‹ Éléments de pathologie chirurgicale (volume 2)Chapitre 33 sur 46 · DU MED BOT · texte numérisé non relu

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justifiée par l'examen des pieds bots des enfants. Mais à une époque plus avancée de la vie, les os en contact avec les surfaces qui ne sont point disposées pour les recevoir, soumis à des pressions, à des traclions insolites, s'atrophient dans certains points, s'hypertrophient dans d'autres, et de là résultent des changements plus ou moins marqués dans leur configuration : le scaphoïde subit une atrophie assez prononcée, une diminution assez considérable de volume; il en est de même du cuboïde; les laces articulaires de ces deux os, ayant abandonné l'astragale et le calcanéum dans une grande étendue, sont réduites à de très-petites dimensions. L'astragale est celui des os du pied sur lequel la déformation est le plus prononcée : sa tête a perdu le poli articulaire ; elle est petite, atrophiée, excepté dans le cas où elle vient appuyer sur le sol; la poulie articulaire perd sa régularité. Le calcanéum, quoique moins déformé que l'astragale, éprouve une certaine augmentation de courbure antéro-postérieure , et une torsion suivant son axe; il est atrophié dans sa partie postérieure; sa grande apophyse est souvent hypertrophiée, recouverte de végétations osseuses ; enfin, il s'articule quelquefois en arrière avec le tibia, quelquefois aussi en dedans avec la malléole interne, plus rarement il s'articule avec le scaphoïde. Mais une altération du calcanéum qu'on observe assez fréquemment dans le varus congénital consiste dans l'absence de la grosse tubérosité : elle est si imparfaitement développée, qu'un tubercule à peine saillant remplace la saillie du talon. Les malléoles ont ordinairement augmenté de volume; quelquefois, cependant, l'interne est plus courte, atrophiée, et présente à son sommet une facette pour s'articuler soit avec le scaphoïde, soit avec le calcanéum. Les os de la jambe peuvent aussi subir certaines déformations: ainsi, on a vu le tibia se tordre sur lui-même, et la rotule ne plus répondre à l'intervalle des malléoles.

Tout ce que nous venons de dire des déformations osseuses qu'on observe dans le varus pourrait être répété pour le valgus, avec cette seule différence qu'il faudrait tenir compte de la direction opposée de la déviation et qu'en outre l'ankylose est assez fréquente dans le valgus.

C. Etat des muscles. Les muscles sont généralement atrophiés, ce qui dépend soit des entraves qu'apportent à leur action les déplacements articulaires, soit d'une altération des centres nerveux qui président à leur nutrition; ils subissent quelquefois totalement et le plus souvent partiellement la transformation graisseuse, ainsi que l'a signalé M. J. Cruveilhier, et ainsi que nous l'avons observé nous-même, ce qui se voit surtout, quand l'affection est ancienne, ou lorsqu'elle est consécutive à une paralysie spinale.

Suivant quelques auteurs, certains muscles subiraient aussi, dans le

pied bot, la Iransfonnation fibreuse* Mais c'est, sans doute sur des monstres que celte observation aura été laite. Là, en effet, les muscles n'ayant peut-être jamais existé, pouvaient se trouver remplacés par du tissu fibreux.

Déjà, en 1842, M. Bouvier disait à l'Académie de médecine : « J'ai disséqué un certain nombre de muscles affectés de contracture ancienne; j'affirme que je n'ai jamais vu la transl'ormation de la partie charnue en fibreuse ou tendineuse. J'ai vu les muscles s'atrophier à la longue, pâlir, s'amincir, disparaître en partie, mais jamais ils ne deviennent fibreux. »

Depuis cette époque, les faits de Poucher, Deville, W. Adams, Little et Broca, sont venus appuyer cette manière de voir.

Les muscles présentent, en outre, soit un allongement, soit un raccourcissement, en rapport avec les diverses espèces de déplacement : ainsi dans le pied équin, les muscles gastrocnémiens sont raccourcis, ils sont au contraire allongés dans le talus; dans le varus, outre la tension des gastrocnémiens, on constate que le jambier antérieur est raccourci, tandis que les péroniers sont allongés. Une disposition inverse se remarque dans le talus.

Les ligaments sont toujours moins rétractés que les muscles. Cependant, quand l'affection est ancienne, et que les articulations sont profondément modifiées, la différence dont nous parlons va en s'elfaçant, et dans le pied bot congénital elle est presque nulle. Les ligaments sont allongés dans un sens, raccourcis dans l'autre, disposés de manière à fixer les os dans leurs situations anormales, et présentent des changements de direction assez notables pour modifier leurs fonctions. C'est ainsi qu'on voit se transformer le ligament deltoïdien de l'articulation tibio-tarsienne, les ligaments calcanéo-scaphoïdiens interne et inférieur, le ligament calcanéo-cuboïdien inférieur et d'autres encore.

Au point de vue de la rigidité, les ligaments présenteraient, suivant M. Lannelongue, une différence bien marquée entre les deux grandes classes de pied bot varus congénital et de pied bot équin : dans la première,les ligaments sont épais, tendus, résistants, et apportent un obstacle à la réduction; dans la deuxième, les ligaments sont plus minces, plus lâches, plus faibles, et souvent la réduction est facile. — Pour notre compte, nous ne pensons pas qu'on puisse établir, dès maintenant, cette opinion sur des preuves bien solides, et nous attendrons que l'observation vienne l'affirmer.

L'aponévrose plantaire peut être normale comme il arrive dans le talus pied plat et l'équin valgus. Mais dans le varus congénital de l'adulte elle est toujours raccourcie, et elle peut l'être aussi chez l'enfant h divers degrés. Enfin, souvent elle est plus épaisse, plus dure, et les

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