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CHAPITRE V

On donne le nom de bandages à un assemblage de bandes, ou de pièces de linge, appliquées méthodiquement sur une partie du corps, pour remplir certaines indications thérapeutiques. On désigne aussi par le même nom des appareils plus compliqués qui agissent d'une manière spéciale, soit par leur élasticité, soit par la résistance dont ils sont doués. Gerdy (1) décrit les premiers sous le nom de bandages proprement dits, et les seconds sous celui de bandages mécaniques. Il ne sera question dans cet article que des bandages proprement dits : encore parmi ces derniers ne décrirai-je que ceux qui sont journellement employés dans le traitement d'une foule d'affections diverses ; la description des appareils destinés à remplir certaines indications spéciales se trouvera mieux placée à la suite des maladies et des opérations qui en réclament l'emploi.

(l) TraUédc% bandages, des appareils ei des panscnientSé Paris, 1838"1839, 2* édit , 2 vol. in-8 et allas in-'-i.

Dès qu'un bandage remplit l'indication que présente le cas. particulier dans lequel on l'applique, il est bon; il est d'autant meilleur qu'il est plus simple : aussi les chirurgiens modernes ont-ils presque complètement abandonné tous ces appareils extrêmement compliqués dont les anciens faisaient un usage si fréquent; c'est ce qui nous permet aujourd'hui de faire en quelques pages cette description des bandages, qui occupe de longs chapitres dans les anciens traités de chirurgie.

Les objets employés pour construire un bandage sont: 1° des bandes dont on entoure une partie du corps, en les appliquant sur cette partie de diverses manières suivant la configuration de la région et suivant les indications que Ton veut remplir: on se sert ordinairement de bandes de linge, quelquefois de bandes de flanelle, qui ont l'avantage d'être plus souples et plus douces, d'exercer une pression plus égale ; on a construit aussi des bandes de caoutchouc; 2° des morceaux de toile représentant des carrés, des triangles, etc., qui servent à recouvrir une région, à envelopper un organe. Gerdy désigne ces derniers bandages sous le nom de bandages pleins. On joint quelquefois k ces pièces de linges des bandes cousues sur les bords ou à leurs angles, afin de pouvoir les fixer plus solidement.

§ I, — Des bandages construits avec des bandes. I. — Considérations générales sur leur application.

Avant d'employer une bande, on la roule sur elle-même; elle représente alors un cylindre que l'on peut facilement tenir dans une main et conduire dans toutes les directions, ce qui facilite beaucoup l'application du bandage ; quelquefois on roule aussi les deux extrémités de la bande, les deux cylindres viennent alors se joindre à sa partie moyenne [bande roulée à deux globes). Tantôt on les applique sèches sur la partie, on les imbibe d'eau ou d'un liquide résolutif; les expériences de A. Bérard nous ont appris ce qui se passe dans les deux cas. Voici le résumé de ces expériences faites à l'aide d'un dynamomètre qui permettait d'employer la même force à l'application de chaque bande. 1° Une bande appliquée mouillée sur un membre exerce sur ce membre une pression plus forte qu'une bande appliquée sèche; 2" une l)ande appliquée sèche ou mouillée" se relâche graduellement; le relâchement s'observe plus promptement si elle a été mouillée; 3" si l'on applique une bande sèche et qu'on la mouille, elle se resserre, puis elle se relâche considérablement en se desséchant ; k° dans tous les cas, que l'on se serve de bandes sèches ou mouillées, la pression du bandage augmente avec lo nombre de tours que décrivent les bandes.

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