‹ Éléments de pathologie chirurgicale (volume 3)Chapitre 81 sur 213 · C. — Hématocele funiculaire · texte numérisé non relu

C. — Hématocele funiculaire

L'hémalocèle du cordon spermatique paraît avoir été observée, pour la première fois, par J. L. Petit, qui, à la suite de la castration, vit une tumeur sanguine se développer au-dessus de la ligature. Cette affection a été, depuis, observée un assez grand nombre de fois pour qu^il soit possible d'en tracer une histoire à peu près complète.

Étiologie. — Les causes les plus fréquentes de l'hématocèle du cordon spermatique sont les contusions à la région des bourses; Chez un malade observé par Jobert, la tumeur sanguine avait été produite par le choc d'un lourd marteau de forgeron. L'instrument vulnérant, dirigé de bas en haut, avait frappé la partie supérieure du périnée, de sorte que le cordon spermatique avait été comprimé entre le marteau et le corps du pubis. Une contusion à la région inguinale fut cause d'une hématocèle du cordon dans un cas observé par Bowman.

On a vu survenir l'hématocèle du cordon spermatique à la suite d'efforts, soit pour soulever un fardeau, soit pour rendre les excréments.

L'hématocèle peut, à la suite de la castration, se montrer chez des individus dont le cordon était dans un état d'intégrité parfaite ; mais

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ries maladies du cordon, la varicocôle, les dégénérescences encéphaoloïdes, favorisent singulièrement le développement des tumeurs san- Ijtguines.

Anatomie pathologique. — La tumeur sanguine du cordon sperma Indique peut se présenter à deux états. Le sang est infiltré ou réuni *en Ufoyer. Dans ce dernier cas, si l'épanchement est ancien, il se forme un li^kyste autour de la masse hématique. On trouve donc deux formes • ' ['hématocèle par infiltration et et Vhématocèle par épanchement.

Hématocèle par infiltration. — Nous ne connaissons pas de" cas d'au o;opsie à la suite de l'hémalocèle par infiltration. Nous ne pouvons jolonc affirmer d'une manière exacte quelle est la position relative des |iJifférents éléments qui constituent le cordon spermatique. Mais il est W.s de supposer que tous les éléments du cordon réunis par un tissu eiellulaire lâche sont dissociés et plus ou moins éloignés les uns des ii.utres.

Hématocèle par épanchement. — -i^ons ne nous arrêterons pas à décrire Bs parois du foyer sanguin, ni le liquide contenu dans leur cavité Jous ne pourrions, comme dans le cas précédent, que nous livrer à nés hypothèses. Mais nous possédons quelques observations de kystes Hematiques du cordon spermatique.

h Dans un cas décrit et figuré par Scarpa, le kyste, recouvert par la taaine musculo-aponévrotique du crémaster et la tunique fibreuse du «ordon spermatique, devenue avec le temps dure et compacte, était roî, et dur; il en sortit uiîe humeur de couleur de rouille de fer et de U consistance du miel. c'^ieiue

observe, au muséum pathologique de l'hôpital Saint-Barthélemv l«ie préparation d'héraatocèle enkystée du cordon. Le kyste est vide ^paroi est profondément imprégnée d'une couleur de sang en partie tuTtt; r?'"""'""^"^"''^ couvertedevolumineuse:

htTf\ spermatique peut se compliquer d'une

êmato ele de la tumque vaginale. Jamain a rapporté deux cas extrê- «ement curieux, observés par Malgaigne et Velpeau (1) I^MPTOMATOLOGiE - Quelle que soit la cause qui ait déterminé l'hée ni; "^f.^^^^«P^O"^e dans la région inguinale une douleur éur Tr ? ^^déchirement, et immédiatement apparaît une éTe J. 7 T quelquefois d'un faible volume et augmente gratte ^on!^^^^^^^^^^ acquiert d'emblée le développem'ent

j^U. Jarayin, llémalocele du scrotum. Thè

se pour le coiicoui s de l'agrégation, -1863,

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La tumeur est dure, allongée, de forme variable; le cordon tout entier est tuméfié. Malgaigne compare son aspect à celui d'un gros boudin, comparaison fort juste, et que nous avons parfaitement vérifiée.

Les limites delà tumeur sont tranchées en l)as; elle descend jusqu'à répididyme ; en haut, elle remonte plus ou moins jusqu'à l'anneaa abdominal, et peut être sentie quelquefois jusque dans la fosse iliaque correspondante. Cette tumeur est recouverte par les téguments qui parfois ont conservé leur coloration normale, d'autres fois ils sont ecchymosés ; l'infiltration sanguine peut se propager à la verge, à tout le scrotum, à la peau des cuisses.

Si l'on palpe la tumeur, on sent au début une fluclualion obscure qui ne tarde pas à disparaître à cause de l'absorption des parties les plus fluides du sang ; la pression détermine peu ou point de douleur ; la tumeur est irréductible, elle n'augmente pas quand le malade fait un effort ou quand il tousse; elle donne un son mata la percussion.

Si le sang s'amasse dans une poche qu'il se creuse au milieu des éléments du cordon, la tumeur est plus circonscrite, la fluctuation est moins obscure.

Si l'on cherche à déterminer la position du testicule et de ses annexes, on sent le testicule et l'épididyme parfaitement libres ; quant au canal déférent, il est impossible de le trouver au milieu de la masse sanguine.

La marche et la terminaison de cette maladie sont celles de tous les épanchements sanguins en général, savoir: 1° absorption complète de tout le sang épanché ; 2" résorption graduelle des parties les plus fluides du sang; formation de caillots plus ou moins consistants, plus ou moins durs; 3° formation d'un kyste; 4" inflammation delà tumeur; formation d'abcès.

Ces terminaisons ne sont pas toutes également fréquentes : ainsi parmi les faits que nous avons recueillis, nous n'avons pas rencontré un seul cas de terminaison par suppuration ; nous devons dire toutefois que la violence de la contusion, la quantité de sang épanché, l'état général du malade sont autant de considérations dont il faudra tenir compte.

La tumeur prend quelquefois des dimensions extrêmement considérables; les parois du foyer sanguin deviennent épaisses, et si l'on pratique la ponction, celles-ci ne revenant plus sur elles-mêmes, l'air s'introduit dans la poche sanguine, on observe une suppuration fétide et le malade succombe à tous les symptômes de l'infection putride. Bowman rapporte un cas de ce genre. J'en ai ouvert une et l'ai guérie avec l'injection iodée.

Diagnostic. — L'hémalocèle du cordon spermatique pourrait être

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, confondue avec une hernie. L'apparition subite de la tumeur avec une 1 sensation de déchirement, et surtout après un effort, fait parfaitement ( comprendre que ce genre d'erreur puisse être commis. Ainsi, dans un , cas rapporté par Polt, un chirurgien voulut, malgré l'avis contraire, I faire pour une hématocèle une opération de hernie étranglée qui I n'existait réellement pas. Dans une autre, un médicastre fit des tentatives naturellement infructueuses de réduction et appliqua un bandage : herniaire (1).

L'espèce de hernie qui pourrait être confondue avec l'hémalocèle du cordon est l'épiplocèle ; car l'absence de sonorité à la percussion ferait toujours distinguer cette affection de l'entérocèle.

Malgaigne croit possible de distinguer avec assez de certitude Thémalocèle de la hernie épiploïque : « L'hématocèle survient subitement et occupe le cordon de bas en haut, jamais Tépiplocèlene se présente dans de telles circonstances. La seule hernie qui du premier coup arrive au testicule ou môme plus bas, serait une hernie vaginale, mais outre que la hernie vaginale est bien rarement formée par l'épiploon seul, l'épiplocèle récente n'a pas le volume et la densité de l'hématocèle. » Il faut ajouter que l'hématocèle n'a jamais un pédicule aussi apparent qu'une hernie.

L'hématocèle pourrait être confondue avec l'hydrocèle diffuse du cordon; mais les signes anamnestiques suffiront pour que le chirurgien puisse se tenir sur ses gardes. Nous ne parlons que pour mémoire de l'hydrocèle enkystée du cordon, qui sera facilement reconnue par la transparence et la limitation de la tumeur.

On ne confondra pas l'hématocèle du cordon avec celle de la tunique vaginale; dans celle-ci le testicule ne peut être senti qu'avec la plus grande difficulté, au milieu de l'épanchement sanguin ou des caillots qui l'environnent de toute part; dans la première, au contraire, le testicule est toujours libre et placé à la partie inférieure de la tumeur.

Pronostic. — Il est assez grave, plus grave toutefois dans Thématocèle par épanchement que dans l'hématocèle par infiltration. L'hémorrhagie peut être très rebelle et nécessiter la ligature d'un vaisseau. Si ce vaisseau ne pouvait être trouvé, on serait obligé, à l'exemple de Pott, d'en venir à la castration.

Traitement.— Dans le cas d'hématocèle diffuse dn cordon, une opération est rarement nécessaire; la maladie est-elle abandonnée à ellemême, le sang sera repris par l'absorption ; on se bornera donc à donner au malade les soins destinés à prévenir l'inflammation. Le repos, la position, les émollients, suffiront dans un grand nombre de j cas; quelquefois on sera obligé d'y joindre les antiphlogistiques et de

(1) Polt, Œuvres chirurcjicalen, t. II, p. 163. Paris, 1777

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légers purgatifs ; mais si l'inflammation s'emparait des parties malarl.

s 11 survenait une hémorrhagie, faudrait-il aller à la recherche d.« a.sseaux blessés et les lier? Malgaigne pense qu'on se rendrai faei lement maître de l'hémorrhagie sans ligature, par une >mXom pression exercée surlecanal inguinal par un bandage herniaire' ou o J

no '^'^''^ ajoute-t-il,uncasde haute

ponsabihté chirurgicale que de recourir à la castration.

D. ~ Hêmatocèle de l'épididyme.

L'épanchement sanguin de l'épididyme n'a pas encore été décrit Dans le lait suivant, emprunté à A. Cooper, on peut voir une affection

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depuis dix-sept années : cette tumeur n'avait jamais occasionné de

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de sa selle, et qui Im avait causé une douleur vive, mais de très peu de

durée On pouvait sentir le testicule et l'épididyme à la partie infé

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solide, mélangée avec un liquide. La tumeur n'avait aucune transparence ; jamais le malade n'y avait éprouvé de douleur.

J ouvris, dit ce chirurgien, la tumeur en septembre 1822, et j'en fis sortir un sang liquide, couleur café, et une substance solide jaune brunâtre. La tunique vaginale était épaissie et semblable au parchemin le plus dense. ^

Bowman pense que la collection de sang paraît avoir été formée dans la région a plus inférieure du cordon ou dans la partie la plus supérieure de Upid.dyme ; que l'hémorrhagie avait pris place dans le sac d une hydrocèle enkystée du cordon, située inférieurement, ou dans un de ces kystes que Curling a signalés sous la tunique vaginale qui recouvre la tête de l'épididyme. Ce fait doit être rapproché de ceux que nous avons signalé dans les kystes de l'épididyme.

Jamain a vu dans le service de Laugier, à l'hôpital de la Pitié, une tumeur de l'épididyme déterminée par un coup porté sur la région des bourses; or, cette affection se présentait avec les mêmes caractères ■ que chez le malade de A. Cooper (1).

(1).A. Jamain, Thèse citée, p. 123.

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