II. — Phlegmon diffus. — Gangrène des bourses
Le phlegmon diffus des bourses se développe sous l'influence des mômes causes que le phlegmon simple ; mais on l'observe dans ces circonstances chez les sujets faibles, cacochymes, ou sur ceux dont le scrotum est déjà malade. Souvent celte affection est consécutive à une affection des voies urinaires ; il y a alors infiltration d'urine. Plus rarement il y a une infiltration de matières stercorales. Le liquide de l'injection destiné à être poussé dans la tunique vaginale^ dans l'opération de rhydrocèle, passe quelquefois, par suite d'une fausse manœuvre, dans le tissu cellulaire des bourses, et détermine l'inflammation et le gangrène. Enfin, il n'est pas très rare de voir l'inflammation et la gangrène des bourses survenir pendant le cours d'une fièvre grave, et principalement d'une fièvre typhoïde.
Cette forme de phlegmon, à moins de circonstances spéciales, subordonnées à la cause qui l'a produite, débute comme la première, mais sa marche est infiniment plus rapide : la peau perd bientôt sa teinte rosée, devient violette, livide ; on voit apparaître dans certains
I points, et surtout sur les parties les plus déclives, des taches fauves, cendrées, qui s'étendent rapidement et envahissent le scrotum ; et si
' une médication énergique n'arrête pas les progrès du mal, tout le scrotum se sphacèle, et à la chute des eschares, les deux testicules sont complètement dénudés ; en même temps, des symptômes géné-
j raux de la plus grande gravité se manifestent, la peau est chaude, le
j pouls est faible, la langue est noire et sèche, et souvent le malade
I • succombe à l'épuisement.
i II est rare que cette inflammation du scrotum se termine par un |i épanchement de pus ; presque toujours il y a gangrène, et quand la !: suppuration a lieu, elle est généralement diffuse; bien que le pus ait ji une certaine tendance à s'amasser vers les parties les plus déclives, il
< est extrêmement rare de trouver des abcès bien circonscrits.
Le DIAGNOSTIC de cette alfection est facile : le point le plus impor- I tant est de déterminer quelle est la cause déterminante de cet abcès ; I par l'étude des comraémoratifs et un examen consciencieux, il est rare
< que l'on ne puisse arriver à une solution satisfaisante.
Le PRONOSTIC est grave ; souvent les malades succombent à l'épuiseji ment et aux accidents généraux. La dénudation complète des testii cules et des cordons spcrmatiques est une condition certainement « des plus lâcheuses; mais il faut remarquer qu'il n'est peut-être aucune r région où les efforts réparateurs de la nature soient plus efficaces : tunique albuginée, les cordons se recouvrent,.de bourgeons charnus-
NÉLATON. — PATII. CIIIK. vi
{54b AFFECTIONS LES ORGANES GÉNITAUX DE L'HOMMB.
la peau du pubis, des aines, du périnée, de la partie inférieure d<! l'abdomen, et même de la partie interne des cuisses, chemine vers les parties dénudées et concourt, avec le tissu nouveau de cicatrice, à abriter complètement les organes mis à nu. A la vérité, ce nouveau scrotum n'est pas tout à fait semblable à celui qui a été détruit : il est pâle, mince, appliqué sur les testicules ; quelquefois même, lorsque la nouvelle poche est étroite, ces organes sont maintenus contre les anneaux, mais elle suffit pour protéger d'une manière convenable l'appareil de la sécrétion spermatique.
Le TRArrEMENT du phlegmon gangreneux du scrotum est très simpk et en même temps très énergique. D'abord on cherchera à détruire la cause delà maladie ; mais dans tous les cas il faut immédiatement donner issue au liquide; on pratiquera donc de grandes incisions, et la meilleure est une longue et profonde incision sur le raphé scrotal : plus on se hâtera, plus on aura de chance de limiter l'inllanimation et \v sphacèle. On fera sur les bourses des applications stimulantes antiseptiques, de poudre de quinquina, de charbon ; puis on s'efforcera à l'aide d'un traitement interne, de relever les forces des malades. Aussitôt que toutes ces eschares seront détachées, on se bornera à prescrire un pansement simple. On surveillera attentivement le testicule pendant tout le travail de cicatrisation, et, dans le cas où cet organe viendrait à faire saillie, on se comporterait ainsi que nousl'avondit plus haut (voy. Hernies du testicule).
IH. — Inflammation de la tunique vaginale. — A. Vag inalite algue.
Celle affection est très commune; on l'observe quelquefois seule, mais souvent elle complique les maladies du testicule et surtout l'orchite. L'injection de teinture d'iode produit cette inflammation.
Il est rare que l'on ait l'occasion d'observer les caractères anatomopalhologiques de l'inflammation aiguë de la tunique vaginale. Voici ce que rapporte Curling à ce sujet (1) : « Sur un testicule que j'ai examiné peu de temps après une atteinte d'orchite aiguë, j'ai trouvé la surface interne de la tunique vaginale recouverte d'une exsudation librineuse, d'aspect réticulé, analogue à celle qu'on voit souvent sur le péricarde enflammé. Dans un cas d'orchite aiguë consécutive à une orchite chronique, les surfaces opposées de la timique vaginale étaient réunies par des fausses membranes molles, de couleur rougeàtre et infiltrées de sérosité sanguinolente. La tunique vaginale était abondamment vascuiarisée, et l'on pouvait, en deux ou trois points, suivre
(1) Curling, loc. cil., p. 94'
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les vaisseaux qui pénétraient dans les fausses membranes. Dans l'inflammalion de la tunique vaginale, Tépididyme est, en général, plus ou moins tuméfié. » J'ai bservé les même faits (voy. Orchùe).
Nous ne nous arrêterons pas davantage sur cette alTection dont les .symptômes et le traitement se confondent avec ceux de l'orchite aiguë. Cependant on peut la reconnaître à son début et à son déclin, c'est-àdire quand il n'y a pas beaucoup de liquide dans la tunique vaginale, à un bruit de frottement qui se produit pendant la pression des bourses entre les doigts (1).
B. Vagimii te chi-onique {voy, plus loin JJémaioccle).
^ III. — Hydrocéle.
Un donne le nom d' hydrocéle à une tumeur formée par Taccumulalion de sérosité dans les bourses; tantôt ce liquide est infiltré entre les tuniques qui constituent le scrotum, et la maladie est désignée sous le nom d'hydrocèle pur infiltration, d'œdèmè des bourses; tantôt le' liquide est dans la tunique vaginale, on a alors affaire à Vhi/droccle proprement dite ou hydrocéle de la tunique vaginale.