CORPS ÉTRAKGERS DE LA VESSIE
Cette indication est parfaitement remplie par l'instrument de M. Mercier, cité plus haut.
Tels sont les principaux instruments imaginés pour retirer les corps étranf'ers de la vessie. Certes, nous ne les avons pas tous mentionnés. Mais nous n'avons pas eu en vue de faire connaître autre chose que le mécanisme de ces instruments qui tous agissent d'après des principes analogues, et de poser les indications qu'ils étaient destinés à remplir.
3° Lorsque les corps ne peuvent être extraits parles voies naturelles, il faut recourir à une voie arlificielle.
Les voies artificelles à travers lesquelles on peut faire passer les corps étrangers dans la vessie, sont le plus communément les incisions qui constituent les différentes espèces de taille (voy. Calculs urinaires).
La taille et les diverses espèces d'incision exposent à de bien plus grands dangers que l'extraction par l'urèthre. Aussi n'est-ce que lorsqu'on aura épuisé les moyens que nous avons indiqués dans la catégorie précédente que l'on devra y avoir recours. Il est cependant quelques cas spéciaux où l'indication est précise. Il faut extraire le corps étranger par une voie,artificielle : 1° lorsqu'il fait saillie, et qu'il se trouve en partie dans la vessie, en partie au dehors; 2° lorsque, non saillant à l'extérieur, il soulève les parties molles sans les avoir traversées complètement. L'incision des téguments et l'extraction par cette voie ne seraient positivement indiquées que quand le corps est d'un petit volume, quela division des parties molle sn'offre pas plus de danger que l'une des espèces de taille ; 3° quand il existe une solution de continuité plus facilement perméable que l'urèthre, une fistule vésico-vaginale et vésico-rectale et même une fistule hypogastrique, par exemple : dans ces circonstances, si l'ouverture était trop étroite, il y aurait indication de l'élargir ; 4" lorsque ceux-ci sont engagés en partie dans la vessie, en partie dans l'urèthre, et qu'il est possible de faire l'extraction en incisant ce canal, il est certain qu'il est mieux d'ouvrir l'urèthre que de s'exposer aux chances de la taille. C'est ce que fil M. Denucé (1) dans le cas suivant : Une jeune fille s'était, pour calmer une démangeaison très vive de l'urèthre, introduit un crochet de brodeuse dans le canal. Ce corps avait pénétré dans la vessie, son extrémité pointue s'était engagée dans la partie postérieure de la paroi inférieure de l'urèthre qui se trouvait pour ainsi dire harponnée. Le corps étranger fui siisi avec une pince à pansement introduite dans l'urèthre ; pendant les manœuvres que le chirurgien fit pour en opérer l'extraction, il s'aperçut, à l'aide du doigt introduit dans le vagin, quela pointe du crochet devenait tout à fait superficielle ; il poussa dans la
(1) Denucé, Mémoire cité, p. 13.
56 AFFECTIONS DE L'aPI'AREIL URINAIRE.
direclioii de cette pointe qui bientôt traversa la paroi urélhro-vaginale. Il introduisit une seconde pince dans le vagin et parvint à extraire tout le crochet par cette voie.