‹ Éléments de pathologie chirurgicale (volume 3)Chapitre 74 sur 213 · TUBERCULES DU TESTICULE · texte numérisé non relu

TUBERCULES DU TESTICULE

Dans la forme aiguë, les malades ont, à l'occasion d'une blennorrhagie ou blennorrhée ou d'un rétrécissement uréthral, une orchite franche quis'abcède, et au lieu de voir le mal rétrocéder les indurations persistent, les ouvertures des abcès restent ulcéreuses, les bords de la plaie sont violacés, puis la tuberculose marche avec rapidité, les malades deviennent tuberculeux et succombent dans l'année qui suit l'apparition des tubercules. Cette orchite tuberculeuse, ainsi que l'appelle M. Reclus, peut être mieux désignée : on doit l'appeler l'orchile des tuberculeux.

La forme chronique suppurative est un mal qui est sur la limite de l'orchite chronique et de la tuberculose ; en effet, il y a des malades qqui présentent cette lésion à un seul testicule, qui présentent des i» abcès à répétition et conservent des fistules, tout en restant dans un éétat de santé parfait sans que les poumons soient atteints. Ces malades vvivent longtemps, quoiqu'ils n'arrivent pas à la vieillesse. Ils meurent dd'une maladie intercurrente, quelquefois d'une pneumonie tubercudeuse. Ces tubercules bénins, lorsqu'ils se développent dans le corps du itesticule, donnent quelquefois lieu à la formation d'un abcès et d'un '{fongus bénin du testicule. On observe cette variété de tubercules cbez ides malades qui ont eu autrefois une maladie grave, infectieuse, y Incompris la syphilis. Les scrofuleux sans tuberculose présentent cette (forme de tubercules testiculaires.

Les tubercules de la forme chronique de la seconde variété sont (toujours situés dans l'épididyme et ils apparaissent souvent sans blenj<norrhagie antérieure. On les voit survenir chez des malades en puisasance de tuberculose pulmonaire ou péritonéale. Ils restent idolents !let souvent les malades meurent avant que la suppuration soit arrivée. )Quand celle-ci se présente, des ulcères à bords décollés et violets [Succèdent à l'ouverture des abcès et l'on a alors sous les yeux tous les œaraclères des ulcérations tuberculeuses, c'est-à-dire l'aspect d'une ■^'laie qui ne présente aucune ti-ace de tendance à la réparation. &T-!iiVTO}iATOL0GiE. ~ Forme chronique. — Au début, l'attention du aladene se trouve attirée par aucun symptôme, quelquefois il ressent e légère douleur sur un des points de l'organe. Vers l'épididyme on 'ouve une tumeur inégale, bosselée, sans changement de couleur à >Ja peau; souvent le testicule paraît légèrement augmenté de volume et onserve sa forme normale. Lorsque la maladie ne s'est développée [ue sur un seul point, on constate un relief globuleux au niveau de Ifl'épididyme, ou sous la tunique albuginée. Lorsque la masse tuberculeuse est située profondément dans l'intérieur du testicule, on reconnaît sa présence à une dureté insolite. Dans la plupart des cas, il existe ^plusieurs bosselures qui occupent le testicule, et surtout l'épididyme la tête à la queue. Il est facile de reconnaître ces masses dans

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l'épididyme et dans le canal déférent, mais dans les testicules on éprouve souvent des difficultés. Si on fait rouler cet organe entre ses doigts, en le pressant un peu on trouve qu'il a perdu sa souplesse et qu'il présente des points plus durs disséminés dans son épaisseur. On constate alors que ces masses offrent un volume variable, depuis celui d'une lentille jusqu'à celui d'une petite noix, et même plus; on comprend que le volume de ces tumeurs est en raison de Tanciennelé de la maladie et en raison inverse du nombre des tubercules.

Les tubercules sont indolents le plus souvent. J'ai vu des malades avec des indurations des deux testicules qui- ne les avaient pas aperçues et venaient consulter pour une cystite du col ou un rétrécissement uréthral.

Avec le temps les tubercules testiculaires augmentent de volume, se ramollissent, Tinflammation gagne la peau. Dans cette période, les malades accusent de la douleur. On constate le gonflement de quelques-unes des bosselures, au bout d'un certain temps le ramollissement se manifeste dans d'autres masses. Si l'on ouvre ces foyers ou si l'on attend l'ouverture spontanée, la solution de continuité donne pas sage à une matière molle, caséeuse, mélangée de pus ; il se forme uni ulcération plus ou moins étendue qui laisse passer un pus séreux, clair, peu abondant ; la peau qui entoure l'orifice fistuleux est violacée, amincie, décollée, ses bords sont souvent roulés sur eux-mêmes. Au fond de cette fistule, on trouve la caverne tuberculeuse plus ou moin^ régulière, creusée dans l'épaisseur du testicule. L'évacuation de la matière tuberculeuse permet à la partie saillante de la tumeur de revenir sur elle-même, elle se trouve représentée par une espèce de corde qui n'est autre chose qu'un trajet fistuleux ouvert à la peau et quse termine dans l'intérieur de l'organe ; le nombre de ces trajets est subordonné au nombre des masses ramollies. Les trajets fistuleux peri sistent jusqu'à ce que la matière tuberculeuse soit complètement éliminée, souvent même la cicatrisation ne s'opère que quand la tunique albuginée ne contient plus rien, ni tubercule ni tube séminifère. Une légère dépression, au niveau de laquelle la cicatrice adhère au testicule, indique le point oîi se trouvait la fistule.

La succession de ces phénomènes est plus ou moins rapide, quelquefois la maladie se termine en l'espace de trois mois, d'autres fois elle se prolonge pendant plusieurs années. En général, lorsqu'il ne se développe qu'un seul tubercule, la guérison ne se fait pas longtemps attendre ; lorsqu'il existe au contraire un grand nombre de masses tuberculeuses la maladie dure indéfiniment, surtoutsi ces masses ne se ramollissent qu'à d'assez longs intervalles, et si la poitrine du malade reste à peu près saine.

Dans la forme aiguë, on observe tous les caractères de l'orchite ou de l'épididymite. Puis l'ulcération arrive avec la tuberculose.

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