FISTULES ET CAVERNES DE LA PROSTATE
S'il existe un ou plusieurs pertuis assez étroits, offrant une disposition valvulaire, l'urine ne pénètre pas dans la cavité de la prostate ; mais lorsque l'ouverture est très large, comme dans les cas où la prcslatite se termine par gangrène ou dans les cas de fonte de tubercules considérables, l'urine pénètre dans la poche; il existe là un réservoir supplémentaire, qui ne peut se vider sous l'influence de la volonté : aussi l'urine séjourne-t-elle dans cette poche. La couleur, l'odeur de ce liquide sont modifiées, et enfin, comme l'urine n'est retenue par aucun obstacle, on observe une espèce d'émission involontaire, lorsque par une cause quelconque, la poche vient à se vider.
Lorsque la caverne communique avec le rectum, les matières peuvent pénétrer dans sa cavité.
Dans quelques cas, la communication est double, la poche est ouverte dans Turèthre et dans le rectum, ou au périnée; il existe alors une fistule uréthro-rectale, uréthro-périnéale des plus graves, puisque sur le trajet de la fistule se trouve un large espace dont il est fort diftieile d'obtenir l'oblitération.
Symptomatologie. Diagnostic. — On voit passer à travers les ouvertures fîstuleuses un liquide de couleur et de consistance variablestantôt c'est du pus mêlé à de l'urine, ou teint de sang ; tantôt c'est une matière caséeuse, tantôt de la sérosité plus ou moins limpide. Si la caverne communique avec l'urèthre, et surtout s'il y a un rétrécissement en avant de la prostate, la vessie se videra en partie par le «anal, en partie dans la poche qui sera distendue, puis ce liquide s'échappera goutte à goutte, il y aura pour ainsi dire incontinence d'urine. Si la caverne communique en môme temps avec le rectum ou avec le périnée, l'urine passera par la fistule.
Si l'on introduit une sonde dans l'urèthre, le chirurgien sentira lorsqu'il sera arrivéauniveau du pubis, qu'il pénètre dans une poche moins grande que la vessie, et il retirera avec l'instrument un peu d'urine mêlée à une plus ou moins grande quantité de pus. Si, en même temps il porte le doigt dans le rectum, il sent le bec de la sonde, qui n'est séparée de la membrane muqueuse de l'intestin que par une faible épaisseur de tissu ; le doigt promené dans toute la région occupée par la prostate sentira des parties plus dures, plus résistantes, qui sont les limites de la poche, dont on pourra approximativement ■apprécier ainsi les dimensions. Si enfin le rectum est perforé, il sentira la sonde à nu sous le doigt.
A l'aide de ces signes, il est difficile de méconnaître une caverne de la prostate. Si cependant le chii-urgien appelé à remédier à une rétention d'urine n'était pas prévenu, il pourrait croire être arrivé dans la vessie et ne pas porter plus loin son instrument. Il suffit, pour évUer cette espèce d'erreur, de se rappeler que la caverne est beaucouo nlii«;