I. — Kystes hématiques
Lorsque le sang épanché hors des voiesde la circulation sousrinflueotf d'une cause quelconque s'est réuni en foyer, il peut se présenter plusieun cas : ou bien il est rapidement absorbé, ou bien il provoque une inlIiB* mation dont la conséquence est la formation d'un abcès, ou bin I reste à la place qu'il <>ccupe sans provoquer d accidents, dans cf dernier cas, une pseudo- membrane ne tarde pas à se former autour di foyer et à s'organiser.
Que se passe-t-il ensuite? Ou bien le sang est résorbé peu àpea,k kyste s(» rétracte au fur et à mesure et finit par disparaître, ses parois contractent (»ntre elles des c'idhérences et il ne reste plus de traces df b maladie; ou bien le sang reste dans la poche pur ou plus ou moinsmodh fié, quel(|uefois il est absorbé et remplacé par de la sérosité sécrété' par la face interne du kyste. Dans très derniers cas la tumeur resif indéfiniment, à moins d'intenention de la chirurgie ; nous avonh sa^ tout à nous occuper de cette dernière espèce.
Dans rimmense majorité des cas la poche renferme du sang plusoA moins altéré dans sa coloration, dans sa consistance: tantôt on trouve lin ru|uide couleur chocolat au lait, café au lait, quelquefois méil>^ plus foncé; tantùt toutes les parties liquides du sang ont été abso^
S et il reste une masse concrète d'un noir de jais adhérente au le; tantôt enfin on trouve de la sérosité limpide, la matière colote a presque complètement disparu, il en reste cependant des traces la face interne du kyste qui est comme tatouée ; ces derniers ont été ignés sous le nom de kystes hématiques séreux, ils méritent de fixer re attention d'une manière toute spéciale. On les rencontre : l* Dans le tissu cellulaire libre, — L'étude de ces kystes offre un grand érét au point de vue pathologique; M. Cruveilhier, qui les a étudiés icsoin, nous en a donné une bonne description. Ces kystes peuvent [uérir quelquefois des dimensions très considérables, ils sontoblongs^ s rarement ils affectent la forme sphéroïdale. La cavité n'est huilent distendue par le liquide contenu, aussi sont-ils d'une grande îcidité: la poche, dit M. Morel-Lavallée (1), flotte etti*emble pendant mouvements de la partie sur laquelle elle repose, elle ondule mémo nifestement sous le souffle de l'observateur. On comprend que dans I circonstances semblables on ne peut sentir la fluctuation, si on n'a ( la précaution de faire refouler le liquide dans une partie de la Ae.
!ie liquide est tantôt d'une limpidité parfaite, tantôt d'un jaune rin ou légèrement rosé, quelquefois aussi noir que du sang veijx;il laisse déposer par le repos une matière brunâtre floconneuse, mée par les globules. Ai sang et la matière colorante, la paroi est mée par une membrane séreuse de nouvelle formation. t' Dans les membranes séreuses. — On comprend qu'un épanchement pin dans une des grandes cavités séreuses puisse se circonscrire .'enkyster, l'observation a fourni assez d'exemples de cette termison pour que l'on ne puisse les révoquer en doute. L'épancheat sanguin désigné sous le nom A'hématocele recto-vaginale apparit à cette catégorie, nous reviendrons plus tard sur cette affection, st une autre espèce de kystes hémorrhagiques qui offrent un ad intérêt, ce sont ceux qui se développent dans les cavités séses sous l'influence de pressions longtemps prolongées, ainsi qu'on M>nstate dans la bourse séreuse prérotulienne, chez les personnes se tiennent longtemps à genou, les religieux, les parqueteurs par mple, hygroma hématique, ou bien celles qui se montrent dans tonique vaginale à la suite d'une contusion ou sous une inence encore inconnue et désignée sous le nom d'inflammation îudo-membraneuse hémorrhagique ; c'est celle affection qui sera «rite plus loin sous le nom d'hématocèle de la tunique vaginale. Les listes de cette espèce présentent ce caractère, à savoir que leurs pâli) Morel-Lnvallce, Épanchements liau'naliqHei do sérosité, io Bulletin de V Académie it médecine, i, XVIII, p, 856.
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rois sont très épaisses^ doul)lces par des fausses membranes organisées, disposées par couches concentriques très denses, quelquefois comne cartilagineuses.
M. Cruveilhier considère ces kystes à parois épaisses, crétacées, qoe Ton trouve dans l'arachnoïde pariétale, comme étant également pro* duits par une phlegmasie pseudo-membraneuse hèmorrhagique.
3** Dans répnisscur des organes, — Ils sont déterminés par une violence extérieure ou par une hémorrhagic interne. N'ous n'avons pisk nous occuper ici des kystes qui peuvent être obser\*és à la suite des apo» plexies ni des kystes du placenta; contentons-nous d'indiquer ceux qri se développent dans l'épaisseur de tumeurs encéphaloîdes, et signales d'une manièn"! Jtoute particulière les kystes hématiques qui se déwloppent dans la glande mammaire, dans le corps thyroïde et dos l'ovaire. Les premiers sont assez rares et l'on ne saurait affirmerflb sont le résultat du traumatisme ou d'une hémorrhagic spontanée ; la paroi de ces poches est généralement dense, résistante ; dans quelques cas on a cru h l'existence d'une tumeur encéphaloïde, et l'opératioo faite, on a constaté lexistence d*un kyste renfermant du sangplosM moins altéré et une atrophie de la glande.
Les kystes hématiques du corps thyroïde constituent une to formes les plus communes du goitre. Dans quelques cas il n'esiUe qu'un seul kyste, dans d'autres la tumeur est constituée par plusiems [)oches accolées l'une à l'autre et n'ayant entre elles aucune espècefc communication. Les parois du kyste sont trt>s épaisses, et dans licarilé on trouve du sang plus ou moins altéré, souvent coagulé, réuni en gnmeaux, quelquefois d'un noir de jais, d'autres fois moins foncé.
Quelques praticiens ont pensiî que les kystes de l'ovaire, ou du moin un certain nombre de ces tumeurs avaient pour origine un petit fcjff sanguin qui se serait produit dans l'oi^ane au moment de Tepoq* menstruelle; la transformation des kystes hématiques en kystes séreia* ainsi que nous l'avons dit plus haut, ne rend pas cette suppositio improbable, mais rien jusqu'à présent n'est venu le démontrer dto manière rigoureuse ; de nouvelles recherches sont donc nécenaifei pour élucider cette question. j