DIS EFFETS DU FROID SUR LES CORPS VIVANTS
plus vive, que le passage du froid au chaud a été plus brusque. On voit alors se succéder avec rapidité tous les symptômes propres à la mortifica^on des tissus^ qui tantôt se présente sous la forme de la gangrène sèche^ tantôt sous celle de la gangrène humide. Cependant cette gangrène n'est pas constante; l'observation clinique et les expériences sur les animaux ont levé tous les doutes sur ce point. Hunter fit congeler Toreille d^un lapin vivant^ et la laissa exposée à l'action d'un mélange réfrigéraot pendant une heure. Cette partie était dure^ sèche; on la coupait avec des ciseaux sans qu'il s'écoulât une seule goutte de sang. k\x bout de quelque temps^ la chaleur revint; l'oreille se ramollit, s'échauffa^ devint le siège d'une circulation très active^ d'une véritable inflammation qui se dissipa bientôt. Au bout de quelques jours^ cette oreille avait repris ses propriétés normales.
D'après l'exposé que nous venons de faire des effets du froid sur les corps vivants^ on voit qu'il existe une analogie frappante entre ces effets et ceux du calorique. Cette analogie est telle, que la classification que nous avons reproduite d'après Callisen est précisément celle que certains auteurs, et Boyer en particulier, ont adoptée pour les brûlures. Il existe cependant entre les effets du froid et ceux du calorique quelques différences qu'il est bon de signaler.
Ainsi, pour ce qui concerne le calorique, l'altération sur nos tissus
reproduit pour ainsi dire instantanément, et pendant la durée de l'ap^
plication du corps comburant; les altérations qui succèdent à l'action
^lu froid semblent au contraire être le résultat de la réaction propre
^4u tissus; une engelure ne se manifeste pas instantanément sur une
(>artie exposée au froid. Une partie congelée n'est point gangrenée, bien
^'elle soit froide, dure, insensible, que le sang n'y circule plus; elle
^t seulement menacée de gangrène si la réaction est trop intense;
iciiais la vie peut y être rappelée par un traitement convenable. La réac*
^D inflammatoire qui se manifeste dans les brûlures est un phénomène
^ peu d'importance, qui ajoute peu à la gravité des lésions produites
i joroédiatement par l'actjon du calorique. A la suite de l'action du froid,
^3e travail de réaction constitue pour ainsi dire toute la maladie.
Étiologie. — On a remarqué que rien n'expose plus aux engelures tjtte la mauvaise habitude de réchauffer à l'ardeur d'un foyer les parties <)ai ont été soumises à l'action du froid.
Les parties les plus exposées à ressentir les effets du froid sont celles
qui sont les plus éloignées du centre circulatoire, qui présentent un
fietit volume et forment des appendices saillants à la surface du corps :
tels sont les oreilles, le nez, la verge, les pieds, les mains. Dans nos cli*
inats, les pieds sont le siège habituel des engelures; elles occupent ort
dÎRairement les orteils et le talon ; les mains viennent ensuite. Tous les
iU)ets n'y sont pas également exposés; les enfants, surtout ceux qui
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présentent les attributs du tempérament lytiipimtique, (;n sont tiH mvent affectés. Les engelures deviennenl moins fréquentes à l'époque d( la puberté; elles sont très rares chez les adultes et les vieillards.
DiABitosTic. — Les engelures non ulcérées ne peuvent *lre confondues avec aucune autre atTection ; la connaissance de la cause, le prurit très vif qui se manifeste lorsque la partie s'ccliaulTe, ne peuvent liiwr aucun doute. Lorsqu'il «xiste déjà une ulcération superficielle, on al encore éclairé par les antécédents; mais cependant, dans ce cas. Ionque l'ulcération est accompagnée d'un engorgement considérable da tissu cellulaire sous-cutané, on pourrait croire, surtout si le nul m montre sur un sujet lymphatique, à l'existence d'une ulcération de nature scrofuleuse, comme cela s'observe assez fréquemment dan la maladie que nous décrirons sous le nom de sphui-ventoM dtt rnfmO. Pronostic. — 11 est variable suivant le degré d'altération des tissu». Le premier degré ne présente aucune gravité ; mais il résiste souveoi 1 tout traitement. J'en dirai autant du second degré. Il est remarquilik que les ulcérations superficielles qui succèdent k la formation des tcseûtes ne présentent, malgré le traitement le plus convenable, kucwh tendance îi la cicatrisation pendant tout le cours de l'hiver, et qa'i4M se guérissent rapidement à l'approche du printemps.
l^AiTEMUNT. — On u conseillé pour le traitement des engelures hM foule de moyens, qui tous comptent des succès, ce qui tient, dit Boye, à ce que des remèdes différents peuvent produire de Imns eflMi i diverses époques et dans des circonstances diverses de l« malidie. - Dam le premier degré, on a souvent employé avec avantage les fofflH* talions avec le vin aramatique, le vin chaud, l'eau de savon, \» solràK de sous-acétate de plomb étendue d'eau, l'ulcool camphré. On pe>t aussi employer la farine de moutarde, dont on se sert comme défi* d'amandes chaque fois qu'on se lave les mains. Ces moyenu ne Mil certainement pas infaillibles , mais ils sont d'un usage plus facile qwll saumure de bœuf ou de porc, qui a joui d'une grande vogue, ainsi qM le singulier remède de Percy, qui recommandait les onctions avec u» pommade faite avec un hareng salé, que Ton pilait et que l'on fésii cuire longtemps avec du saindoux. Si, malgré l'emploi des xaojtn que nous avons conseillés, la douleur et la tuméfaction augmentfiit.il faut les combattre par des topiques émollienls et narcotiques. — ft* /f deuxième degré, on pansera les ulcérations avec du cérat simpte Ht opiacé, avec de la pommade do concombre, de l'huile d'olive ; on éM tera, en un mol, toutes les substances irritantes. Les bourgeons exubérants seront réprimés à l'aide de l'azotate d'argent. Une compr sion légère avec des bandelettes de diachylon peut encore être utile.
Troisième degré. Il faut bien se garder de réchaulTer immédiats ment un fvgane congelé ; l'expérience a appris que ce moyen prodoii