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IV. — Verrues de la plante du pied

Il y a à la plante du pied, comme à la paume de la main, des verrues simples ou agminées ; elles ont la même constitution anatomique que les verrues ordinaires. Ce que l'on désigne sous le nom d'œil-de-perdrix n'est autre f chose qu'une petite verrue entre les orteils. Les seuls points importants de leur histoire sont le diagnostic et le traitement.

Les verrues de la plante du pied ont été souvent confondues par les médecins avec les durillons simples et les durillons prélude du mal perforant, sans doute à cause de l'hypertrophie de la couche cornée d'épiderme qui environne la verrue. Il n'y a pas moyen cependant de se tromper: au centre de la partie qui paraît être un durillon on voit une partie noir gris pointillée qui fait une légère saillie.

Les verrues de la plante du pied, arrivées à la période d'état, sont une cause de douleur vive ; les malades souffrent beaucoup ; chaque fois qu'ils posent le pied à terre les douleurs sont intolérables.

De tous les moyens de guérison, le plus sûr est la cautérisation avec la pâle de Vienne. Voici comment on procède : On abrase avec un bistouri la partie saillante du durillon qui entoure la verrue, et la verrue elle-même. On aperçoit alors un pointillé circonscrit par une auréole translucide ; on place de la pâte de Vienne gros comme un pois sur la verrue et on la laisse une demi-heure en place. Le lendemain on gratte avec l'ongle la verrue et on la détache. Si l'on voit le derme à nu et rouge, le mal est guéri et l'on panse avec une plaque de diachylon. Si la verrue ne se détache pas, on applique de nouveau la pâte de Vienne jusqu'à ce que l'on constate la chute de la verrue.

Lorsqu'il y a des bouquets de verrues, il faut les traiter séparément de la même manière. L'ablation avec le bistouri de la peau de la plante du pied est une mauvaise opération, car les cicatrices de la plante du pied sont très douloureuses pendant la marche.

AFFECTIONS DES MEMBRES INFÉRIEUllS.

V. — Contusion chronique du talon et de la plante des pieds (1).

On observe, chez un certain nombre de malades, une douleur sous le talon provoquée par la marche et disparaissant par le repos et le séjour au lit. Cette maladie, qui existe d'ordinaire au talon, se montre parfois à la partie antérieure de la plante du pied, sous les articulations métalarso-phalangiennes du gros orteil ou du cinquième. Mais la douleur sous le talon est beaucoup plus fréquente dans notre pays, et cela tient à ce que les Français et les Latins marchent beaucoup sur la partie postérieure du pied.

L'anatomie pathologique de cette lésion n'a pas encore été faite ; je n'ai jamais eu d'autopsie, et j'estime qu'il y a des lésions trophiques des pelotons adipeux ou des cloisons fibreuses du tissu cellulo-graisseux de la plante des pieds.

La cause de cette lésion est une contusion passagère que les malades négligent et qui a été causée par la marche avec une chaussure qui blesse la plante du pied. Chez les malades qui sont restés longtemps couchés, la peau du talon est amincie et les premières marches contusionnent le talon. J'ai observé deux femmes chez lesquelles la contusion chronique est ainsi arrivée. Les malades cherchent à surmonter une douleur qui ne persiste que pendant la marche, et ils complètent eux-mêmes leur mal au point qu'ils ne peuvent plus marcher sans éprouver de vives douleurs.

Les causes prédisposantes de ce mal sont la cambrure du pied (je n'ai encore observé aucun malade à pied plat atteint de contusion chronique du talon). Les sujets à petit pied n'ayant pas beaucoup marché dans leur jeunesse et n'ayant pas la peau épaisse, et qui suent abondamment des pieds, sont plus exposés. L'usage de souliers à semelles minces favorise le développement du mal et l'aggrave.

Yoici la profession des malades chez qui j'ai observé le plus souvent la contusion chronique du talon : Gardiens de la paix, repasseuses, garçons de café, typographes, cantonniers, cuisinières, receveuses de chaises dans les jardins publics.

Symptomatologie. — Le talon ne présente rien d'anormal, pas de rougeur, pas de tuméfaction, pas de douleur à la pression modérée, mais si l'on presse fortement sur un point limité qui correspond exactement à la face inférieure et externe de la tubérosité postérieure du calcanéum.

(1) Després, Chirurgie journalière, p. 621. — Fabre, Contusion chronique du talon, thèse. Paris, 1875.

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