Ô AFFECTIONS CHARBONNEUSES
i^ Les animaux chez lesquels ce principe délétère se montre le pi fréquemment sont : le bœuf et la vache, les chè\Tes et les nioulM viennent ensuite le cheval, Tàne et le mulet; le chien et le porc en sq plus rarement atteints; les oiseaux de basse-cour plus rarement encor (^haussier a observé lu pustule maligne sur un homme qui avait foépm un lièvre, et Tliomassin sur un autre individu qui avait dépouillé u loup. Ainsi il peut se montnu* dans les principales es[kîces des niaminj fères et chez quelques oiseaux. M. Bourgeois prétend au contraire qiu les animaux herbivores possèdent seuls la fâcheuse propriété de corn* muniquer à l'homme la maladie et d'y succomber. Nous aurions déarr que lauteur nous eût exposé avec quelques détails les recherches auxquelles il dit s'être livré pour éclairer (*e |)oint de Tétiologie.
2" Les circonstance^ qui peuvent favoriser le développement de cf virus dans les animaux que nous avons pnicédemment nommés toit très variées. On la vu naître sous l'influence d'une mauvaise nourriloft, du séjour dans les lieux bas et marécageux, de Tusage habituel des eaUfX stagnantes et bourbeuses. Ce virus, dit Boyer, se développe surtoul épidémiquement à la suite des grandes chaleurs de Tété, et lonqv rinondation des prairies a rendu les fourrages de mauvaise qualité, rouilles, vastes, chargés d'insectes en putréfaction. Dans les herbivom, il peut être le résultat d'une alimentation exclusive avec le trèfle ouïes foins nouveaux. Dans les oiseaux de basse-cour, son développeoMt reconnaît ordinairement pour cause principale la saleté et les éroiBi* lions fétides des lieux ()u'ils habitent pendant la nuit.
Le virus charbonneux |>aralt aussi pouvoir se développer chei ks animaux qui, à la suite d'une course ou d*une marche forcée, ont été réduits à une fatigue excessive. Le contact de leurs dépouilles a souveol occasionné la pustule maligne: L obser>ation de Duhamel en prêfieole un exemple remarquable. De ce fait nous pouvons rapprocher ceux qui sont rapportés par ^haussier et Thomassin. Le lièvre et le loup dool parlent ces auteurs avaient peut-être succombé à un état analogue i celui ({ue présentent les boeufs surmenés. Dans ces animaux, le Tirtt charbonneux ne produit aucun de ses effets ordinaires: il ne se dé^^ loppe pas de tunu^ur charbonneuse, soit à Texlérieur, soit dans les viscères; la mort arrive rapidement, mais elle paraît être le résultat de répuisem(Mit produit par une marche forcée. Le virus semble existef chez eux à IVtat latent.
y L«\s i)iiénomènes par lesquels le virus manif(*ste son action lorsqu'il a pris naissance chez, les animaux sont locaux et généraux. 1/^ premiers consistent dans la production d'une tumeur qui est rema* cpiablc p.ir rexlrêmc rapidité de son évolution, qui lui permet d'a^ teindre le dtMMiier terme d(» son développement au bout de douze quinze heures au plus, et par sa marche, ({ui ofl're deux périodes bî^
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Wiîcles : i " une période «l'intlaiiimstioa cnrsctérisép p«r une douliiUr lirtlanle ; 2" une période de iiioiiiticalion Riinoncée par des plilycf^lies, une rolnratioa d'un noir de charbon, et l'insensibilité di' la parlie. Les [ilmuut'iies généraux sont ceux qu'on observe dans les Havres adynamiquK&ou ataxiques. Ces deux ordres de phénomènes n'apparaissent jHMfit «imultanément : tantôt l'atl'ectifln locale précède les accidents (lïitefauï ; tantôt lus symplrtmes gi'méraux se montrent avant la maladie UxoW. D'autres fois, enfin, il n'existe point de tumeurs extérieures ; etiles-ci sont situées protondéuient dans l'épaisseur des viscères, dans If foie, la rate, le pancréas, etc. La présence du virus dans ce cas est ictafAe seulement par des ptiénoniènes généraux. Ces trois états bien ililTùrenls ont élé désignés par Cliabert sous les noms : le premier de ciatban esstntiel, le second de charbon gijmpfomnlique, et le troisième Af ItèBre ilutrbonneiae. De ces trois formes, sous lesquelles se montient let maladies charbonneuses, deux seulement ont été observées chez rtioiiiine, ce sont : la pustule maliyne et le charfion proprement dit, qui l'oiTespondent, l'un au charbon essentiel des animaux, et l'autre au ''hariian symplomatique.
h' Les parties qui recèlent le virus sont : — a. Le liqttido tanieiix qui t'êtouledes tumeurs charbonneuses. Ce liquide, inoculé k des animaux ttiiis par MM. Barthélémy et Leuret, a reproduit une alTection enlière- Qent semblable, qui devenait rapidement mortelle lorsqu'on ne se Muil pas de la combattre par les moyens convenables. — b. Le iang. lÏB 1res grand uombre de faits démontrent la présence du virus dans M liquide, et ces faits sont encore confirmés par l'expérimentation liwcte, M. Leuret a en effet démontré que le sang tiré d'un animal nort du charbon et mis en contact avec les téguments, ou inoculé DUS l'épi derme, ou injecté dans les veines, produisait dans les deux iiciliiers cas una pustule maligne, et dans le derniitr une allection bnbonneuse générale. — c. Le muem. On a vu la pustule maligne éveloppée cbe^ les vétérinaires qui avaient introduit leurs bras dans t rectum ou dans la gorge de quelques animaux pour y porter des têdieamenls. — d. EnGn la peau et \c^iKiils. Ces parties sont imprégnées u (irus & un degré remarquable. Le simple contact d'un animal char- «naeux peut produire la pustule maligne. Le danger de ce contact urvil longtemps à la mort de l'animal ; et le virus est si inhérent b ces unies, que tous les procédés de l'industrie qui les modifient si pvo- [ond^roent, tels que le lavage, le cardage des laines, le tannage des niin, etc., ne leur enlèvent pas cette funeste propriété. — U devient hûU de concevoir, après tous les détails dans lesquels nous venons d'entrer, pourquoi les effets du virus charbonneux se montrent de pré-
fence chez les pjUres, les laboureurs, les maréchaux, qui ont des
«ntacUsi fréquents avec les animaux qui sont le plus souvent affectés
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de cette maladie ; chez les vétérinaires, qui pansent leurs ulctrct: dm les boucbers, qui les dép^eent ; chez les tanneurs, les mégîMien, In niatelassierH, que leur profession met dans un rapport |>erinitiipnt ««; leurs dépouilles. Les mêmes raisons nous expliquent encore poorqnoi la pustule maligne affecte presque constamment les parties découverte, et particulièrement les parties supérieures du corps, le cou et la brr, dont l'épidcrme est plus délicat. On a vu cette maladie se dévekipprr sur le dos chez un herger ; les vêtements qui recouvraient cette pulie avaient été imprégnés du san(! d'un nioulun cluirbonneus qu'il itiîl chaîné sur ses épaules après Tavoir saigné.
5° Le virus charbonneux parait être le plus contagieux de touil» virus. Il produit la pustule maligne non-seulement à la suite df ma inoculation, mais par sa simple déposition sur l'épiderme qui recMinv les léi^uinents. Cette couche inorganique ne paralyse point son acli"»: elle semble seulement l'entraver légèrement. Les parties dont l'épiderme est plus mince sont plus souvent atTectées. La face pulmiirt de la main, qui en subit le plus souvent le contact, est cepemlant irb rarement le siège de la pustule maligne. Telle tumeur qui n'a pu w développer sur la main se produira facilement sur d'autres jurtin moins protégées, lorsque celle-ci y aura déposé te virus étalé à tafutface. — L'inoculation ou la déposilioD du virus sont ordinaircmeol immédiates; mais quelquefois aussi il est communiqué des anitiMin malades k l'homme par d'autres animaux qui en sont iraprégnêi, pv des insectes, des mouches, des abeilles, des guêpes, etc. — Le viiv introduit dans les voies digestives peut-il être absorbé et devenir funoU' Les observateurs ne sont pas d'accord sur ce point qui intéretM ffitment la santé publique. On lit dans les observations de Morand rlit Duhamel que les personnes ti'és nombreuses qui se nourrirent avet h viande des animaux dont le simple contact avait eu de m lentNs résultats ne furent nullement indisposées. Thomassin cite un fiH àp« près semblable qui se passa dans un village de la Franche -CootA, ■ l'occasion de la fétc du lieu. Le boucher et son frère, qui avalent fitparé la viande pour la fêle, furent attaqués soudainement de U pHtak maligne, et, malgré l'inquiétude générale que c^t accident cauM,p'^ sonne n'éprouva la plus légère incommodité. Knaux et Chuussier ritod des faits opposés; mais ces faits paraissent relatifs au charbon plirt*' qu'à la pustule maligne, en sorte que cette maladie ne semble pas {>■<■' voir être introduite dans l'économie par les voies ahment»in>s.
De toutes les considérations qui précèdent il résulte que le n>^ spécifique qui produit la pustule maligne se développe spontaném*^ dans les animaux; qu'il est ensuite accidentellement communiqué ^ l'homme par inoculation ou simple contact ; en un mot, que d»*T r^^pèce humaine cette utieclion dépend toujours d'une finuseï
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umomie. Toutefois Bayle a élevé sur ce sujet une discussion qui l'rt conduit à émettre une opinion opposée. Cet nuteur pense que la pustule maligne peut aussi se développer spontanément, et il s'appuie îur les raisons suivantes: 1° Cette maladie n'avait point été observée pendant tout l'^té dans le village où il a fait ses observations ; 2° presque loui les malades qu'il a interrogés disaient être certains de n'avoir louché à aucune dépouille infectée. Mais à ces raisons on peut objecter ivec Boyer : n 1° Que dans le pays où ces observations ont été recueillies, le charbon régna fréquemment sur les animaux, et que celle ma- Idie en fil périr un grand nombre dans les villages voisins, précisément ilursnt l'épidémie que Bayle a observée; 2° qu'il parait par son aveu int'mp que tous les malades n'étaient pas bien certains de n'avoir pas louché aux dépouilles de ces animaux, et que la plupart ne l'étaient point d'avoir évité le contact de quelque corps chargé du principe délétère, el de n'avoir pas été ainsi exposés à la contagion d'une manière indirecte ; 3° que chez tous, saps exception, la maladie s'est manifestée sur quelque partie du corps habituellement à découvert, et chez presque Iniis à la face. » Concluons donc que la pustule maligne est toujours le rvsullat d'une cause externe.
Stwtosiatologie. — Cette affection peut se développer immédiatement après le contact du virus charbonneux, ou quelques heures iprès. Ordinairement elle se montre du deuxième au quatrième jour. Uans quelques circonstances rares, on l'a vue paraître six, huit, quinze joars, et même plusieurs semaines après déposition, sur les téguments, iu principe délétère. La rapidité variable de son début semble dépendre le plusieurs causes dont la nature ne saurait être rigourcusemant déterninéo ; 1" Du peu d'épaisseur de l'épiderme, ou de son absence sur les «nies ulcérées; dans ce dernier cas la tumeur apparaît très prompleii«nl; 3* du degré de concentration du virus, dont la puissance sera 'aillant plus grande qu'il sera moins mélangé avec d'autres liquides apabics a la fois de l'affaiblir et de l'altérer; i' de ta quantité, à iquelle l'énergie de ses effets est directement subordonnée. Nous iïiserons la marche de la pustule maligne, avec Enaux et Chaussier, n quatre périodes.
Première période. — Une petite tache semblable à une piqflre de luce accompagnée d'une vive démangeaison occupe le point qui a subi ec«ntart du virus. Une très petite quantité de sérosité sécrétée aulessous de l'épiderme soulève cette membrane et donne naissance à une phlycténe qui présente le volume d'un grain de millet. Le prurit ionl elle est le siège porte le malade à exercer sur cette partie quelques
(toUements ; la vésicule se rompt; la sérosité qu'elle contenait s'écoule,
rt la démangeaison cesse.
U- Bourgeois a dans quelques cas nbsené au début et à la place de