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tion dans ces derniers temps; d'autres l'ois, enfin, il s'insinue dans un canal osseux, comme le canal vertébral, qu'il parcourt dans une certaine étendue, ou dans un canal à parois ostéo-libreuses, comme celui que forment les aponévroses des muscles intercostaux interne et externe en s'insérant au rebord des côtes, etc., etc.
Les causes sous l'influence desquelles s'opère cette migration du pus sont faciles à comprendre; nous avons déjà signalé la plus importante
peut-être en mentionnant la résistance des parties qui s'opposent à la formation d'un foyer dans le lieu même où le pus est fourni. La contraction des muscles qui passent au devant de la collection purulente peut également forcer le liquide à chercher un passage dans les points où le tissu cellulaire se laisse déplacer avec le plus de facilité. Aux deux causes précédentes, il faut encore joindre l'action de la pesanteur, cause moins puissante sans doute, que les précédentes, mais qui n'est pas sans influence; en effet, je ne sache pas que l'on ait jamais vu un de ces abcès migrateurs se porter en sens inverse de cette force.
Étudions maintenant les dispositions anatomiques que nous présentent ces abcès : arrivés à un certain degré d'accroissement, ils représentent une poche plus ou moins vaste qui s'adapte par un orifice d'une largeur variable à l'os altéré, de manière à circonscrire exactement le point malade.
L'étendue et la forme de ce kyste purulent offrent des différences : dans les premiers temps de sa formation, il représente une petite poche assez régulièrement arrondie; plus tard il s'allonge, et paraît alors suspendu à l'os par une sorte de pédicule plus ou moins rétréci, auquel succède un canal d'une longueur variable, présentant des dilatations et des resserrements alternatifs , et qui conduit clans le fond du foyer. Celui-ci offre souvent des dimensions considérables, 20 ou 30 centimètres de longueur et mémo davantage* comme on le voit tous les jours lorsque le pus fourni par une altération des vertèbres dorsales vient former un dépôt dans la région de l'aine.
Fig. 21.
Abcès par congestion de la colonne vertébrale ouvert à sa surface antérieure. (Echeverria.)
DES ABCÈS l'Ail CONGESTION. y(J
Lorsque l'on étudie la structure de ces kystes, on voit qu'ils sont formes par un tissu cellulaire très-fin, formant une couche membraneuse, mince et comme feutrée, dans laquelle on aperçoit h peine quelques vaisseaux extrêmement fins. A l'extérieur, elle est doublée par les aponévroses et les muscles de la région, qui sont ordinairement étalés en forme de membranes et adhèrent à la poche, dont on parvient cependant à les détacher par la dissection. A l'intérieur, elle offre une surface molle, pulpeuse, d'un blanc jaunâtre, à laquelle sont attachés des grumeaux de pus concret ou de matière tuberculeuse: tel est du moins l'aspect que présentent ces foyers lorsqu'ils n'ont point été ouverts pendant la vie des malades. Mais lorsque l'abcès est depuis longtemps en communication avec l'air extérieur par une ou plusieurs fistules, sa surface interne semble avoir atteint un degré d'organisation plus complète; elle est d'un rouge foncé, extrêmement vaseulaire; le tissu cellulaire qui la double est blanc grisâtre, induré, comme cela s'observe ordinairement dans le voisinage des trajets fistuleux qui suppurent depuis longtemps.
La matière que l'on trouve dans ces abcès est tantôt du pus séreux, filant, contenant en suspension des grumeaux blancs fibrineux; d'autres fois, une sorte de bouillie épaisse, blanche, caséeuse, tuberculeuse, en un mot; enfin, mais cela est rare, on y rencontre quelquefois du pus bien lié, semblable à celui que l'on trouve dans les abcès phlegmoneux;à ces divers liquides se trouvent quelquefois mélangées des parcelles osseuses qui forment des séquestres plus ou moins volumineux, ou se rencontrent sous la forme pulvérulente, de sorte que l'on n'en reconnaît la présence qu'en les faisant rouler sous le doigt.
Quelles sont les parties qui fournissent ce liquide ? Tout porte à croire qu'il vient de deux points : 1° de l'os altéré, et c'est même cette partie qui le produit presque exclusivement dans les premiers temps; 2° du kyste lui-même. Celui-ci jouit, en effet, de la faculté d'exhalation et d'absorption, ainsi que le prouvent, d'une part, la réplétion rapide do la poche purulente après l'évacuation de la matière qu'elle contenait, et la disparition graduelle du pus accumulé dans son intérieur; d'autre part, l'absence de rapport qui existe assez fréquemment entre la suppuration et la destruction du tissu osseux. Il n'est pas rare, en effet, de voir un vaste abcès accompagner une altération superficielle et Irèscirconscrite de l'os. Ce kyste peut, comme toutes les membranes qui sont douées de la vie, s'enflammer, suppurer, s'ulcérer; c'est un nouvel organe dont les altérations pathologiques réagissent sur tout l'organisme.
Lorsqu'un abcès par congestion est formé, deux choses peuvent arriver : ou la source d'où vient ce pus continue à en produire, ce qui est malheureusement le plus ordinaire, ou elle se tarit peu à peu. Dans le
premier cas, le volume de l'abcès augmente d'une manière graduelle; puis, lorsqu'il est parvenu à un certain point, il tend à s'ouvrir au dehors. Dans le second, le foyer reste d'abord stationnaire, puis on le voit peu à peu diminuer de volume, et l'on observe alors quelquefois un travail pathologique des plus curieux : le canal qui faisait communiquer la partie renflée du foyer avec son point d'origine ne donnant plus passage au pus qui a cessé d'être sécrété, se rétrécit peu à peu, et finit par s'oblitérer; de sorte qu'une portion de l'excavation purulente se trouve ainsi isolée, séparée de sa source, et l'abcès par congestion ossitluent se trouve transformé en un abcès qui présente tous les caractères des abcès froids idiopathiqu.es. Quelquefois même la poche revient peu à peu sur elle-même, et se transforme en un cordon cellulo-fibreux.
Les abcès par congestion peuvent se montrer dans presque toutes les régions du corps, à l'exception toutefois de la tête et des extrémités des membres. Les régions où ils apparaissent le plus fréquemment sont : la partie postérieure du tronc, les parties inférieures de l'abdomen, le périnée et surtout la racine des membres pelviens.
Symptomatologie. — Les phénomènes qui précèdent la formation des abcès par congestion doivent être étudiés avec le plus grand soin, car c'est le plus souvent l'étude de ces phénomènes qui nous permet de déterminer la nature de l'abcès. Une douleur souvent assez vive se fait ordinairement sentir dans un point plus ou moins éloigné de celui où l'abcès vient se montrer; cette douleur est continue; elle est augmentée par la pression, par certains mouvements. Les choses restent dans cet état pendant plusieurs mois, puis les douleurs cessent, tantôt complètement, d'autres fois elles ne sont que diminuées. En même temps il n'est pas rare de voir une déformation, une saillie osseuse se montrer dans le point même où ,1a douleur a existé. Têls sont les phénomènes précurseurs des abcès qui nous occupent; mais je dois dire que ces phénomènes ne sont pas constants, de sorte que dans certains cas l'abcès se montre sans avoir été annoncé par aucun symptôme.
Les abcès par congestion appartiennent à la classe des abcès froids, et l'on peut dire qu'il n'en est aucun qui présente plus nettement exprimés les caractères propres à ces abcès; aucun n'est, en effet, aussi complètement exempt d'inflammation. Ils forment ordinairement une tumeur sur laquelle la peau a conservé son aspect et sa température normales. Cette tumeur est molle dans toute son étendue; la fluctuation y est toujours très-évidente, et se montre d'emblée, c'est-à-dire aussitôt que la tumeur apparaît ; une pression lente exercée sur sa surface la fait quelquefois disparaître : c'est ce qui arrive lorsqu'une portion de l'abcès est contenue clans une des cavités splanchniques, le thorax ou l'abdomen. Dans certaines circonstances, la lumeur augmente