FRACTURES DES CARTILAGES COSTAUX
que cette lésion ;i été observée. On possède cependant plusieurs cas de facture du cartilage de la 3° et de la /r côte (fig. 9U).
Ordinairement elles sont uniques, rarement multiples. Leudet a observé à l'Hôtel-Dieu de Rouen la Fracture simultanée de cinq cartilages (Ue, 5% 6e, 7e, 8e'), et Magcndie celle des cartilages des 6e, 7e et 8e côtes.
La cassure est presque toujours nette et perpendiculaire à l'axe du cartilage. Les fragments restent rarement en rapport. A. Bérard, dans ses expériences sur le cadavre, a quelquefois constaté l'absence de déplacement, et l'examen d'une pièce déposée au musée Dupuytren tendrait à prouver que, même sur le vivant, le déplacement n'est point un phénomène constant.
Quoi qu'il en soit, le déplacement est la règle, et nous devons nous demander maintenant dans quel sens il se produit. Magendie a cherché à établir que presque toujours le fragment interne se porte en avant et anticipe un peu sur l'externe.. Mais à cette loi nous opposerons immédiatement celle de Delpech, qui nous paraît plus conforme à la réalité : « Si la fracture, dit le chirurgien de Montpellier, a lieu près du sternum, le fragment interne se porte en avant et croise l'externe; le contraire a lieu si la fracture est plus près de la côte. » M. Velpeau a observé deux cas où le fragment interne avait passé en arrière de l'externe.
En général, le déplacement est bien moins marqué chez les vieillards que chez les jeunes sujets ; il est facile à réduire, surtout si l'on agit pendant l'inspiration, laquelle suffit quelquefois seule pour opérer cette réduction.
Quelle est la cause de ces déplacements? Il est clair qu'il faut éliminer l'action musculaire, puisqu'on a pu obtenir ces déplacements sur le cadavre. Ils sont dus, suivant Malgaigne, à l'élasticité des cartilages, à certaines pressions extérieures.
Quand la fracture est multiple, il existe quelquefois au niveau des cartilages fracturés une dépression considérable, qui a pu en imposer pour un vice de conformation : témoin le cas observé par Magendie sur un malade mort à l'hôpital Saint-Louis.
Diagnostic — L'absence de déplacement pourrait seule masquer les symptômes de la fracture. Par contre, le diagnostic n'est plus douteux lorsque le déplacement existe et lorsqu'on peut déprimer à volonté l'un ou l'autre des fragments.
Pronostic. — Ces fractures sont ordinairement sans gravité. La réunion s'opère par une espèce de virole osseuse, volumineuse et irrégulière, qui entoure la fracture, et dans l'intérieur de laquelle les extrémités de chaque fragment sont isolées, et, ainsi que l'a noté M. Gloquet, toujours à l'état de cartilage.
Traitement. — Vidée que les fragments de ces cartilages une Ibis déplacés ne pouvaient se maintenir réduits avait fait renoncer à toute tentative de traitement, A. Cooper cependant conseille de recouvrir le lieu de la fracture d'une attelle de carton mouillé qui, en se desséchant sur la poitrine, revêt la forme exacte des parties, et empêche les mouvements du thorax, auquel on la fixe par une bande de flanelle.
Malgaigne a employé cet appareil ; mais il a été bientôt forcé d'y renoncer, car la peau offrait un commencement de mortification dans le point comprimé parle carton desséché. L'appareil que conseille ce chirurgien consiste clans le bandage anglais que l'on emploie pour la hernie inguinale. Cet appareil peut suivre les côtes dans leurs mouvements, et agir toujours avec une égale puissance, sans jamais les abandonner.