AFFECTIONS DIVERSES UU PIED
Ce pied creux est également incurable, car il est lié à l'atrophie des interosseux.
II. — Tarsalgie. — Valgus douloureux. — Pied plat accidentel.
La tarsalgie, ou douleur du tarse, est un mot impropre qui ne vise que le symptôme douloureux qui accompagne une déviation lente du pied. La tarsalgie était autrefois appelée valgus douloureux, valgus accidentel. Les recherches de Duchenne, de Boulogne (1), ont jeté un jour plus complet sur la question, et l'opinion de M. Gosselin (2), qui rattache la tarsalgie à une arthrite médio-tarsienne, ne peut plus être acceptée.
La tarsalgie est une maladie due à un défaut d'équilibre des muscles antagonistes qui meuvent le pied (3), c'est-à-dire entre les extenseurset le long péronier latéral.
La tarsalgie est une maladie de l'adolescence; rarement les adulte» en sont atteints, et pour ceux-ci l'élément rhumatismal localisé aux muscles joue un rôle capital. Souvent la tarsalgie existe chez les adolescents en même temps qué la scoliose légitime, qui a aussi une origine musculaire, ce qui indique bien que la maladie a sa cause dans le système musculaire.
La théorie la plus rationnelle de la tarsalgie est celle de Duchenne, de Boulogne : l'impotence du long péronier latéral, et son défaut de puissance comparé aux muscles extenseurs des orteils et jambier antérieur, sont la cause de l'aplatissement de la voûte du pied; il est juste de reconnaître que le poids du corps est la cause de la déformation. Suivant la théorie de M. Gosselin, l'arthrile astragalo-scaphoïdienne serait l'origine de la tarsalgie, mais il n'y a à ce sujet qu'une observation ou deux ; cette arthrite en serait tout au plus la conséquence, car il y a nombre d'arthrites médio-tarsiennes qui ne causent jamais la tarsalgie.
La cause des erreurs de tous les théoriciens du valgus douloureux réside dans ce fait qu'ils raisonnent sur le pied devenu plat. S'ils voyaient le pied plat se développer, ils reconnaîtraient la justesse des expériences physiologiques de Duchenne, de Boulogne, et des déductions logiques qu'il en a tirées.
(1) Duchenne, de Boulogne, Impotence el spasme du long péronier latéral, in A i'ch de méd., 1872.
(2j Gosselin, Clin, chirury., '2' édit. Paris, 1876.
(3) Després, De quelques maladies causées par la marche] el Ja ^station' debout in Chirurg. journ., p. 5'J5. ' " '
NÉLATON. — PATII. CIIIH. VI. — 08
La larsalgie présente trois degrés : 1» la co7itraclure apparente des extenseurs des orteils; 2° la déviation du pied, V aplatissement de la voûte • 30 la luxation du scaphoïde. Les malades, pendant la marche, souffrent et se plaignent de douleurs qui vont en augmentant jusqu'à la troisième période. Lorsque le pied est devenu plat, les douleurs cessent, à moins que les malades n'aient des arthrites sèches.
Voici le cours naturel du valgus douloureux : Les enfants marchent le pied en dedans, usent leur chaussure inégalement et tombent facilement Si l'on examine à ce moment, on voit que pendant la station sur le pied malade la voûte du pied s'affaisse un peu et que les muscles extenseurs des orteils sont fortement contractures. Si l'on couche les malades, tout disparaît, le pied a son aspect normal. Si Ton ne fait rien, les douleurs du pied apparaissent et se montrent au niveau de l'articulation du scaphoïde avec l'astragale ; elles disparaissent pendant le repos. A ce moment, on constate un amaigrissement de la jambe. Enfm, par suite de la difficulté de la marche, le court péronier, qui tend à se substituer au long péronier, reste contracturé. A ce moment, la luxation du scaphoïde sur l'astragale s'effectue, et peu à peu le pied plat cesse d'être douloureux.
Etiologie. — Un état maladif, le passage de l'enfance à la puberté, prédisposent à la tarsalgie ; des fatigues, une profession qui exige la station debout prolongée ou de longues marches, exercée prématurément, sont la cause ordinaire de la tarsalgie. Une fracture de jambe des ulcères, y prédisposent quelquefois. Les garçons et les filles y sont également sujets. Enfin ,. l'antécédent rhumatismal chez les parents peut être encore accusé.
Le diagnostic de la tarsalgie est facile, quand on remonte à l'origine du mal,, à la profession et au genre de vie des malades. On ne pourrait confondre la tarsalgie qu'avec les arthrites médio-tarsiennes, mais on considérera que le mal n'est appréciable que dans la marche et la station debout; qu'au lit le pied ne présente aucune déformation et n'est point douloureux lorsqu'il s'agit d'une tarsalgie, et que cela n'existe pas dans les arthrites. Nous avons parlé des signes, des périodes de la tarsalgie en étudiant la physiologie pathologique.
Le TRAITEMENT cousiste à faire changer les malades de profession, à commander le repos et les chaussures serrant le cou-de-pied. Il est toujours bon d'électriser le long péronier latéral, lorsque le mal est à la première période, car on guérira le malade ; mais dans la seconde et la troisième période surtout l'électricité est souvent insuffisante. Quand le pied est devenu tout à fait plat, c'est un mode de guérison naturelle