YICES DE CONFORMATION DE LA VESSIE
comme formée par l'ombilic placé plus bas que de coutume, et déformé parle défaut de soin après la naissance, et par l'ouraque laissé en communication avec l'extérieur et qui s'ouvrait par deux canaux. Buxtorff Gastarra, Stalpart van der Yiel, avaient reconnu la vessie, mais non la face interne de cet organe; van der Yiel pensait que la vessie était affaissée sur elle-même, et que ses deux parois antérieure et postérieure étaient soudées.
Les analomistes ne sont pas d'accord sur le mode d'origine de cette infirmité. Les uns l'ont considérée comme une lésion survenue chez le fœtus, dans le sein de sa mère; les autres, comme un arrêt de développement.
Bonn, dont on trouve un extrait assez étendu dans Vrolik, croit devoir attribuer l'extroversion de la vessie à une accumulation d'urine dans la vessie du fœtus. Ce liquide distendrait la cavité de celte poche etl'urèthre, écarterait les muscles droits de l'abdomen et les pubis non encore solidement soudés. Un mouvement brusque de l'enfant, le travail de l'accouchement, auraient pu rompre cette poche : alors la paroi postérieure de la vessie, à découvert, serait venue se porter en avant, repoussée en arrière parles intestins qui, trouvant un vide dans la cavité dupetitbassin, exerceraient une compression incessante sur le réservoir de l'urine. Bonn a simulé sur le cadavre ce vice de conformation, en incisant les téguments de l'abdomen, la vessie, le canal de Turèthre, les pubis, et en soulevant le rectum au moyen d'une tige de fer introduite dans cet intestin par l'anus; il a pu obtenir, par ce moyen, une représentation assez exacte de ce qu'on rencontre chez les individus affectés d'extroversion de la vessie. Duncan, Chaussier, Breschet, ont adopté cette opinion.
Rose attribue l'extroversion de la vessie à la rupture du ligament de la symphyse du pubis et à une violence extérieure ; la mère d'un enfant qui présenta en naissant celte anomalie avait reçu pendant sa grossesse un coup de corne de vache à la partie inférieure de l'abdomen.
■ D'après M. Breschet (1), le premier degré de l'extroversion de la vessie serait le cas dans lequel la vessie fermée proéminerait entre les muscles droits de l'abdomen. Celte disposition est très rare; Stoll rapporte un cas dans lequel les pubis étaient divisés et l'urôthre imperforé : la rupture de la vessie n'aurait pas eu le temps de se faire. Vrolik signale un enfant chez lequel la vessie imperforée faisait hernie entre les muscles des parois abdominales et les téguments; la vessie était adhérenteàccs derniers ; l'urètbre étaitnoraïal et donnait passage àl'urine;
(1) Dicl. (les sciences méd., t. XIV, p, 344.
10 AFFECTIONS Dlî l'aPPABIÎIL UIUNAIRE.
ce serait le second degré de l'exlroversion, qui n'aurait pas nnanqué d'avoir lieu si la vessie s'était rompue.
Quelquefois il y a exlroversion sans qu'il y ait division des pubis. Yalt(M" et Coales en rapportent des exemples ; Duncan attribue ce phénomène à ce que l'accumulation de l'urine ne s'est faite que lorsque les pubis étaient réunis assez solidement pour que la séparation n'ait pu avoir lieu. Dans ces cas, la vessie ne se serait rompue que quelque temps seulement avant la naissance.
Enfin, dans un cas cité par Isenflamm, l'exlroversion n'aurait eu lieu que dix semaines après la naissance. On ne dit pas si les os du pubis, le canal de l'urèlhre, etc., étaient séparés. Si donc l'extroversion de la vessie est causée par l'accumulation d'urine dans la vessie, on peut trouver dans les faits précédents tous les degrés depuis l'accumulation pure et simple d'urine dans la vessie avec saillie de cette poche jusqu'à l'exlroversion complète.
L'extroversion de la vessie est regardée par un très grand nombre d'anatomisles comme un arrêt de développement. Selon eux, la paroi postérieure de la vessie se serait seule développée; la paroi antérieure manquerait.
Anatomie et physiologie pathologiques. — A la partie antérieure et inférieure de l'abdomen, on trouve une tumeur plus longue que lai'ge, située au-dessus des pubis, quelquefois entre les pubis, et même audessous. Tantôt elle fait une forte saillie en avant, surtout quand les malades font des efforts considérables, efforts qui chassent les viscères abdominaux dans la cavité du petit bassin ; d'autres fois elle est sur le même plan que les téguments de l'abdomen ; enfin elle est enfoncée ; souvent elle est réductible, et la réduction fait entendre un bruit analogue à celui d'un intestin que l'on refoule dans la cavité abdominale. Cette tumeur est d'un rouge vif, formée par la membrane muqueuse de la face postérieure de la vessie; elle est recouverte souvent de mucosités épaisses qui ne se mêlent pas à l'urine.
A la partie supérieure de la tumeur sont deux papilles de volume variable. Ces fongosités sont isolées : sur leur sommet, quelquefois sur leur face postérieure, on rencontre un orifice: c'est celui de l'uretère qui donne passage à l'urine. Labardette (1) a vu l'uretère gauche, simple à sa naissance, se divisant en deux branches qui se rendaient chacune à une des papilles situées au bord inférieur de la vessie ; l'uretère droit s'ouvrait par un orifice ovale sur le bord latéral droit; Méry (2) a observé le croisement des deux canaux. Ces orifices sont généralement assez étroits ; on rencontre même des sinuosités qui sont
(1) Journ. (jén. de méd., l. XXXlll, p. 375.
(2) Mcckel, Anat. palliol., p. 720.