PLAIES DES VEINES
OU longitudinale, ne s'écartent pas ou du moins s'écartent à peine. Laisse-t-on le sang couler, la séparation est proportionnée à la force du courant ; enfin la veine est-elle comprimée du côté cœur, on obtient un écartement plus grand. Lorsque la veine est coupée transversalement, on obtient un écartement proportionnellement plus considérable. Il est facile d'expliquer cette différence en rappelant que les fibres contractiles se rencontrent surtout dans le sens transversal.
Comment s'opère la cicatrisation des plaies des veines? Ce fait a été étudié avec grand soin par M. Ollier; il a démontré que les plaies des veines se réunissent par épanchement de lymphe plastique, que le caillot n^y est pour rien, qu'il ne fait que gêner la réunion. Ainsi, dans tous les cas où il a pu examiner une veine après une saignée récente, il n'a jamais trouvé de caillots interposés entre les lèvres de la plaie, du sang était épanché dans le tissu cellulaire extérieur; dans la plupart des cas, les bords, légèrement écartés, étaient réunis par un bouchon ayant bien quelques rapports avec la fibrine, mais en différant par ses caractères microscopiques : ainsi que Ta démontré M. Robin, c'est une petite membrane organisée ou en voie d'organisation; ce bouchon était toujours décoloré, lisse à l'intérieur, et se confondait, en dehors, plus ou moins avec le tissu cellulaire environnant. A la suite des plaies, les veines conservent leur calibre ; dans des cas fort rares, on a signalé au niveau de la solution de continuité une petite ampoule bleuâtre due à la distension de la cicatrice.
Lorsqu'une veine a été serrée par une ligature, dans la plupart des cas la tunique externe et la tunique interne résistent, et si l'on examine la pièce à contre -jour, on trouve au niveau du sillon une transparence insolite ; la tunique moyenne semble manquer; elle manque en effet, car on peut introduire une épingle entre les deux tuniques pariétales. Lorsque la constriction est plus considérable, la tunique interne se divise, mais non dans tous les points de sa circonférence, car la pression n'est pas égale partout, à cause du froncement du vaisseau; la tunique externe cède la dernière. Pendant que le fil est serré, la tunique interne se plisse longitudinalement; ces plis disparaissent quand on enlève la ligature, mais ils persistent lorsque le vaisseau a été coupé par le fil et que ses extrémités sont soudées par de la lymphe plastique. Cette lymphe se ramasse en grande abondance autour de la ligature jusqu'à 2 ou 3 centimètres au-dessus et au-dessous; les tuniques externe et interne qui fournissent l'exsudation se gonflent et se vascularisent; c'est au moyen de cette lymphe que la veine s'oblitère; on trouve cependant quelquefois des caillots fibrineux en haut et en bas chez les chiens. Dans les ligatures partielles, la veine est également obturée au moyen de la sécrétion plastique; au bout de huit jours, chez un chien, la tunique interne était circulairement froncée, il n'y avait pas de traces de coillots. Lors-
qu'une grosse veine a été oblitérée, la circulation se rétablit proniptement par les anastomoses ; il résulte des expériences de M. Verneuil que ce sont les veines intermusculaires, et non les veines sous-cutanées, qui rétablissent la circulation.
Les veines sont quelquefois oblitérées par un caillot; si ce dépôt est quelquefois un obstacle à la sécrétion de lymphe plastique, il s'oppose toujours à rhém.orrhagie, il est même indispensable à la cicatrisation dans les veines dépourvues de valvules; dans les sinus, par exemple , il obstrue momentanément l'ouverture jusqu'à ce que la lymphe plastique ou les bourgeons charnus aient réparé la perte de substance. '
Il existe une différence notable entre les caillots des veines et ceux des artères. Ainsi, ayant lié en même temps une veine et une artère sur un chien, M. Ollier a trouvé, le quatrième jour, dans l'artère, un petit caillot, dur, incolore ; dans la veine, un caillot noir, verdâtre, mou, nullement adhérent aux parois et vingt fois plus volumineux que celui def artère. Ainsi donc, on voit qu'il existe une notable différence entre les plaies des artères et celles des veines : car dans les premières le caillot joue un rôle fort important ; tandis que dans les secondes la sécrétion plastique détermine l'oblitération, le caillot ne concourant qu'indirectement à la cicatrisation en suspendant l'hémorrhagie.
Pour la symptomatologie, le diagnostic, le pronostic et le traitement des plaies des veines, voyez ce qui a été dit aux Hémorrhagies traumatiques en général.
ARTICLE II