AFFECTIONS SYPHILITIQUES DES MUSCLES
tion. Dans tous les cas, il reste le traitement comme moyen de diagnostic; car la rétraction syphilitique disparaît le plus souvent sous rinfluence d'un traitement spécifique, tandis que les autres espèces résistent à ce moyen.
Le traitement est celui des affections tertiaires de la syphilis, on prescrira surtout l'iodure de potassium à la dose de 1 ou de 2 grammes par jour.
§ HZ. — - Tumeort typhîlîUqaM des mntelef .
Les tumeurs syphilitiques des muscles peuvent se rencontrer dans les tendons et dans le corps charnu du muscle.
A. -^ Tumeurs syphilitiques des tendons.
Les tumeurs syphilitiques des tendons sont plus fréquentes que celles de la portion charnue des muscles. Elles peuvent se montrer dans tous les tendons ; celles du tendon d'Achille ne sont pas très rares, nous en avons constaté une dans l'épaisseur du tendon du triceps crural.
A leur début, ces tumeurs sont solides et paraissent consister en une hypertrophie du tissu du tendon avec épanchement plastique dans l'intervalle des fibres. Dans quelques cas ces tumeurs se ramollissent et suppurent; la continuité des fibres tendineuses est respectée, cellçs-ci semblent seulement écartées par le foyer purulent; dans d'autres circonstances, la tumeur devient de plus en plus dure, l'ossification s'en empare : M. Bouisson a vu celle-ci s'étendre à toute la longueur du tendon du muscle petit psoas ; d'autres fois elle se limite à la partie malade, où elle forme une espèce d'os sésamoïde accidentel.
Ces tumeurs siègent le plus souvent à la surface du tendon; plus rarement elles en occupent le centre. Elles provoquent une douleur plus ou moins vive qui s'accrott dans l'exercice du muscle auquel correspond le tendon affecté.
Les tumeurs syphilitiques des tendons réclament le traitement des affections syphilitiques tertiaires, c'est-à-dire l'iodure de potassium à la dose de 1 à 2 grammes par jour.
B. ^ Tumeurs syphilitiques des muscles.
Les tumeurs syphilitiques des muscles ont été, comme nous l'avons déjà dit, étudiées avec soin par M. Bouisson, auquel nous empruntons la plupart des faits consignés dans cet article.
Akatomie FAtHOLOoiQUE. — Quel cst le point de départ des tumeura syphilitiques développées dans le corps charnu des muscles? En enva-
hissent-elles d'abord les fibres charnues^ ou bien le tissu cellulaire qui réunit les éléments contractiles du tissu musculaire? Il est difficile de se prononcer sur ce points car dans tous les cas où il a été possible d'examiner ces tumeurs on a trouvé tous les éléments anatomiques envahis; cependant l'analogie permet de supposer que l'affection débute par le tissu cellulo-fibreux. Quoi qu'il en soit^ nous considérerons, avec M. Bouisson, trois degrés de cette affection.
Dans le premiet^ degré, [\e muscle est le siège d'un gonflement circonscrit; si Ton fait une section sur la partie malade^ on trouve quelques faisceaux musculaires décolorés au milieu d'un épanchenoent plastique d'apparence grisâtre.
Dans le deuxième degré , la matière épanchée se ramollit^ se transforme en un liquide visqueux filant, semblable à .une solution de gomme; cependant lorsque la maladie marche avec rapidité, c'est-à-dire prend la forme aiguO, on trouve au centre de la tumeur de véritable pus ; les fibres musculaires ramollies se détruisent. L'inflammation présente tous les symptômes d'un phlegmon arrivé à la période de suppuration ; la peau prend une teinte d'un rouge brun, s'amincit, se perfore, pour donner passage à un pus mal lié ou à une sorte de bourbillon central gangreneux, et il reste une ulcération profonde à bords taillés à pic, k fond grisâtre, offrant une coloration violacée. Puis au bout d'un temps variable, mais toujours long, et sous l'influence d'un traitement convenable, la plaie change d*aspect, et bientôt on trouve une cicatrice blanchâtre plus ou moins régulière.
Dans le troisième degré, les tumeurs non suppuréess'indurent, elles passent k l'état cartilagineux et même osseux ; ces productions sont styliformes, laminées, suivant la disposition des muscles qui ont participé à l'altération.
Les tumeurs syphilitiques peuvent à la rigueur envahir tous les muscles ; elles ont été observées sur les muscles grand fessier, trapèze, sterno-cléido-mastoïdien, biceps brachial, deltoïde, vaste externe, jumeaux, etc.; les lèvres et la langue, organes essentiellement musculaires, paraissent surtout prédisposées à ce genre d'affection. Nous aurons k revenir plus loin sur les tumeurs syphilitiques de la langue.
Syxptomatologie. ^ On constate dans l'épaisseur du muscle une tumeur ovoïde dont le volume peut acquérir celui d'une orange, à laquelle on peut imprimer des mouvements en divers sens, lorsque le muscle est relâché, mais qui devient fixe si le muscle entre en contrao tion . Quelquefois indolentes, elles sont d'autres fois le siège de douleurs : celles-ci se montrent ou s'exaspèrent dans la contraction du muscle. La consistance de ces tumeurs est variable : pendant la première période elles ont une dureté assez médiocre ; puis, ou bien elles deviennent fluctuantes, ou bien la consistance augmente, et elle est en rapport