partie supérieure du thorax
C'est le foie, très-volumineux et ù peine déformé, qui a ainsi déplacé ou comprimé les organes
précédents.
La rate, très-dévcloppée, surtout en longueur, est située plus bas qu'à l'ordinaire et logée en partie dans la fosse iliaque gauche.
plus souvent très-augmenté, et alors il peut prendre, suivant le cas,
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les configurations les plus bizarres, en se moulant exactement sur les os qui l'entourent. On a vu la crête iliaque elle-même reçue dans une profonde gouttière creusée à sa face inférieure. La rate, plus mobile que le foie, fuit plus aisément la pression; elle se déplace et on l'a vue descendre jusque dans la fosse iliaque gauche. Parfois aussi elle subit l'influence des pressions voisines. On l'a trouvée réduite à une simple languette et complètement atrophiée. Les reins suivent le plus souvent les déviations de l'axe vertébral, et celui qui répond à la convexité des fortes courbures, pressé entre les vertèbres et les côtes, s'allonge, s'effile, s'amincit et finit même par s'atrophier. Celui qui, au contraire, est compris dans la concavité de la courbure et qui est pressé de haut en bas, se raccourcit et s'élargit. Enfin l'un et l'autre peuvent se creuser de dépressions ou de sillons, se diviser en lobes, affecter une forme plus ou moins conique, surtout à la partie supérieure.
Les muscles subissent des modifications analogues à celles que nous avons notées en parlant de la cyphose et de la lordose. M. Bouland a trouvé, du côté de la concavité, quelques-uns de leurs faisceaux comme plissés. Ce plissement disparaissait au moment de la traction et reparaissait aussitôt qu'on la cessait. Du côté de la convexité ils sont amincis, grêles et contiennent une grande proportion de tissu celluleux. Us semblent même, dans quelques points, avoir perdu leur nature musculaire et avoir subi une transformation graisseuse.
Quant à la moelle, elle s'accommode aux différentes courbures du rachis, et comme celles-ci ne sont pas brusques et anguleuses, elle ne subit aucune compression.
Symptomatologie. — 1° Dans la cyphose il existe ordinairement une bosse plus ou moins marquée en arrière; la tête est comme enfoncée dans les épaules, qui sont retirées et rapprochées en devant; la poitrine paraît rélrécie à sa partie antérieure et plus large à sa partie postérieure. Quand la cyphose occupe la région cervicale, elle s'étend bientôt à tout le reste de la colonne; la tête, alors portée en avant, est renversée en arrière, et le menton proémine sur la poitrine, ce qui donne aux individus une physionomie particulière. Les désordres fonctionnels, dans la déviation en arrière, ne sont pas très-graves; les vieillards simplement voûtés conservent encore leur équilibre : il leur suffit de porter le bassin en arrière par la demi-flexion des cuisses et. du genou; mais quand la difformité est portée loin, la progression n'est plus possible sans l'usage d'un bâton.
Chez les enfants, lorsque la cyphose tient au rachitisme, et que l'affection est peu avancée, il n'existe d'abord qu'une courbure par flexion qui disparaît complètement quand on'renverse avec précaution le bassin en arrière; mais bientôt, et même suivant M. Bouland, dès le début de la maladie, quelques corps vertébraux et quelques disques
DÉVIATIONS DU HACHIS. Uîô
intervertébraux ayant perdu de leur épaisseur en avant, il s'établit une courbure par déformation qui persiste au moins en partie quand on renouvelle la manœuvre que nous venons d'indiquer.
Chez les adolescents, la cyphose porte plus souvent sur la région cervico-dorsale que sur la région cervicale et surtout que sur la région lombaire dont la courbure physiologique s'exagère même quelquefois pour rétablir l'équilibre. Le cou s'incline et se tend en avant. Le menton s'abaisse sur le sternum. Les moignons des épaules se rapprochent en avant et semblent rétrécir le thorax. Enfin, chez les sujets dont la cyphose est déjà ancienne, on trouve le plus souvent une scoliose dorsale droite.
•2° Dans la lordose, lorsqu'elle est cervicale, la face est dirigée en haut, le cou paraît allongé et le larynx fait relief; l'occiput, au contraire, semble s'enfoncer en arrière ; la tête, en un mot, est renversée de ce côté. Les mouvements de rotation et de latéralité sont notablement gênés.
La lordose dorsale détermine habituellement une dyspnée, de la toux, une expectoration sanguinolente et des phénomènes d'engorgement pulmonaire.
Quand la courbure est dorso-lombaire, il y a exagération de la courbure naturelle de cette partie du tronc; le ventre est proéminent, les fesses forment une saillie considérable, le dos et les épaules sont portés en arrière et la tête en avant. La marche et l'habitude du corps rappellent celles des ascitiques ou des femmes enceintes. Chez ces dernières, la lordose lombaire peut être la cause d'accidents sérieux à cause de l'obliquité du bassin, de l'antéversion de l'utérus, qui en est la conséquence, et de la proéminence de l'angle sacro-vertébral. Dans quelques cas rares signalés par M. Bouland, la lordose lombaire s'étendait jusqu'au milieu de la région dorsale, et compliquait une scoliose sans cyphose ou courbure de compensation cervico-dorsale. Ces exemples se rattachaient sans doute à la lordose consécutive à la paralysie des muscles de l'abdomen, décrite par M. Duchenne. En effet, suivant cet auteur, dans cette variété de lordose les fesses sont saillantes et trèsdéveloppées: il existe une véritable ensellure constituée par le bassin fléchi sur les fémurs, par les vertèbres lombaires, et par les dernières dorsales; la ligne de gravité du tronc, comme on peut s'en convaincre à l'aide d'un fil à plomb, se porte très en avant du promontoire; le ventre très-développé, alors même qu'il y a émaciation générale, décrit une courbe dont la convexité antérieure répond à la concavité de l'ensellurc lombaire. Dans la lordose consécutive à la paralysie des muscles saero-lombaires, les vertèbres des lombes présentent une Uexion brusque, une sorte d'angle arrondi, au-dessus duquel le rachis forme une ligne presque droite, fortement inclinée en arrière ; la ligne de gravité
UlU AFFECTIONS DES ARTICULATIONS.
du Ironc passe très en arrière du promontoire ; il n'y a pas, à proprement parler, d'ensellure; le bassin est très-étendu sur les fémurs, et il y a effacement des fesses. M. Duchenne (de Boulogne), qui a le premier signalé ces courbures paralytiques, a du reste montré que l'attitude et la conformation du tronc changent pendant la station verticale. Quand la force des muscles fléchisseurs des vertèbres lombaires, c'est-à-dire des muscles de l'abdomen est diminuée, alors le bassin s'incline davantage en avant sur les fémurs afin de faire supporter le poids du tronc par les muscles spinaux extenseurs des mêmes vertèbres, c'est-à-dire par les muscles sacro-lombaires. Si, au contraire, les muscles sacro-lombaires sont affaiblis ou atrophiés, le sujet redresse le bassin sur les fémurs de manière à faire porter le poids du tronc par les muscles de l'abdomen.
3° Scoliose. Nous prendrons pour type de notre description la scoliose caractérisée par une courbure à convexité gauche de la région lombaire, à convexité droite des vertèbres dorsales, et dans la plupart des cas, une courbure également à convexité gauche des dernières vertèbres cervicales et des premières dorsales.
Au début, il y a proéminence en haut et en arrière de l'épaule droite, dépression de l'épaule gauche , et en faisant croiser les bras sur la poitrine, on peut s'assurer que cette différence n'est due qu'à la forme du thorax ; en même temps, la hanchegauche paraît plus grosse et plus saillante. Vu par sa face postérieure, le tronc a cessé d'être symétrique. En effet, le côté droit du thorax est bombé et un peu déjeté en arrière. L'intervalle qui sépare les fausses côtes gauches de la crête iliaque est diminué, et il y a excavation, dépression au-dessus de la hanche du même côté. A gauche, on oberve une disposition inverse. "Vu par devant, le torse offre un contraste frappant avec la partie postérieure; ainsi, la poitrine semble proéminer davantage en avant et à gauche ; la clavicule de ce côté est plus saillante qu'à droite à son extrémité sternale, oblique en bas et en avant, tandis que celle du côté droit reste presque horizontale. En même temps, le sein droit est plus éloigné que le gauche de la ligne médiane, et ce dernier se trouve placé sur un plan plus postérieur. Ajoutons que tous ces traits extérieurs de la difformité sont encore exagérés par les attitudes des sujets.
L'exploration directe du rachis fait découvrir que les apophyses épineuses, au lieu d'être superposées en ligne droite , suivant l'axe du corps, forment une double ondulation en forme de S allongée. On apprécie facilement la valeur de ces ondulations en tendant un fil de la septième apophyse épineuse cervicale à la crête médiane du sacrum, et en mesurant la distance de celte ligne aux apophyses les plus déviées, ce qui donne la flèche des courbures. L'écartement des apophyses épineuses de l'axe du rachis n'indique pas le degré de la déviation ; car