‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876 (volume 4)Chapitre 53 sur 135 · BKS £FF£TS DU FROID SUR LES CORPS VIVANTS · texte numérisé non relu

BKS £FF£TS DU FROID SUR LES CORPS VIVANTS

ifaiHiblement la gangrène; au contraire^ on s'opposera à un retour op prompt de la chaleur : c^est pourquoi on doit d'abord plonger la irtie dans de Teau très froide^ ou^ ce qui vaut mieux encore^ la couir de neige^ que Ton renouvelle fréquemment^ jusqu'à ce que les tisis commencent à se ramollir, à reprendre leur sensibilité : les' taches rides et la tuméfaction disparaissent; la chaleur revient en même mps que la circulation se rétablit. On peut alors faire succéder aux Ifi^érants les frictions avec des flanelles chaudes^ des fomentations Hfitueuses^ aromatiques^ et Ton administre à l'intérieur les cordiaux^ « corroborants.

§ XX. — X>M effets da froid sur l'organimie entier.

Un homme adulte^ lorsqu'il est bien portant d'ailleurs et bien vetu^ (Ut supporter une température de 20 à 25 degrés centigrades au-desusde zéro sans en éprouver d'accidents. Scoresby et le capitaine Ross it même affronté pendant plusieurs mois un froid de — 40 degrés Dtigrades sans en souffrir beaucoup. Le capitaine Parry dit que ses mpagnons supportaient assez facilement un froid de — • 42 degrés^ urvu que l'air fût calme ; mais le froid devenait insupportable dès que ?ent venait à s'élever.

Dans nos climats^ on a bien rarement l'occasion de voir des accidents terminés par le froid ; on ne les observe guère que dans les hivers Mmement rigoureux et dans certaines contrées où se trouvent de ates montagnes couvertes de glaciers.

Les enfants^ les vieillards^ les femmes^ résistent moins bien à l'action froid que les adultes et les sujets d'un tempérament sanguin. Les gueS; une nourriture insuffisante^ l'affaissement moral^ sont autant causes qui enlèvent à l'homme presque toute sa force de réaction. sty suivant Larrey^ à ces causes réunies qu'il faut attribuer les pertes isidérables éprouvées par l'armée française lors de la retraite de

kms quelques cas fort rares^ le froid excessif produit une mort très lide. Les auteurs du Compendium de chirurgie rapportent^ d'après imbilla^ que de jeunes militaires furent trouvés morts et tout à fait des, après une heure d'exposition à un froid vif. Les symptômes que D observe le plus souvent sont un engourdissement général qui gène paralyse les mouvements^ une perte plus ou moins complète de la lisibilité, une tendance irrésistible au sommeil. Ce symptôme est noté aT tous les auteurs comme annonçant une mort prochaine^ si l'on ne Sèment à y arracher le malheureux qui s'y abandonne. Dans les

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Mémoires de chirurgie militaire (1)^ Larrey a nolé que la mort était prie dée par une pâleur généralo, une sorte d'idiotisme^ de la difliciiilé parler^ un affaiblissement de la vuo^ ou même une perte totakdec facultés. Quelques honnnes, dit-il, conduits par leurs camarades^ cm nuaient à marcher dans cet état pendant un temps plus ou moÎMloi L'action des muscles allait en s'affaiblissant par degrés ; ils chancelaia comme des gens ivres, tombaient, étaient saisis d'un engourdiffena suivi d'un sommeil léthargique, et en quelques minutes ils avaient CM de vivre. Souvent avant la mort il v avait une émission involonlaii d'urine et une hémorrhagie nasale. Presque tous les hommes qui pi rirent de cette manière furent trouvés la face contre terre ; leur peu sans changement de couleur, n'offrait aucune apparence de gangrè»

Quelques observateurs parlent en outre de douleurs extn*inemei vives, produites par l'introduction de l'air dans la poitrine ; ces dookii amenaient un resserrement involontaire des narines et de la booch s'opposaient b Tampliation de la poitrine, et suspendaient la respintii (Mémoires de la Société de médecine de Lyoft, 1798). Desgenettesa VHP plusieurs militaires le cou se roidir, s'incliner à droite ou à gauche;! rigidité se propageait à tout le tronc, et les malheureux tbmbaientue les symptômes de l'épilepsie ou de la catalepsie.

Les autopsies que l'on a faites de sujets ayant succombé à Tactioad froid ont montré une congestion sanguine très abondante dans les VMi seaux du cer\'eau, surtout dans les veines qui rampent à sa surface, k poumons ont été également trouvés gorgés de sang, ainsi que lesdiM droites du cœur : toutes lésions qui s'accordent également avec I supposition d'une mort par congestion cérébrale, par asphyxie oa pi syncope. •

Lorsque l'intensité du froid fait craindre le développement des dents que nous venons de mentionner, on doit éviter le repos; le vement uni à une bonne nourriture est le meilleur moyen d'actif* I circulation et la caloritication. On de\Ta également éviter les boiMOi alcooliques, qui produisent une excitation passagère, bientôt soiii (l'une prostration des forces. Les préceptes que nous avons donnéifi parlant du traitement applicable aux ])arties Congelées doivent étreiif pelés à l'occasion des accidents produits sur l'organisme entierpar l'attioi du froid. Il faut également s'opposera un retour trop brusque de I chaleur; presque tous les auteurs sont d'accord sur ce point. RîcMb Callisen, Larrey, insistent particulièrement sur ce conseil. Le relei trop rapide du calorique produit une sorte de turgescence vers le ceitei et les poumons, et te malade périt dans un état d'asphyxie. Le inab^ sera donc transporté dans nn(» cliainbrd froide dont les fwisées sen^

(1) Tome IV, pages 127, 129 cl ^or>.

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ouvertes; il sera dépouillé de ses vêtements, déposé nu sur son lit, et l'on frictionnera la surface de son corps avec de la neige, si Ton peut sVn procurer; dans le cas contraire, on fera ces frictions avec une éponge trempée dans de Teau très froide. Ce traitement devra être continué avec persévérance, car on a vu des individus dans un état de mort apparente être rappelés à la vie au bout de plusieurs jours. Ces frictions seront ailes ensuite avec de Teau froide. Dès qu'il se manifeste quelques signes de vie, Richter conseille d'approcher des narines des substances volatihîs très fortes et des sternutatoires, d'insuffler de Tair dans les poumons, et de chatouiller Tarrière-bouche avec les barbes d'une plume. Il conseflle aussi l'injection de fumée de tabac dans le rectum. S. Coopcr propose rinjection de vin chaud dans le gros intestin ou dans l'œsophage au moyen d'une sonde flexible. Lorsque la sensibilité, les mouvemeots, la chaleur^ se rétablissent, le moment est venu d'administrer ù l'intérieur les cordiaux, de frictionner le corps avec un liquide stinm* bnt, avec des tampons de flanelle chaude. On donne des boissons diu* phorétiques; on recouvre le malade, et l'on élève graduellement la lempérature de sa chambre.

Bien que Hichter ait soutenu que la vie peut être rappelée tant que le 9Qngco)Uenu dans le cœur lui-même nest pas converti en y lace ^ tant que cet ^gane et les gros vaisseaux conservent encore un degré de vitalité, et lors* pi enfin un épanckement dans le cerveau n'est pas venu rendre la chose impwiUe^ aucun médecin ne croit plus aujourd'hui à cette espèce de ïésurrection : ce qui est vrai pour certains animaux à sang froid cesse de Tétre pour une classe plus élevée. Le professeur Thomson (1) nous apprend que la Société de médecine d'Edimbourg flt, dans Tannée 1785, diverses expériences^ afln d'étudier les efl'ets d'un froid intense sur les ^imaux à sang chaud. Dans toutes ces expériences^ on observa invaria* blement que la mort survint longtemps avant que l'irritabilité du cœur fût détruite^ et à une époque à laquelle le sang circulant dans le cœur ^ les gros vaisseaux était à une température peu inférieure, sinon égale, à + 60 degrés du thermomètre de Fahrenheit, c'est-à-dire + lA à 15 [degrés centigrades. Mais ces expériences ont été faites avec des instruments bien imparfaits. Les recherches beaucoup plus exactes de M. Becquerel et de Breschet (voy. les Éléments de pStliologie médicale, far Requin, t. I, p. 01) permettent de croire que la mort serait le rénltat d'un abaissement de température bien moins considérable.

(i) Thoinion'Si Uietures on inflammation.

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