‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876 (volume 4)Chapitre 123 sur 135 · HERNIES MUSCULAIRES · texte numérisé non relu

HERNIES MUSCULAIRES

plaies par armes à feu^ les contusions violentes^ ont été quelquefois suivies du déplacement des fibres musculaires. On a encore dit que Taponévrose pouvait être déchirée dans une contraction musculaire très énergique; cette cause doit être rare^ h moins qu'il n'y ait déjà un amincissement du tissu fibreux ; néanmoins la rupture de l'aponévrose avec hernie musculaire a été observée chez des cavaliers^ chez des gens qui ont soulevé un fardeau trop lourde etc.

Lorsque l'ouverture est assez large, que le muscle a été épargné, les fibres musculaires entrant en contraction peuvent s'engager entre les lèvres de la solution de continuité ; il y a hernie primitive. La hernie consécutive, celle qui seule offre de l'intérêt au point de vue pathologique, ne se produit]pas nécessairement parce qu'il y aura une solution de continuité de l'aponévrose; car si la plaie suppure, les bourgeons charnus se développeront sur toute sa surface, et bientôt les bords de l'aponévrose partagent le sort des autres tissus, c'est-à-dire sont réunis par la cicatrice qui, elle-même, soutient le muscle ; si donc dans les cas de ce genre, on a observé une hernie primitive, celleci disparait insensiblement, elle est seulement temporaire. Mais si la peau divisée se réunit par première intention, si les lèvres de l'aponé* vrose se cicatrisent isolément, il reste là une solution de continuité profonde à travers laquelle le muscle peut s'engager sous l'influence d'une contraction un peu énergique, c'est là ce qui constitue la hernie musculaire consécutive. Les choses se passent de la même manière lorsque l'aponévrose a été déchirée par une contusion qui s'est terminée par résolution. La hernie musculaire ne se manifesterait donc, d'après M. Morlon, que dans les cas où il n'y a pas d'accidents inflammatoires capables d'amener la suppuration : j'admets, ajoute-t-il, que la hernie musculaire puisse se produire dans les cas de plaies simples d'aponévrose par armes tranchantes ou piquantes, par contusion légère, mais dans certaines conditions seulement; tandis qu'elle est inévitable toutes les fois que l'aponévrose se rompt dans un effort.

Cette affection a été observée surtout dans les régions où existent des muscles puissants entourés de larges aponévroses qui leur sont unies par un tissu cellulaire lâche : à la cuisse, à la jambe, au bras par exemple.

Lorsque la hernie est spontanée, c'est-à-dire consécutive à une rupture de l'aponévrose, dans quelques cas l'aponévrose s'éraille insensiblement; les malades accusent d'abord de la gêne, puis celle-ci va en augmentant chaque fois que les malades renouvellent l'exercice, cause primitive du mal. Cette forme de hernie, hàtons-nous de le dire, a été particulièrement observée sur des cavaliers. Bientôt les mouvements deviennent pénibles, et enfin tout à fait impossibles. En même temps on voit apparaître une tumeur qui augmente insensiblement, et qui disparaît plus ou moins complètement parle repos.

79ft AFFECTIONS DES MUSCLES ET DBS TENDONS.

Lorsqu'au contraire la rupture est brusque, le malade éprouve noe sensation de déchirure^ quelquefois il entend un bruit assez fort ; le muscle sort desa gatne, il se forme une tumeur d'un volume qui îarie avec la foroe du muscle et l'étendue de la déchirure ; une douleur quelquefois extrêmement vive se montre dans le point où existe U lésion. La marche est impossible ; quelquefois même ne pouvant garder l'équilibre^ les malades tombent. Les douleurs se calment rapidement par le repos, aussi le plus souvent les malades ne s'inquiètent pas de leur état et continuent leurs travaux habituels, mais la gène dans b locomotion les force à recourir à l'assistance d'un médecin. Celui^ constate alors une tumeur qui varie du volume d'une noisette à celui d'un œuf de poule, non adhérente à la peau, qui a conser%*é sa colontion normale, dont la dureté et le volume varient avec l'état de contraction ou de relâchement du muscle ; elle se réduit par la pressioo avec les doigts, surtout si l'on a soin de mettre le muscle dans le relâchement.

Le membre a moins de force, la fatigue se fait rapidement sentir^ et si le malade fait un effort, il sent la douleur plus ou moins vive, car la tumeur apparaît plus saillante et plus difficilement réductible. Les he^ nies musculaires consécutives à une division préalable do l'aponnTOse d'enveloppe se présentent avec des caractères tout à fait semblables: tantôt la tumeur fait des progrès graduels; tantôt elle se montre tout à coup à la suite d*un effort, pour prendre les caractères que nous avons assignés à la hernie spontanée.

11 semble difticile de ne point reconnaître une semblable affection, la manière dontlatumeurs'est produite, la symptomatologie ne sauraient laisser de doute. On pourrait néanmoins confondre la hernie spontanée avec une rupture musculaire : dans cette dernière affection on trouve un enfoncement entre les deux parties qui ontété séparées, tandis quedam la hernie on trouve une tumeur réductil)Ie, et il n'est pas facile, m^me lorsque la tumeur est réduite, de sentir les deux bordsde l'aponévrose déchirée, de plus le muscle déchiré a perdu ses fonctions et les recouvre après la guérison, tandis que les fonctions des muscles hernies sont g^^nées, mais non pas abolies, et ne recouvrent jamais leur intégrité, si le muscle n'est pas soutenu par un appareil convenable.

Cette affection n'est pas grave par elle-même, en ce sensqu'elle ne compromet pas la vie des malades; mais elle trouble le jeu des fonctionsdu muscle, ne guérit pas spontanément, elle laisse le membre dans un état de faiblesse qui persiste pendant un temps fort long et m(>me indéfini: abandonnée à elle-même, elle tend constamment à faire des progrés, de là la nécessité d'intervenir incidemment.

Le traitement consiste dans la compression à l'aide de bandages, de bas lacés ou élastiques, etc. Mais, il faut le dire, ce moyen ne peut sufc^

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pour amener la guérison^ les malades conservent toujours leur infirmité ; aussi M. Morlon a-t-il proposé le traitement suivant. Il fait à la peau une incision d'une étendue égale à celle de la division de Taponévrose^ puis panse avec un tampon de charpie sèche pour faire suppurer. «La cicatrice, dit-il, qui comblera cette plaie comprendra le tissu cellulaire lâche qui recouvre les muscles, l'aponévrose, le tissu cellulare sous-cutané et la peau; elle sera linéaire et replacerai muscle dans les conditions normales de fonctionnement. Il y aura bien pendant quelques jours une légère adhérence du muscle avec la cicatrice ; mais les mouvements imprimés, Texercice ne tarderont pas à rendre au muscle son activité, et son aisance primitives. »

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