'état normal, dans d'autres cas la résorption n'est que partielle, les symptômes de l'inflammation aiguë se perdent et le mal passe peu à peu à l'état chronique. Une terminaison très-rare est la rupture du sac; cette rupture peut être sous-cutanée; dans ce cas le liquide s'épanche dans le tissu cellulaire sous-cutané, et il se produit une inflammation diffuse de ce tissu. L'accident le plus rare est la rupture simultanée du sac et de la peau. La marche ultérieure est alors la même que celle d'une plaie de la bourse muqueuse par un instrument piquant ou tranchant, telle que nous bavons déjà exposée plus haut.

Une forme plus fréquente que la forme aiguë au début esl la forme

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chronique d'emblée. Dans ce cas l'affection se développe sans douleur et très-lentement, plus souvent chez les individus d'un certain âge que chez les jeunes gens. En Angleterre, on a donné à cette hydropisie chronique de la bourse rotulienne le nom de « chambermaid-knee. » On la dit, en effet, très-commune dans ce pays parmi les femmes de chambre qui ont à brosser tous les jours les tapis en se tenant à genoux. Il me semble cependant extrêmement douteux que cette habitude puisse avoir une influence quelconque sur l'origine du mal, attendu que plusieurs anatomistes ont déjà appelé l'attention sur ce fait que, dans la position agenouillée, ce n'est pas la rotule, mais les condyles du tibia qui servent de point d'appui au corps ; pour toucher le sol avec la surface antérieure de la rotule, on serait forcé de se coucher presque à plat ventre.

Quant au contenu de ces poches hydropiques, il est beaucoup moins visqueux que celui des gaines tendineuses ; cependant ces cavités peuvent également contenir des corps fibrineux qui donnent à la palpalion du sac la sensation d'un frottement et d'un craquement sourd, analogue à celui qu'on entend lorsqu'on écrase de la fécule entre les doigts. Le sac lui-même s'épaissit fortement à la longue, et d'autant plus que la maladie dure depuis un temps plus long. — Il n'y a que les cas aigus qui se présentent de bonne heure à l'observation du médecin; le traitement à instituer doit être le suivant : avant tout, le patient doit garder le repos au lit; alors vous faites un badigeonnage assez fort de teinture d'iode et vous le répétez plusieurs fois. Par ce moyen, l'hydropisie cède ordinairement en peu de temps ; vous cherchez à faire disparaître par la compression le reste de l'épanchement et vous pouvez appliquer dans ce but, soit des bandeletles de sparadrap, soit des bandes. Vous pouvez aussi mettre en usage, dès le commencement, la compression à l'aide de bandes mouillées, et faire sur le genou un enveloppement hydrothérapique ; la pommade mercurielle et l'emplâtre mercuriel rendent également de bons services. — L'hydropisie chronique de la bourse muqueuse rotulienne occasionne si peu de souffrances qu'on ne la montre ordinairement que très-tard au médecin. La plupart des personnes en éprouvent à peine une légère gêne en marchant. D'autres affirment qu'ils se sentent fatigués plus tôt qu'auparavant du côté malade. Le plus souvent le mal n'affecte qu'un seul côté; cependant il peut aussi atteindre les deux jambes. Très-rarement on obtient la résolution d'un hygroma chronique du genou par les moyens sus-indiqués, el l'on est ordinairement forcé de recourir à une opération. La simple ponction produit ici un effet tout aussi passager que dans les autres hydropisies, le liquide s'accumulant bientôt de nouveau ; si l'on veut que la ponction soit efficace, il faut qu'elle soit suivie d'une injection de tein-

ture d'iode. Celle-ci n'offre aucun danger si le malade garde le repos pendant le traitement; la guérison est radicale dans la grande majorité des cas. Un autre traitement consiste à fendre le sac, qui entre ensuite en suppuration. Si le sac est trop épais, on fait bien de l'extirper complètement, cependant il faut prendre beaucoup de précaution, afin que la capsule articulaire voisine ne soit pas entamée. R. Volkmann m'a recommandé une méthode de traitement qui, dans plusieurs cas, m'a donné un excellent résultat, à savoir, la compression forcée avec des bandelettes de sparadrap : on entoure l'articulation du genou de larges bandelettes de sparadrap, qu'on serre autant que possible ; le malade doit rester couché, la jambe s'œdématie un peu, il faut que la bourse rotulienne malade finisse par devenir légèrement douloureuse. L'appareil est renouvelé chaque jour, et au bout de cinq à six jours, le liquide contenu dans la bourse doit être résorbé. En ayant soin d'entourer d'abord la jambe de bandes au-dessus et au-dessous et en fixant en arrière une attelle de bois sur laquelle on fait passer les bandelettes, on peut facilement éviter l'œdème de la jambe et du pied. — J'ai employé un jour aussi cette méthode avec beaucoup de succès pour un ganglion du dos de la main; dans deux autres cas de ce dernier genre j'ai échoué, probablement parce que le liquide contenu dans le ganglion était trop épais.

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