ARTICLE XVII
FRACTURES DE l'OS HYOÏDE ET DES CARTILAGES DU LARYNX.
En raison de leur mobililé et de leur position dans laquelle ils soit protégés par la saillie de la face et de la poitrine, Tes hyoïde et les cartilages du larynx sont rarement fracturés. Cependant ils peuveit être le siège de lésions qui prêtent à quelques considérations, doit M. Cavasse le premier a fait bien comprendre Tintérêt (1).
Causes. — Les fractures de Tos hyoïde et des cartilages du larynx sont le résultat d'une violence extérieure qui tendait à redresseroai exagérer leurs courbures. Les expériences de M. Cavasse démontrent qu'il ne faut pas une grande orce pour les produire. — Nous pensons que l'action musculaire pourrait difficilement déterminer ces fractures, bien qu'Ollivier (2) cite un exemple qui tendrait à prouver qu'elle a sufli pour briser l'os hyoïde. L'ossification des cartilages, qui se inootic il des périodes très-diverses de la vie, facilite d'ailleurs singulièremcot la production de ces fractures.
Variétés. — La solution de continuité peut occuper à la fois l'os hyoïde et les cartilages cricoïde, thyroïde et aryténoïde; dans d'àtrès cas elle n'atteint que deux ou même qu'une seule de cespièctt Ordinairement la fracture est verticale, elle est moins fréqueinmei oblique ou transversale ; quelquefois elle s'accompagne de désordiflj du côté de l'articulation crico-thyroïdienne.
Si les cartilages ont conservé leur élasticité, le déplacement fait défaut d'ordinaire; mais si les cartilages sont ossifiés, les fragments peuvent chevaucher et diminuer le calibre du canal aérien.
Symptômes. — Il est très-diflicile de reconnaître la fracture lofr qu'elle est incomplète. La ditficuUé que l'on éprouve à faire raouwir séparément les parties intéressées peut également rendre le diagoostie obscur dans certains cas de fracture complète. C'est elle qui expliq» pourquoi la crépitation manque souvent. Par contre, la mobililé an(fr maie, l'ecchymose, les changements de forme, suffisent habituellemeol à éclairer le diagnostic. L'emphysème n'a été noté que dans uneseide observation.
Les fractures des cartilages ont pu donner lieu à des troubles fonctionnels assez légers pour que les malades y aient à peine pris garde; d'autres fois elles ont provoqué une douleur vive, une altération de h
(1) Gavasse, thèse pour le doctorat. Paris, 1859.
(2) Dictionnaire en 30 volumes^ art. Uyoïde.
FRACTUAJSS DU STERNUM. 273
. OU même une aphonie complète, une sensation d'étranglement, ^pnée, Torthopnée et même des convulsions, Tasphyxie et la mort. e-ci a pu être produite presque instantanément, sans que la nature ft lésion permit d'expliquer la gravité des conséquences d'un accitqui ne peut s'accompagner que parfois des troubles fonctionnels )lus bénins.
EAiTEBŒNT. — Lorsqu'il y a une déformation apparente, il faut ler par des pressions douces de ramener le larynx à sa forme nore. Peut-être pourrait-on se servir du laryngoscope pour faciliter la iction. Si ces manœuvres échouent et si la cause de Tasphyxie proit du larynx, il est indiqué de pratiquer la trachéotomie, bien ^Ilie ait offert des difficultés presque insurmontables dans le seul cas îUe ait été pratiquée et que le malade ait eu consécutivement un écissement du larynx.