S0 AFFECTIONS CHARBONNEUSES
la petite tache que nous signalions tout à Theuro une petite papol i)rune ou rose semblable à celle qui précède la pustule vaccinale ; el parait être due à un gonflement circonscrit des couches superflcieib de la peau.
Deuxième pf:node» — Sous la vésicule qui a été déchirée, dans le Iîh même de la peau, se manifeste une petite plaque indurée de forme di culaire, tubercule lenticulaù^ (Chaussier), d'abord rcconnaissable a toucher seulement, mais qui ne tarde pas à devenir sensible à la t» Elle est inégale à sa surface, surmontée de siiillies mamelonnées, quil donnent un aspect grenu, et présente une couleur cendrée qui dévie l)ient(U grisâtre, et ensuite noire. La démangeaison recommence et montre plus vive. La peaur rougit et s'engorge autour du tubercule le ticulaire ; et comme la surface des parties engorgées est plus éleirt que celle du tul>ercule, celui-ci parait déprimé. Autour du noyau cfr tral primitif, on voit se développer un cercle de vésicules de la grosse^ d'un grain de millet, contenant de la sérosité transparente. C'est à oel espèce de couronne que Chaussier et tous les auteurs qui lui ont su cédé donnent le nom d'aréole. Pendant que cette aréole se développ le tubercule qu elle circonscrit passe au noir, et constitue alor» lu véritable eschare. Le membre se couvre de lignes d'un rouge pâle q l^uivent le trajet des vaisseaux lymphatiques (liourgeois).
J)*omème période, *— La tuméfaction se propage au loin et dévie très considérable. Si la pustule occupe la main, elle s'étend jusque bras et à Taisselle. Si elle siège à la ftice, elle gagne le cou et la par4 supérieure du tronc. Au tronc, elle envahit à la fois le thorax et Tabd* men. (jh gonflement ne peut être comparé ni à celui de rinnamnialîi ni à celui de l'œdème; il présente une dureté très considérable. M. Bou p^eois n a jamais obsci*vé la tuméfaction emphysémateuse*. Pendant qi ce vaste engorgement se développe, le tubercule central de la pustu maligne, ou plutôt l'eschare, s'étend circulairement par un procéi l>ien observé et bien décrit par Thomassin. Elle envahit d'abonl le tin cellulaire sous-cutané et ensuite la peau correspondante. Klle grand ainsi du centre à la circonférence, en repoussant autour d'elle Taréo vésiculeusc qui la précède constanmient dans sa marche envahissant Dans cette {MTiode le prurit cesse d'exister; il est remplacé par un ser timent d'étranglement, de pesanteur, et enfin par l'insensibilité despa ties niortitiées.
Quatrième ^Kriude. — Klle est essentiellement caractérisée par Tapp rition des phénomènes généraux. Le malade est |mle, afl'aissé; son pou est petit, inégal, vif sans être dur; la peau et la langue sont sèches. soif très vive, les urines brunes et s«'îdi menteuses. Il survient d< anpoisst.'S, des syncopes, et quelquefois du délire. Ces derniers phén mènes sont les avant-coureurs d'une mort presque certaine. On vc
alors Teschare faire des progrès et le gonflement devenir énorme. — Dans les cas très rares où la guérison a lieu, rengorgeaient et la mortification demeurent stationnaires : le malade^ quoique très affaibli^ peut se mouvoir, et consene Tintégrité de son intelligence ; le pouls est moins irrégulier, la respiration moins anxieuse. Cne réaction salutaire est annoncée par une aréole franchement inflammatoire, qui circonscrit Tescbare. Celle-ci se détache, et laisse à sa place une solution de continuité recouverte par une membrane granuleuse, qui sécrète un pus de bonne nature. Cette réaction est précédée par le retour d'une douce chaleur, et quelquefois d'une moiteur générale, qui rend la maladie à son caractère primitif, c'est-à-dire que celle-ci redevient simplement locale.
Ces quatre périodes sont donc ainsi caractérisées : — Pour la première, démangeaison, formation de la vésicule, rupture de celle-ci, et cessation du prurit; elle dure de vingt-quatre à trente-six heures. — Pour la deuxième, formation du tubercule lenticulaire, développement de l'aréole, mortification du noyau central, et retour du prurit; sa durée varie de quelques heures à plusieurs jours. — Pour la troisième, engorgement énorme qui se propage au loin, double extension de l'eschare et de Taréole vésiculaire, sentiment de pesanteur; sa durée €st de quatre à cinq jours. — Pour la quatrième, apparition des phé-. Domènes généraux et augmentation des phénomènes locaux si la terniinaison doit être funeste; diminution de ces deux ordres de phéoomènes si la guérison doit avoH* lieu. La durée de cette dernière période est de vingt-quatre ou quarante-huit heures dans le premier cas; dans le second, elle peut être de plusieurs mois.
Ces diverses périodes ne présentent pas constamment la durée que ^lous venons de leur assigner. Ordinairement la première échappe au •Balade et au chirurgien, et c'est à la fin de la seconde seulement que ie malade se présente pour réclamer les secours de Fart. Quelquefois toutes ces périodes se succèdent avec une telle rapidité, que les phétiomènes généraux suivent de très près le début de la pustule. Ceux-ci cependant sont toujours consécutifs. — La plupart des auteurs les attribuent à l'absorption du virus qui, une fois introduit dans le torrent de la circulation, porte le trouble dans toute l'économie. Cette explication si naturelle a été repoussée cependant par Thomassiii, qui attribue tous les désordres constitutionnels à la réaction sympathique provoquée par l'affection locale. Mais ces phénomènes se montrent à une époque on l'affection locale ne présente aucune de ces complications qui peuvent €|uelquefois expliquer une perturbation générale. La suppuration qui suit la chute des eschares, et qui modifie si puissamment l'économie, lorsqu'elle est considérable et prolongée, n'existe pas encore. On observe de rinflammation, il est vrai, mais elle est très circonscrite et
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toujours peu intense. Cette explication serait donc, d'une ptri moins insuflisante; de Tautre, elle est opposée à tout ce que connaissons sur l'histoire des virus^ dont l'action est essentielle constitutionnelle. Le virus charbonneux agit sans doute de U i manière, et l'apparition des phénomènes généraux semble ri véritablement le moment de son introduction dans l'économie.
AxATOMiE PATHOLOGIQUE. — Les altérations pathologiques que Toi contre dans la pustule maligne n'ont été bien étudiées que dan derniers temps; cependant tous les chirurgiens avaient déjà renii que les oi^anes se décomposent avec une très grande rapidité.
Les désordres sont locaux et généraux; les premiers compreii l'anatomie de la pustule, les seconds les altérations que l'on obi dans tous les organes.
L'eschare est livide ou tout à fait noire, dure, sèche, d'une épaif de i à 2 millimètres, plus considérable au centre qu'à la circonfére Examinée au microscope, elle présente une substance demi-opi parcourue par des fllefs sanguins et des filets nerveux. Dans le liq de la préparation, on trouve deux espèces de granulations, lesi constituées par dos globules sanguins altérés, les autres par des bules de graisse; ces globules se retrouvent dans la sérosité desi ruies. Au-dessous de l'eschare et de l'aréole vésiculaire, on troin tissu cellulaire plus ou moins vascularisé, tantôt très dense et gi (l'un sang épais, d'autres fois moins dense et infiltré de sérosité ! guinolente et même simplement séreuse. Ce dernier état se renco surtout à une certaine distance de la pustule.
Les vaisseaux sont goi^és d'un sang épais et fluide, les ca^îlé cœur contiennent un peu de sang noir non coagulé; ce sang, et chez les animaux, a montré une très notable diminution dans la qa» de fibrine et une augmentation de la matière colorante. Le parie renferme souvent un peu de sérosité citrine; le tissu cellulaire l'environne est infiltré tantôt de gaz, tantôt de sérosité.
Les plèvres contiennent une quantité variable de sérosité plo moins colorée; les poumons sont fortement congestionnés, surtout partie postérieure; leur tissu est d'un rouge noirâtre; les bron contiennent quelquefois un peu de liquide écumeux, parfois ts sanguinolent.
Le péritoine renferme ordinairement un liquide jaunâtre, riai trouble; Tépiploon et le mésentère sont gorgés de sang, quelqu infiltrés de gaz et de sérosité gélatiniforme.
Le tube digestif présente depuis l'a^sophage jusqu'au cœcum teinte violacée occupant surtout les parties les plus déclives. A la fuce interne de restomac, on trouve une infiltration séreuse s«>us t de mamelons demi-transparents et parsemés de taches jaunâtrr
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z fréquent de rencontrer de petites taches noiràtrtis déterminéc!S |kic des cpiincheiiiDntB sanguins. Ces mêmes laciies su trouvent dans l'Intestin grêle, ordinairement sur le bovd libre dtjs valvules connlvunles. Ces altérations sont beaucoup plus graves dans le gros intestin. Muant aux pustules inalignes signalées dans le côlon par Vîrîcel (de Lyon), dans l'esloniac par M. Verneuil, elles constituent des lésions l'ïlrL^memenl rares. Il est permis de supposer que des plaques yanp^'iieuses ont pu en imposer h ces obsen'ateurs.
UiAiisosTic. — Lorsque la pustule maligne a atteint son cgmpiet (IneloppemenI, ses caractères sont assez remarquables pour rendre vin diagnostic facile; mais à son début, c'est-à-dire dans la première période et au commencement de la seconde, elle peut être et a été quelquefois confondue avec d'autres all'ections, avec la piqi'ire d'nn iriiccle, le furoncle, l'érysipèle phlycténoîde, la fluxion dentairt> et surtout avec le charbon.
La pustule maligne, è son apparition, simule si bien une pigiM-e (finsecte, qu'elle est communément désignée dans la Bourgogne sous \e nom de puce maligne, dénomination consenée par Chaussier, qui l'a considérée comme la défmition la plus heureuse qu'on puisse donner ii Mtte maladie dans son principe. La piqrtre d'une abeille, d'un cou«n, etc., détermine une démangeaison vive, une coloration rosée cirronscrite, quelquefois une phlyctène, ou un tr(''S petit tubeivule cutnm';; mais la coloration est uniforme et vive. Le bouton, lorsqu'il ftiste, n'est point livide; l'aréole véaicul a ire manque. Un peut retrouver dsn; la petite plaie l'aiguillon que l'animal n'a pu en retirer, et si cet aiguillon n'existe pas, le prurit, après avoir été très vif d'abord, a iliniinué et disparu promptement.
Le furoncle est conique et non lenticulaire: il est rouge et non livide.
U douleur dont il est le siège est lancinante et non pmrigineusc.
l'anthrax ou le furoncle volumineux se rapproche davantage de la
pustule maligne par sa forme hémisphérique, sa coloration violacée^au
centre, ses phlyctènes; mais il offre un volume considérable, et lorsque
lipuslule maligne présente un volume analogue, elle esl complètement
—.d^doppéc, et ses caractères sont alors si tranchés, que la confusion
■j^Nl plus possible. En effet, du côlé de l'anthrax, nous trouvons : une
^■Wileur lancinante, au sommet de la tumeur des phlyctènes, et, sous
Wï« phlyctènes, des perforations qui livrent passage à une matière
pHudo-membraneuse; autour de la base, une rougeur foncée. Du côté
^ lii pustule, une démangeaison vive ou de la stupeur; au centre, une
petite tumeur lenticulaire livide ou noire; à la circonférence, une
ïtéole vésiculeuse qui la laisse dans un état de dépi-cssion apparente;
«if un plan plus excentrique, un gonflement énorme qui s'étend à de
ïrandus distances. Il est à reiuai'qucr que la pustule maligne ne pré-