Hydrocéle par infiltration. — Œdème des bourses
L'accumulation de sérosité entre les tuniques qui composent le scrotum est fréquente; le plus souvent cet état n'est qu'un épiphénoxmène d'une affection viscérale qui détermine l'infiltration des extrérmilés et en même temps du scrotum ; il ne doit pas nous occuper ici. IBeaucoup plus rarement, rinUltration se développe isolément et indé- „^ ►pendamment de l'anasarque; il existe alors une véritable hydrocéle Ppar infdtration.
I Symptomatologie. — Lorsque la sérosité est peu abondante, elle se •'porte vers la partie la plus déclive; mais lorsqu'elle est en quantité )plus considérable, tout le scrotum est envahi, il se présente sous l'as- «pect d'une tumeur molle, pâteuse, conservant l'empreinte du doigt; Ja dépression qui résulte de celle pression disparaît assez vile ; les indes du scrotum sont effacées; la peau est lisse, tendue, luisante; icet état est en rapport, d'ailleurs, avec la quantité de liquide accumulé ;:<laDs le tissu cellulaire. Dans les cas d'infiltration très intense, les «bourses sont dures, et il est très difficile, sinon impossible, de trouver
(i) Despros, Cliir. journaL, 2= édil., [>. GUO.
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les testicules; l'œdème gagne les téguments de la verge, le prépuce se déforme et prend des dimensions énormes.
liTiOLOGiE. — Cette affection s'observe quelquefois chez les vieillards dont les bourses sont pendantes et chez les sujets affaiblis ; elle n'est pas très rare chez les enfants nouveau-nés ; dans les cas d'hydrocèle de la tunique vaginale, on la voit survenir lorsque cette membrane séreuse se rompt et que le liquide s'infiltre dans le tissu cellulaire des bourses. Le même accident peut se présenter lorsque la tunique vaginale est perforée accidentellement ou dans un but thérapeutique, et que le liquide ne s'écoule pas facilement au dehors.
Diagnostic. — Il est des plus faciles : on pourrait tout au plu^ confondre cette affection avec l'hydrocèle delà tunique vaginale ; mais dans celte dernière la tumeur est plus dure, plus résistante, limitée à un des côtés des bourses ; elle a une transparence qui manque dans l'hydrocèle par infiltration. Le diagnostic serait peut-être un peu plus obscur dans les cas d'hydrocèle double, mais là il existe deux tumeurs distinctes bien définies, ayant chacune les caractères de l'hydrocèle de la tunique vaginale.
Traitement. — L'œdème du scrotum ne nécessite aucun traitement spécial ; seulement, lorsque la peau est trop fortement tendue et menace de se rompre, il est indiqué de faire de petites ponctions avec une aiguille à coudre ou une aiguille à cataracte. Le repos sufflt alors pour faire disparaître les accidents, lorsque Tinfiltration n'est pas symptomatique d'une altération organique. Les piqûres devront être très étroites, car il ne faut pas oublier que les incisions peuvent être le point de départ d'une inflammation phlegmoneuse et de la gangrène du scrotum.
IL — Hydrocèle de la tunique vaginale.
Cette espèce d'hydrocèle, la plus fréquente, est constituée par l'accumulation de liquide dans la tunique vaginale. L'hydrocèle simple, lorsque l'épanchement est limité à la tunique vaginale et n'existe que d'un seul côté; dans l'hydrocèle double, les deux tuniques vaginales renferment de la sérosité, cette maladie est commune dans les pays chauds; elle est compliquée quand il existe des cloisons multiples, une hydrocèle enkystée du testicule, une hydrocèle du cordon, un épanchement de sang dans la tunique vaginale (voy. Hématocèle de la tunique vaginale).
Anatomie pathologique. — La tunique vaginale, distendue par le liquide, ne présente souvent aucune espèce de modification, surtout lorsque la maladie est récente; les enveloppes des bourses elles-
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mêmes ne sont pas manifestement amincies ; quelquefois, cependant, les couches profondes se laissent un peu éi'ailler, la tumeur présente alors des bosselures plus ou moins saillantes. D'autres fois on remarque une légère hypertrophie des diverses tuniques qui constituent le scrotum. Quelquefois la paroi est très épaisse. Le plus souvent la poche, même chez l'adulte, est close de toute [jart, quelquefois elle communique avec le péritoine; cette variété est désignée sous le nom à'hydrocèle congénitale.
On a admis que des fausses membranes pouvaient en circonscrivant de petits sacs secondaires, former des hydrocèles multiloculaires, et que parfois ces kystes n'avaient pas de communication entre eux; ces cloisons membraneuses sont excessivement rares, et presque constamment, dans les cas oti l'on a trouvé une hydrocèle multiloculaire (1), on avait affaire à une hydrocèle de la tunique vaginale, compliquée d'une hydrcèle enkystée du testicule, ou bien à une forme particulière qui a été parfaitement décrite par Béraud (2). La poche contenant le liquide est constituée par deux cavités distinctes : l'une superficielle ou scrotale, l'autre profonde ou vaginale; elles communiquent par une ouverture assez large. C'est Vhydrocèleen bissac.
L'ouverture de communication entre ces deux poches est située à la partie supérieure de la tunique vaginale et au-devant du testicule elle est ronde, ses dimensions sont un un peu moins considérables que celles d'une pièce de 1 franc. Ses bords sont parfaitement lisses, arrondis, et n'offrent pas la moindre trace de déchirures. Ils présentent une certaine résistance ; ils sont formés par la tunique fibreuse et par un double feuillet de la membrane séreuse réfléchie qui tapisse les deux cavités.
Dans l'état de vacuité, la tête de l'épididyme et le cordon n'offrent rien à remarquer.
Béraud pense que l'on peut trouver l'explication de cette observation dans un fait d'analomie qu'il a fait connaître le premier, et que nous exposerons avec quelques détails.
Quand on injecte la tunique vaginale avec du suif ou de la cire, en ayant le soin de ne pas pousser l'injection avec une force trop grande, on obtient un moule qui donne une idée fort exacte de la forme de la cavité vaginale. Les recherches de Béraud lui ont fait découvrir, à la partie supérieure de la séreuse lesticulaire, des diverticules, des
(1) J'ai publié un cas d'iiydrocèle multiloculaire dont les nombreux kystes communiquaient entre eux et où le passage du liquide d'un kyste dans l'autre produisait un frémissement analogue au kyste hydatique. J'ai fait la castration ; la pièce est au musée Dupuylren. (Després, Bull. Soc. ami., 1878, p. 508.
(2) Béraud, Remarque/s sur l'anatomie pathologique d'une forme de l'hydrocèle {Archives générales de médecine, juin 1850).
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appèndices fort remarquables, ayant la forme de culs-de-sacs en doigt rie gant; les uns ont une longueur de 1 centimètre et une largeur de 2 à 3 millimètres, les autres sont plus larges et moins longs; ils s'ouvrent dans la tunique vaginale par un orifice arrondi. Leur direction est en général verticale, c'est-à-dire la même que celle du cordon testiculaire. On les rencontre en haut, en bas, vers la partit moyenne ou sur les limites latérales de la tunique vaginale.
Supposons actuellement que, dans ces conditions, il se déclare une bydrocèle de la tunique vaginale, le liquide remplira d'abord la cavitfséreuse et le diverticulum lui-même ; mais si le liquide augmente, la tunique fibreuse qui double la tunique vaginale résiste, sa distension ne s'opère qu'avec difficulté. Il n'en est pas de même de la petite poche surajoutée, du diverticulum séreux; le liquide trouve ici une résistance moindre, alors le trop-plein de la tunique vaginale vient s'y loger. Toutcfoisu un kyste épididymaire et une bydrocèle communiquant ensemble donnent le même résultat.
Cette variété d'hydrocèle est caractérisée par une transparence beaucoup plus considérable que celle de l'hydrocèle de la tunique vaginale.
On peut faire refluer le liquide d'une poche dans l'autre.
La marche de cette espèce doit être beaucoup plus rapide : en effet, dans l'hydrocèle ordinaire, la résistance de la tunique fibreuse met obstacle au développement de la tumeur; au contraire, ici, quelles sont les parties qui peuvent opposer de la résistance ? La tunique fibreuse manque; on sait quelle est l'extensibilité de la peau et du dartos. Béraud est porté à croire que ces vastes hydrocèles, dont on trouve si souvent des exemples, pourraient bien appartenir à la forme qu'il décrit.
Le liquide contenu dans l'hydrocèle est d'un jaune pâle, citrin, offrant la teinte du sérum du sang; quelquefois il est brun, de couleur chocolat épais: c'est qu'alors il y a eu épanchement de sang dans In tunique vaginale. Cette forme constitue une espèce particulière que nous étudierons plus loin et que Velpeau appelait hydrohématocèle (voy. Hématocèlé). Il renferme une assez forte proportion d'albumine, environ 7 pour 100 ; quelquefois on y rencontre des flocons albumineux et des paillettes de cholestérine.
Quelquefois le liquide est blanc comme du lait, et Vidal de Cassis a fait de cette %rfroc(?/e particulière une tumeur qu'il a appelée Galactocèle; mais c'est là une erreur, car ce qui colore le liquide ce sont de? éléments gras, des corpuscules lymphatiques graisseux (1).
La quantité de sérosité que l'on peut rencontrer dans les hydrocèles
(I) Vidal (le Cassis, Path. exL, t, V, p. 176, 4' iVlil. Paris, ISSf).
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est très variable; il n'est pas très rare d'extraire par la ponction plus de 600 grammes de liquide. Sur 1000 cas d'hydrocèlé observés à Calcutta, le docteur Dujat en a trouvé un tiers environ renfermant de 600 à 1400 grammes de sérosité, et 18 de 1800 à 3000 grammes.
Dans l'hydrocèle simple, le testicule se trouve ordinairement à la partie postérieure et un peu au-dessous du centre de la tumeur; mais des adhérences du testicule avec la tunique vaginale, une inversion de l'organe, modifient cette position dans la proportion de 1 pour 300.
Les altérations déforme et de consistance du testicule sont variables: la maladie est-elle consécutive à une inflammation du testicule, cet organe est augmenté de volume, l'épididyme est induré; a-t-elle, au contraire, débuté par la tunique vaginale, le testicule conserve pendant quelque temps son volume normal, puis se décolore, se ride, se tlétrit; habituellement la substance testiculaire est saine, il n'y a en général de modification que dans la forme, cependant l'atrophie peut survenir à la longue.
Diverses recherches ont été faites sur l'état du testicule dans les hydrocèles. MM. Panas et Lannelongue ont étudié celte question et ont trouvé l'épididyme aplati en arrière du testicule; c'est là un épiphénomène, autrement dit une action mécanique. D'un autre côté en considérant le nombre considérable d'hydrocèles symptomatiques des diverses tumeurs du testicule on est porté à penser que l'hydrocèle est la conséquence d'une orchite subaiguë ou chronique, dont l'existence a pu échapper aux malades. Les hydrocèles doubles des pays chauds, avec un liquide colore albumineux, peuvent être, aussi bien, la conséquence d'orchites chroniques. Toutefois l'influence du froid, l'abus de l'équitation, peuvent suffire seuls pour produire d'emblée l'hydrocèle.
Dans les hydrocèles volumineuses, les éléments constitutifs du cordon sont écartés, dissociés, quelquefois le canal déférent est plus dur et plus volumineux qu'à l'état normal.
Il y a des hydrocèles anciennes, dont les parois sont crétacées et dures : ce sont d'anciennes hydrocèles inflammées.
Symptomatologie. — L'hydrocèle simple se présente ordinairement sous la forme d'une tumeur ovoïde, élastique, pyriforme, fluctuante ; sa surface est lisse, unie, transparente ; la position horizontale ne diminue pas son volume, il en est de même de la pression; cependant l'hydrocèle peut changer de volume, il n'est pas rare de la trouver plus grosse le soir que le matin au sortir du lit. Cette tumeur est complètement indolente, même lorsqu'on la serre entre les doigts.
Il n'est pas très rare de trouver la tumeur inégale ; tantôt elle se trouve séparée en deux parties comme par une espèce de lien circulaire. Curling pense que ce resserrement se montre juste au-dessus du testicule, dans le point où se fait habituellement l'oblilération du péri-
tux à
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toine. BéraucI, au contraire, décrit dans le point où les vaisse.i supérieurs et inférieurs viennent se rencontrer une bandelette del a 8 millimètres de large, à peu près circulaire, de couleur grisâtre épaisse d un millimètre environ, se confondant insensiblement par ses bords supérieur et inférieur avec le tissu de la tunique fibreuse Celte bandelette lui a paru de nature élastique; elle ressemble assez, par sa couleur, h la tunique moyenne des artères. Ce serait cette bandelette qui résisterait chez, certains sujets et ferait paraître la tumeur bilobée
D'autres fois on trouve sur la tumeur des bosselures plus ou moins saillantes; celles-ci seraient dues à la hernie de la membrane séreuse à travers la membrane fibreuse déchirée, mais toutes les bosselures sont fluctuantes et transparentes.
Un des caractères de l'hydrocèle sur lequel les chirurgiens ont beaucoup insisté, est la transparence. Si l'on place la tumeur entre l'œil et une bougie allumée, la lumière est parfaitement transmise dans tous les points, excepté dans celui qu'occupe le testicule ; une opacité très petite indique nettement la position de la glande.
II y a cependant des hydrocèles qui ne sont pas transparentes, ce sont celles qui ont des parois épaisses. Pour trouver la transparence, il y a deux procédés :
1° On place le malade en pleine lumière et on regarde à travers un séthoscope appliqué exactement sur le scrotum; ^ 2" On place une lumière d'un côté du scrotum et on regarde de l'autre, en ayant soin de couvrir avec la main, disposée en auvent, la partie que l'on veut examiner : la main est destinée à empêcher la lumière diffuse d'éclairer la partie examinée. Le meilleur procédé d'examen et le plus sûr est sans contredit le premier.
Môme lorsque le liquide de l'hydrocèle est coloré par un peu de sang, il y a de la transparence.
L'hydrocèle simple, avons-nous dit, ne diminue ni par la pression ni par la position horizontale. Il n'en est pas de même de l'hydrocèle congénitale: on peut, en effet, dans ces cas, faire refluer le liquide dans la cavité abdominale; il faut que le chirurgien soit prévenu de cette particularité, car il pourrait commettre une grave erreur de traitement.
Habituellement cette tumeur ne cause aucune douleur quand on la comprime ; cependant si l'on comprime fortement, la pression exercée par le liquide sur le testicule cause au malade quelque souff"rance qui rappelle celle que cause la compression du testicule lui-même par la main du chirurgien. Dans quelques cas, la pression de l'hydrocèle donne une sensation de crépitation. A quelle disposition doit-on attribuer ce phénomène? peut-être s'observerait-il dans la forme d'hydrocèle décrite par Béraud, et serait-il produit par le passage du liquide
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d'une pocho dans l'autre. Celte hypothèse a été vérifiée dans le fait que j'ai cite plus haut.
La marche de l'hydrocèle est en général assez lente; la tumeur, au bout de quelques mois, plus rarement au bout de quelques semaines, a atteint le volume qu'elle conservera pendant fort longtemps; chez certains malades, son accroissement est incessant, de sorte que la tumeur finit par prendre des dimensions énormes.
Abandonnée aux seules ressources de la nature, l'hydrocèle chronique dure indéfiniment ; cependant, dans quelques cas, on l'a vue disparaître sans laisser de trace ; nous en avons observé un exemple chez un sujet âgé de vingt ans environ. Dans certains cas, le kyste formé par la tunique vaginale se rompt, soit sous l'influence d'un effort ou d'une contusion des bourses, soit sans cause appréciable. Dans ces cas, la sérosité s'infiltre entre les lames celluleuses du scrotum, du pénis, dans le cordon, et gagne même les parois abdominales. L'œdème qui en résulte disparaît en général en l'espace d'un mois. Dans l'immense majorité des cas, l'hydrocèle reparaît au bout d'un temps plus ou moins long. On rapporte cependant des exemples de guérison à la suite d'un semblable accident. Quelquefois la rupture de la tunique vaginale est accompagnée de la déchirure des vaisseaux plus ou moins importants, il en résulte une hématocèle de la tunique vaginale lorsque le sang s'épanche dans cette cavité ; il peut cependant s'infiltrer entre les tuniques celluleuses du scrotum avec la sérosité de l'hydrocèle, il y a alors une hématocèle pariétale, la peau prend une teinte violacée; si à cet état s'ajoute la distension causée par Tinfiltration, on comprendra l'effroi du malade et quelquefois du chirurgien, s'il n'est pas prévenu de ce genre d'accident.
Étiologie. — L'hydrocèle est une maladie très fréquente ; elle est extrêmement commune dans les climats chauds, à la Guadeloupe, par exemple. Elle se montre sous l'influence de causes extrêmement variées; toutes les causes d'irritation du testicule, du scrotum et du cordon, peuvent déterminer une hydrocèle. On l'observe assez souvent chez les individus dont les travaux exigent de violents et de fréquents efforts et qui abusent du coït; on a invoqué pour expliquer la production de la maladie, la compression du cordon spermatique par un bandage par exemple.
Diagnostic. — Le diagnostic de l'hydrocèle simple est toujours aisé, la tumeur a la forme approchée de la tunique vaginale distendue, celle d'une poire ou d'un haricot, et elle offre une transparence caractéristique. L'hydrocèle à poches multiples est reconnaissable encore à la transparence; l'hydrocèle à parois épaisses est plus dure qu'une hydrocèle simple et on y trouve une transparence faible encore appréciable, mais le caractère de cotte tumeur c'est sa forme, qui est exactement
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celle de l'hydrocèle simple ; la durée et l'indolence du mal sont alors de bons moyens de diagnostic.
L'hydrocèle se reconnaît en général avec facilité à la régularité de la tumeur et à la transparence. On peut néanmoins la confondre ; 1° avec les diverses tumeurs du testicule. On pourra cependant arriver ii reconnaître la nature de la maladie à l'aide des signes suivants : dans le cancer^ outre les points de ramollissement, on trouve d'autres points plus durs qui n'occupent pas la place du testicule, et dans lesquels surtout la pression ne détermine pas cette douleur vive, accablante, qui résulte de la compression du testicule: l'hydrocèle est transparente, tandis que la tumeur formée par le cancer est opaque; 2° avec l'oschéocèle irréductible ; mais on sait que dans l'hydrocèle la tumeur se développe de bas en haut, tandis que la hernie marche en sens inverse ; nous nous sommes déjà occupé du diagnostic de ces deux affections (voy. j&em«es inguinales); 3° avec l'hématocèle; dans ce dernier cas le diagnostic est souvent difficile, surtout si la maladie est récente; mais il reste le caractère de la transparence, qui n'existe que dans l'hydrocèle.
On reconnaît facilement les hydrocèles symptomatiques à ce qu'elles ne sont jamais aussi tendues que les hydrocèles simples et surtout à ce que l'on sent au-dessous de la couche liquide ou autour une ou plusieurs tumeurs.
Pronostic. — L'hydrocèle simple n'est pas une maladie grave ; abandonnée à elle-même la tumeur ne gêne que par son volume et par son poids; elle ne compromet aucune fonction importante; quelquefois cependant les hydrocèles volumineuses déforment la verge, la cachent complètement, au pointde rendre la copulation impossible, de gêner presque l'excrétion urinaire ; elle expose en outre aux excoriations du scrotum et de la partie interne des cuisses. Le volume et la diminution de mobilité de la tumeur constituent aussi une prédisposition aux contusions des bourses.
Traitement palliatif. — Il consiste à ponctionner la tumeur avec le trocart. Celte opération n'est presque jamais suivie d'accidents; on a cependant observé des cas d'inflammation et de suppuration de la tunique vaginale; nous reviendrons d'ailleurs sur cette complication qu'on rencontre parfois à la suite des opérations que l'on pratique pour la cure radicale de l'hydrocèle. Quelquefois c'est un mode de guérison, mais cette éventualité est rare. Il y a même des cas où l'hydrocèle suppure, le scrotum s'ouvre spontanément et il reste une fistule de la tunique vaginale. Cette complication n'est pas grave si l'on a soin de ne pas ouvrir largement l'hydrocèle et de laisser la tunique vaginale se vider seule. On tient le malade au repos, on applique des cataplasmes pendant six semaines, puis tout rentre dans
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l'ordre, la fistule se referme. L'hydrocèle est guérie par adhérence des deux feuillets ; quelquefois pourtant il se forme de petits abcès attardés du scrotum sans gravité. Il est très rare que la simple ponction suffise pour faire disparaître l'hydrocèle. Voici comment les choses se passent dans l'immense majorité des cas : au bout d'un mois environ, le liquide se reproduit, et environ trois mois après 'opération, le kyste a repris son volume primitif. On a vu cependant la maladie marcher plus lentement, et l'hydrocèle ne revenir au même degré qu'après un an et plus.
Les hydrocèles à parois crétacées ne doivent pas être touchées, d'abord parce qu'elles cessent de croître et parce que le traitement peut causer la mort. II y a un cas de ce genre consigné dans les bulletins de la Société anatomique et qui appartient à la pratique de M. Duplay. On fera porter aux malades un suspensoir serré. "
Traitement curatip. — Avant de décrire les opérations qui ont été conseillées pour la cure radicale de l'hydrocèle, nous devons dire quelques mots de certains modes de traitement qui paraissent avoir été quelquefois suivis de succès. Tels sont les dérivatifs, les applications topiques sur la tumeur, comme le gros vin rouge, la solution concentrée de chlorhydrate d'ammoniaque, les frictions d'onguent napolitain, les vésicatoires, les lotions de teinture d'iode (Ricord), etc.
Ces méthodes peuvent amener la disparition de l'hydrocèle, mais dans la plupart des cas elles échouent ; aussi sont-elles à peu près complètement abandonnées, et si nous les avons mentionnées, c'est qu'il peut arriver qu'un malade pusillanime recule devant toute espèce d'opération ; il serait indiqué alors de recourir à un de ces moyens.
Lesopérations conseillées contre l'hydrocèle sont extrêmement nombreuses, elles sont toutes abandonnées ou à peu près, h l'exception d'une seule : la ponction, suivie de l'injection.
ï° Incision. — Elle consiste a ouvrir largement la tumeur dans toute sa hauteur, àl'aide du bistouri. Afin de provoquer l'inflammation de la paroi interne du kyste, on remplit celui-ci de charpie ; ce pansement est renouvelé tous les jours. Cette méthode est douloureuse, nécessite un traitement fort long, aussi a-t-elleété abandonnée. On a repris ce trailemement en employant le lavage à l'acide phénique étendu et on réunit ensuite par suture. Il expose à la récidive.
2" Excision. — Elle consiste à enlever toute la portion de la tunique vaginale qui tapisse la face interne du scrotum. Cette opération se pratique à l'aide de deux procédés. Dans le premier, on fend la tumeur, comme dans la méthode précédente, puis saisissant la tunique vaginale avec des pinces, le chirurgien l'isole complètement, à droite et à gauche, jusqu'au niveau du testicule, puis excise les lambeaux avec
00[) Al'rECTlU]S.S DES ORGANES GÉNITAUX UE L'uOMME.
des ciseaux. Boyer etDupuylren ont conseillé le second procédé, qui consiste à l'iiirc la dissection de la lunique vaginale [avant l'ouverture du kyste. Dupuytren embrassait la tumeur en dessous avec la main gauche, incisait les téguments et énucléait en quelque sorte la tunique vaginale, en la repoussant d'arrière en avant, la chassait en un mot comme on expulse un noyau de cerise en le pressant entre les doigts. L'excision est une méthode douloureuse, qui nécssite une dissection longue et pénible. Elle est dangereuse.
3° Excision partielle et réunion immédiate. — Walsch, après avoir divisé, dans l'étendue de quelques lignes, tous les tissus jusqu'à la tunique vaginale, disséquait et excisait un petit lambeau de la membrane séreuse, fait évacuer le liquide, et réunissait à l'aide de points de suture, les bords de la solution de continuité. Ce procédé, plus simple que les deux précédents, n'a été appliqué qu'un très petit nombre de fois. Met-il complètement à l'abri de la récidive? Il est très permis d'en douter.
4° Cautérisation. — On la pratique ou en plaçant un caustique sur la tumeur et en le renouvelant jusqu'à ce que l'eschare ait perforé la paroi, ou bien en traversant cette paroi avec le fer rouge. Cette méthode, en faveur pendant quelque temps, a été définitivement proscrite.
5° Les tentes de charpie, les canules laissées à demeure dans la poche (Baudens), après avoir irrité la tunique vaginale avec la pointe de l'instrument, ont pu procurer quelques guérisons, mais doivent être rejetées.
6" Séton, drainage. — Cette opération consiste à traverser la tumeur avec une aiguille qui porte dans sa cavité une mèche de filou de coton que l'on laisse en place pendant quelques jours, jusqu'à ce que l'inflammation se soit emparée de la poche (Guy de Chauliac).
7° Defer, de Metz (1), a proposé de cautériser la surface interne de la membrane séreuse ; pour cela, après avoir fait sortir le liquide, par une ponction avec le trocart, il introduit dans la tunique un mandrin portant une cuvette remplie de nitrate d'argent, et promène le caustique sur toute la paroi interne du kyste. D'autres caustiques ont été employés de la même manière.
8" On a conseillé l'électricité (Rodolpho Rodolphi) sous forme d'électropuncture.
9" Ponction et injection. — Cette méthode est à peu près la seule employée aujourd'hui; elle compte un très grand nombre de procédés, qui ne diffèrent d'ailleurs que par la forme de l'instrument servant
(1) Yéry, De l'hijdrocéle de la lunique vaginale et de sa guerison par wn procède nouveau. Thèse, Paris, 1858, n° 47.