‹ Éléments de pathologie chirurgicale (volume 3)Chapitre 11 sur 213 · VICES DE CONFORMATION DE LA VESSIE · texte numérisé non relu

VICES DE CONFORMATION DE LA VESSIE

assez difficiles à franchir ; après cette résistance vaincue, on peut faire pénétrer un stylet boutonné sans faire souffrir le malade, ou en n'excitant qu'une légère douleur dans les reins, tantôt du côté où on introduit le stylet, d'autres fois du côté opposé.

En bas des uretères on voit la membrane muqueuse de la face postérieure de la vessie. Cette membrane, ainsi que les fongosités des uretères, saigne lorsqu'elle est froissée. Chez un homme, dont parle Tenon (4), il y avait un écoulement périodiqu e de sang. Un autre, âgé de quarante-huit ans, qui fut présenté en 1786 à l'Académie de sciences, huit mois avant sa mort, était sujet à une hémorrhagie périodique qui revenait tous les mois; la quantité de sang que perdait ce malade était assez abondante pour qu'il fût obligé de se coucher afin d'en arrêter le cours. Deux mois avant sa mort l'hémorrhagie cessa.

La vessie paraît quelquefois comme bilobée, surtout lorsqu'elle est soulevée par un effort ; quelquefois même elle est partagée en deux parties distinctes qui font saillie de chaque côté, et présente ainsi deux tumeurs ayant chacune sa papille.

La paroi de la vessie est plus épaisse qu'à l'état normal, la membrane muqueuse paraît se continuer avec les téguments de l'abdomen; elle est tapissée en arrière par le péritoine; mais elle laisse dans le petit bissin une cavité très profonde dans laquelle viennent se précipiter les intestins.

La disposition des uretères dans la cavité abdominale est aussi très variable: ainsi, sur un sujet de quinze ans, disséqué par Desault, les uretères venaient se rendre à la vessie par une ligne très courbe ; m lis le plus souvent ces canaux affectent une direction rectiligne, tantôt ils conservent leur volume normal, d'autres fois ils sont extrêmement dilatés : ainsi, on trouve dans Meckel un cas dans lequel ils avaient le volume d'un gros intestin. Dans un fait communiqué en 1789, par Deschamps, à l'Académie de chirurgie, les uretères, depuis leur naissance jusqu'au niveau de la vessie, avaient le volume d'un intestin grêle; puis ils se rétrécissaient tout à coup, perçaient les différentes tuniques de la vessie, et s'ouvraient à la partie inférieure du corps vésical placé entre les pubis. Les parois des uretères sont plus épaisses qu'à l'état normal; la membrane fibreuse est très résistante; chez un sujet que nous avons observe, des fibres longitudinales, paraissant de nature musculaire, se trouvaient à la partie inférieure de ces canaux.

Il est très fréquent de rencontrer une dilatation des calices et des bassinets; quelquefois encore la substance du rein se trouve divisée en lobules comme dans le fœtus (2).

(1) Acad. des sciences, 17Gi.

(2) Pincl, Mém. de la Soc. méd. d'éinul.,t. V, p. 306.

NÈLATON. — PATU. CHIR.

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