ARTICLE XVIII
FRACTCIŒS DU SïEUNUM.
fractures du sternum sont rares : elles sont ordinairement proespar une cause directe ; on cite cependant quelques faits dans les- Is il semble que cet os a été rompu par un véritable contre-coup i une chute sur le dos, les pieds ou la tête (1). On en trouve un dple dans le travail de David sur les contre-coups; un second dans cnémdire de Sabatier sur les fractures du sternum, lu à l'Institut le Terminal an V ; un troisième inséré dans les Archives générales de 9cine par M. Cussan (1827, t. XTII, p. 82). Ce dernier fait a été coni par l'autopsie faite sous les yeux de Boyer. M. Cruveilhier en a vu produite par une chute sur les fesses d'une hauteur de vingt pieds, ins un cas semblable M. Guerlain trouva à l'autopsie une fracture cte du bassin, un écrasement de la première vertèbre lombaire et fracture par contre-coup du sternum. Enfin, un saltimbanque obé par Faget, professeur au Mexique, se fractura cet os en faisant un rt pour relever avec les dents et les mains un poids considérable. K fois Ghaussier dit avoir vu le sternum rompu transversalement
Panni les fractures du sternum par contre-coup connues, l'observation de M. Roi- (Bulletin de thérapeutique ^ t. VI) démontre qu'elles peuvent être produites par une I sur le dos (flexion forcée en arriére). Toutes les autres ont été causées par des issur les fesses, sur le cou, sur la tète.
IftLATOH. — PATH. CUIR. U. — 18
par une violente contraction musculaire pendant le travail àt chement. Un fait semblable a ét6 observé par MM. Succbetî {Gazette médicale, p. 568, 1858). La malade guérit.
La solution de continuité peut afTecter toutes les directio nairement elle est transversale, quelquefois oblique, plus elle est cunéiforme. M. Barrau rapporte, dans sa dissertation it {Thèse de Strasbourg, 5 janvi un exemple de fracture long Plouquet donne Kndîcatîon autres fractures longitudinaif Kraemeret Mayer; il parait n l'une d'elles ne se réunit po peut être simple, double, i commmutive ; on l'a vue siéf;< \em de l'union de la premièn seconde pièce du sternum. S a dans ce cas, ainsi que l'a bîe M Maisonneuve, une luxalroc qu une fracture, à moins que l pièces ne soient soudées, ce qi rive que rarement, même dans plus avancé (voyez Luxations).
I es fraf^ments conservent s leurs rapports normaux; d'autre!
y a pénétration des fraf,ments et décollement du diploé; eofin assez fréquent de lea \oir enfoncés vers l'intérieur de la caiii raciquc disposition que I on constale facilement, vu le peu li seur des. parties molles qui recouxrent l'os, et que l'on s'expliq le mode d action de la ciuse qui a produit la fracture. Ce qu'il remarquable c est que le fragment qui se porte en arrière «tp toujours le supérieur La cause qui a déterminé la lésion du si ne borne pas toujours ses, eifcls a si i upture, elle produit suinf fractures siegeint sur d auUe^ os tels que les épines des ra dans les chutes sur le dos les cotes ou les cartilages cosiaiHi chocs diiects souient encoit t<sl une contusion, une déf tics ort,ancs thoraciques ou nimic des épanchcments de « d'air dans le mediaslm antiucur qui compliquent la fraclu sternum et lui dinnent une grnvitt que ne présente jamais 1» solution de continuité de los Outre ces complicalionï prit on H plusieurs fois obsont i h suite de ces fractures, d«* dans le mtdiastm antérieur une pneumonie traumatique, I) de l'os.
bïMrrùJiES — Le [gonflement, la saillie naturelle de la partie
FKACTtlRES Ul STBUNt'M. 275
rieure du sternum, l'absence de crépitation, ont pu liompct' les chirurgiens et les empêcher de reconnaître une fracture sans déplacement; mais le plus souvent la douleur, la mobilité anormale et la crépitation, jointes à la présence de quelques troubles fonctionnels, permettent de tlkouvrir le siège de la fracture. Le rétrécissement de l'espace inter- * (osta) voisin de la fracture sternale est encore un bon signe diagnostique. Meek a vu chez un vieillard les fragments frotter l'un contre l'autre dans les mouvements respiratoires et produire un bruit qui; i'mi entendait à distance ; et, sur un malade observé par Sabatier, b main appliquée à ta surface du sternum sentait les fragments sr déplacer pendant l'inspiration et l'expiration. Les fractmes simple» t\ sans déplacement sont habituellement consolidées dans l'espace d'an mois ; toutefois, même dans ces cas, si favorables en appannce, la suppuration est toujours ù craindre. Les complications le', plus graves qui aient été observées h la suite de ces fractures sont : l'emphysème, la dyspnée, l'hémoptysie, indice d'une blessure du poumon dont Hussel, Flajani, Dupuytren citent des exemples, et même lu déchirure du cœur signalée deux fois par Duverney et une fois par Dupuytren.
'ftAiTËiiENT. — Dans une fracture simple sans déplacement, il suffit de prescrire au blessé de s'abstenir de tout elfort musculaire énergique, de lui assujettir les parois thoraciqucs avec un bandage de corps méliiucrement serré, d'appliquer sur la région sternale quelques conilifesses trempées dans un liquide résolutif. S'il existe un déplacement. (irt peut exercer une certaine extension sur la tCle, le rachis, les côtes 1 les épaules ; et s'il y a en même temps une plaie qui permette d'en- -iter un levier sous un des fragments pour le relever, celte manœuvre '1 indiquée ; dans le cas contraire, je pense qu'il faut généralement '^liMenirde toutes tentatives faites dans le but de remédier au déplaument, à moins cependant que celui-ci ne soit très-considérable el '[W l'on n'ait de fortes raisons de croire que les accidents que l'on b-prvc sont déterminés par le fragment enfoncé. Faudrait-il alors l'c une incision au niveau de la fracture pour introduire un levier? •■ iiiilrait-il appliquer une couronne de trépan ? Ce sont là des queslion>> ■■■•■ l^^ chirurgien résoudra toujours facilement en présence d'un caa itiiL' ; peut-être serait-il possible d'introduire sur le côté du sternum, . 1 une ponction semblable à celle que l'on pratique pour opérer le: 1 lions sous-cutanées, un petit crochet mousse, qui servirait à attirci' I (li.hors le fragment déplacé.
Tour prévenir les complications que nous avons signalées, le malade terit soumis à un traitement antiphlogistique, dont l'énergie sera proportionnée il la violence de la cause fracturante. Nous verrons, en parlant des plaies de poitrine, ce qu'il convient de faire s'il y a des acci-
iJ
dents produits par les esquilles et s'il existe un épanchement : ou purulent dans le niédiastin.