AFFECTIONS SYPIIIUTIQUES DES MUSCLES
avec les transformations que nous avons indiquées plus haut. Il n'existe pas de changement de couleur à la peau, celle-ci ne contracte pas d'adhérence avec la tumeur; les changements de température, de l'état hygrométrique de l'air, la chaleur du lit provoquent souvent desexacerbations dans la douleur.
Les tumeurs syphilitiques des muscles sont souvent accompagnées de rétraction musculaire, mais nous devons dire que souvent il y a tumeur sans rétraction, et nous avons vu qu'il pouvait y avoir rétraction sans tumeur. Quoi qu'il en soit, ces tumeurs sont causes de troubles fonctionnels en rapport avec leur volume et de l'importance des muscles; on observe en outre des désordres qui tiennent à la pression que la tumeur elle-même exerce sur les organes circonvoisins : c'est ainsi que dans un cas de tumeur syphilitique du muscle sterno-cléido-mastoïdien, nous avons constaté une raucité de la voix, raucité qui rappelait assez bien le timbre de la voix des goitreux. La trachée paraissait un peu déviée, mais il n'en résultait aucun trouble notable dans la respiration; la déglutition n'était pas non plus sensiblement gênée.
La marche de ces tumeurs est en général très ente, et ce n'est souvent que longtemps après leur début que les malades viennent réclamer les secours de l'art.
Diagnostic. — Il est fort difficile, lorsque la maladie existe seule, c'est-à-dire n'est pas accompagnée d'accidents syphilitiques concomitants ; à la vérité il reste les antécédents, mais on sait combien il est difficile d'obtenir des renseignements exacts; chez un certain nombre de malades, les accidents primitifs passent inaperçus; mais il est nombre de personnes, des femmes surtout, qui ne peuvent se résoudre à faire connaître la vérité. Aussi est-on quelquefois obligé pour arriver à la connaissance de la véritable nature de la tumeur de prescrire un traitement spécifique qui fait disparaître les tumeurs syphilitiques, tandis qu'il est sans action sur les autres.
Quant à spécifier le siège précis de la tumeur, le chirurgien se trouve quelquefois dans l'embarras, il peut néanmoins arriver à un diagnostic exact en faisant contracter le muscle; nous reviendrons d'ailleurs sur ce point en décrivant le diagnostic des tumeurs cancéreuses des muscles.
PfiONOSTiG. — Les tumeurs syphilitiques des muscles sont Tindice d'un état diathésique sérieux; aussi, en ce sens, doivent-elles être considérées comme graves. Néanmoins, en face des guérisons extrêmement nombreuses que Ton obtient à l'aide d'un traitement rationnel, cette affection ne doit pas être regardée comme dangereuse lorsqu'elle est reconnue ; il n'en est plus de même lorsque ces tumeurs sont abandonnées à elles-mêmes; par suite de leur développement, de leur ramol-
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lissemeot et des ulcérations qui en sont la conséquence elles peuveit provoquer des désordres étendus qui arrivent quelquefois à complu mettre des fonctions importantes.
Traitevetf. — Le traitement des tumeurs syphilitiques des musdei est celui des accidents tertiaires de la syphilis, c'est-à-dire Tiodure de potassium; ce médicament sera prescrit à la dose de i à 2 grammff par jour: quant au traitement local, il est souvent inutile: cependtat sur une tumeur volumineuse on pourra recourir à la compressioa: lorsque la tumeur sera abcédée, on l'ouvrira avec le bistouri; Taloeiv sera pansé avec des plumasseaux de charpie imbibée avec du chlorm de chaux ou enduite d une pommade d'iodure de potassium.
ARTICLE MI
CÂ5CER DES XrSCLES.
5>ous le nom de cancer de» mvscies on doit désigner les tumeurs cancéreuses qui se développent dans le corps d'un muscle, car les cancer» qui se sont étendus au tissu musculaire, au grand pectoral, dans k cancer de la mamelle, par exemple, ne sauraient entrer dans cette catégorie.
Ces cancers sont rares, aussi celte affection a-t-elle jusqu a présent été passée sous silence dans tous les traités dogmatiques; cependant eo parcourant les annales des sciences on en trouve plusieurs obsenratioos dont la plupart ont été collectées par M. Parmentier dans un mémoirp qu'il a publié sur ce sujet.
Le cancer musculaire se montre le plus souvent sous la forme de tumeurs plus ou moins nombreuses qui se développent dans répû<seur des fibres charnues. Les faisceaux mus<'ulaires qui entourent U dégénérescence sont pftles, atrophiés, rejetés sur le cAté, et présentent des altérations plus ou moins marquées dans leur texture ; cesdilTérpnces sont subordonnées au volume, à rancienneté de la tumeur; d'autres foi> on trouve des tubercules disséminés en très grand nombre dans le muscle, c est ce que M. Vidal a constaté sur un homme qui avait succombé à un cancer de Teslomac : le muscle psoas droit était infiltn* de matière cancéreuse ; vers le milieu du iiius^^le on ne voyait pi u*^ que de la mati^re cancéreuse qui se répandait jusque vers les attaches du muscle sous la forme de noyaux de la grosseur d'un grain de rhènevi^. et tellement nombreux que les fibres musculaires avaient disparu 1 . D'autres fois un grand nombre de muscles participent à la dégénérescence ; c'est ainsi qu(* M. Broca a constaté dans les muscles des
(1) BmiUdms é» la SocUU ana/omtqtM, 1853» p. 90« é