CORPS ÉTRANGERS DE LA VESSIK
injections épaisses mucilagineuses fixent les corps légers. On a conseillé les injections de mercure pour dissoudre des fragments de plomb.
Lorsque la vessie sera ainsi préparée, on introduira dans le canal un instrument qui puisse saisir le corps étranger, et, à l'aide du doigt introduit dans l'urèthre, dans le vagin ou dans le rectum, on dirigera, si cela est possible, le corps étranger vers l'instrument. Le toucher uréthral est appelé à rendre le plus de services, car quand on peut introduire un doigt et une pince par l'urèthre dans la vessie, on peut considérer l'extraction du corps étranger comme assurée.
Les instruments que l'on introduit dans la vessie pour extraire les corps étrangers sont extrêmement variés. Tantôt c'est une sonde métallique; mais ce procédé est très infidèle, car il faut qu'une des extrémilés du corps s'engage dans un des yeux de la sonde, ce ne serait donc que par hasard qu'un corps étranger pourrait être retiré par ce moyen. D'autres fois c'est une espèce dé sonde percée à son extrémité et pourvue d'une anse mobile que l'on peut passer autour du corps étranger quand il a été saisi. Cette indication a provoqué l'invention d'un grand nombre d'instruments, nous ne croyons pas devoir y insister. D'autres fois on attire le corps étranger avec un instrument muni d'un crochet. Ces instruments sont également très nombreux. Un des plus ingénieux est celui qui figurait à l'Exposition universelle de 1855, dans la vitrine de M. Mathieu. Il est destiné à extraire les épingles doubles. Il se compose d'une tige métallique terminée par un crochet et renfermée dans une gaine; lorsque l'épingle est saisie, elle est ramenée par la traction du crochet jusqu'au niveau de la gaine, puis, au moyen d'une armature à pignon on attire dans la gaine le crochet et l'épingle qui se dédouble, et on peut bientôt en faire l'extraction. Signalons encore l'instrument de M. Duverger (1).
Les pinces sont les instruments sur lesquels on peut le plus compter pour extraire les corps étrangers de la vessie. La pince à polype ordinaire n'est applicable que pour extraire les corps engagés dans la vessie de la femme ; cependant on a fabriqué pour l'homme des pinces analogues dont les branches sont très minces, très allongées, courbes, exactement arrondies quand elles sont fermées, et ne dépassant pas le volume d'une petite sonde. Cette invention appartient à Fabrice de Hilden (2), il les destinait à extraire les fragments de calcul restés dans l'urèthre. A. Cooper (3) a pu, à l'aide de cet instrument, extraire un corps resté dans la vessie. Pour rendre le champ plus large, on a imaginé d'articuler à charnière les extrémités de l'instrument; tel est, par exemple, l'instrument désigné sous le nom de forceps de Weiss.
(1) Duverger, Thèse inaugurale. Montpellier, 31 aofil 1850. (2 Fabrice de Hilden, De lUIi. lib., chap. xxxi, p. 75-4. (3) A. Cooper, Œuvres chirurgicales, p. 566.
52 AFFECTIONS DE l'AI'PAREIL URINAIRE.
On peut encore extraire les corps étrangers à l'aide d'un instrument composé d'une tige d'acier divisée k son extrémité en deux, trois ou quatre branches, et renfermée dans une canule. L'instrument est introduit fermé comme une sonde ordinaire, et, si l'on attire la canule qui fait l'office de curseur, les branches s'écartent, et lorsque le corps étranger est saisi, on les rapproche en repoussant la canule. L'idée première de cet instrument appartient à Ferry; celui qui est connu sous le nom de pince de Hunter, est courbe à son extrémité, il n'a que deux branches, il paraît avoir été imaginé par Haies. Desault l'a employé le premier pour extraire un fragment de bougie.
M. Leroy (d'ÉtioUes) a repris l'idée première des trois branches : sa tige d'acier est creuse et renferme un stylet qui supporte un foret pour évider le calcul, ou un bouton pour s'assurer si le corps étranger est pris entre les mors de la pince. D'autres chirurgiens ont augmenté le nombre- des branches, il a été porté jusqu'à 12 par M.Wyrieux,Enrin terminons cette énuméralion en signalant la pince d'Amussat: il n'y a pas de canule extérieure, la tige présente ses branches fermées; mais elle est creuse et renferme un stylet terminé par un bouton qui, s'interposant entre les branches, les écarte, et il suffit pour fermer l'instrument lorsque le corps étranger a été saisi, de tirer la tige. Le bouton tombe dans un évasement de l'intérieur de la tige, en vertu de leur propre ressort.
Enfin les corps étrangers peuvent être extraits à l'aide de pinces à ooulisse. Ces instruments sont d'un usage presque exclusif dans la pratique de la lithotritie. Leur type est le brise-pierre. Nous reviendrons plus loin sur ces instruments.
A l'aide des moyens que nous venons d'indiquer, il n'est possible de faire l'extraction que des corps d'un petit volume. Si le corps étranger est trop gros, ou si ses diamètres ont augmenté par suite des incrustations qui se sont formées autour de lui,il faut le briser avecles instruments de lithotritie ordinaires ou le couper avec le litholabe incisif de M. Giviale ou de M. Leroy. „ x ^ r
En général, lorsque Von a à extraire des corps allongés des fragments de bougies, et même des bougies tout entières, on les joint le Tlu souvent ar le milieu, et on ne peut les extraire Les chiru^en e sont eUbrcés d'imaginer des instruments disposé, de manière à r e^ le corps étranger à se placer parallèlement ^ -^^^^ ; nlupart sont difficiles à manœuvrer et souvent insuffi ant. M. Leio> t& en a imaginé un qu'il désigne sous ^^^Z^X^:^:::: rrVpau C'est un bilabe à double cuiUer, muni de deux petits lâleaux m "es su P rt s sur des tiges très minces qui se prolongent jusqu a ,Tpoig:iée de l'instrument, qui saisissent les tiges rigides, les font Le er, tomber dans une double gouttière où ils se trouvent corn-