CHAPITRE XVI
MÉLANOSE.
La niélanose (de pAa;, noir) est une affection caractérisée par la présence, dans l'épaisseur de nos tissus, d'une matière noire plus ou inoins foncée.
C'est aux médecins vétérinaires que nous devons les travaux les plus
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importants sur cette affection ; elle se présente beaucoup plas chez l'homme que chez les animaux^ et^ parmi ces derniers, leschen blancs ou gris en sont très fréquemment atteints. Dans notre detei tion, nous nous verrons à chaque instant forcé de recourir aux «uvra de pathologie vétérinaire^ le petit nombre d'obser\'ations recueillies l'homme ne pouvant nous permettre de tracer une histoire complète cette affection.
On s'accorde aujourd'hui à reconnaître avec M. Andral, que « les i lanoses peuvent exister sous quatre formes : 1* on les voit assez somn constituer des masses enkystées ou non enkystées ; 2* la matière i les compose peut, & l'instar de la matière tuberculeuse, être i Vé d'infiltration dans différents tissus; 3"* elle est quelquefois répand comme une couche plus ou moins épaisse à la surface des oigai membraneux ; k'' enfln cette matière peut exister à l'état liquide, • pure, soit mêlée à d'autres liquides. Les trois premières espèces < mélanoses ont été admises par Laennec ; quant à la quatrième, n'en parle point ; et cela devait être, puisque donnant à la mélanoiel nom de tissu, il ne pouvait point regarder comme telle une roitièi liquide, u
ANAT03IIE PATUOLOGiQUE. — A. Mélano$e en maaei. — On a rencontré de tumeurs mélaniques dans toutes les parties du corps et dans tous ki tissus ; mais le tissu cellulaire paraît en être le siège de prédilectin et c'est dans ses parties les plus lAches qu'on voit le plus souvent et tumeurs : ainsi, dans le tissu cellulaire sous-cutané du tronc, des mea bres; à l'anus et aux parties génitales chez les chevaux; dans letitt intermuscuiaire, dans le tissu sous-muqueux de l'estomac, de i'ioteitia de l'uretère, dans le tissu sous-jacent au péritoine, à la plè\Tf et ai péricarde, etc.
Après le tissu cellulaire, c'est sans contredit dans les muscles qs'oi rencontre le plus de masses mélaniques. Semblables h celles du tiff cellulaire, elles se développent dans les inter>'alles qui séparent le faisceaux ou les fibres musculaires : celles-ci sont alors écartées cl (fa tendues à la périphérie de la tumeur, et ne participent en aucoft manière à l'altération adjacente.
Bien que la peau n'en présente pas aussi souvent que les tissus don nous venons de parler, quelquefois cependant elle en contient un isse grand nombre, comme le montre le fait rapporté par Alibert dans s i\<aologic naturels. Chez ce malade, la peau était recouverte d'uB quantité innombrable de tumeurs sphériques, dont plusieurs avaient) volume, la couleur, et même le luisant des baies du cassis et du geM vrier. Nulle part elles n'étaient aussi nombreuses que sur la partie inl« rieure du thorax, qu'elles recouvraient presque en entier, et où elk formaient, par leur réunion sur le sein gauche, trois plaques, donti
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r pluslarpe avait au moins quatre pouces de circonférence. Lacnnec, dans ^)!i Ti-aité d'autr.uUation, rapporte un fait analogue .
\.a masses mélaniques que le cœur a présentées doivent plulM <?lre
r.ipporlées au tissu cellulaire placé sous ses membranes externe ou in-
L tfrne; leur aspect est le plus souvent celui d'une tumeur polypeuse,
I llollanl soit dans le péricai'de, soit dans les cavités de l'organe central
" ilfU circulation.
*iii trouve encore entre les tuniques interne et moyenne des artères ii"i productions mélaniques disposées de la même manière que Il ■■ concrétions calcaires que l'on rencontre si fréquemment dans cet ■ >n]i>e de vaisseaux. Les veines n'en ont jamais présenté, et il n'est pa^ bien démontre que les ganglions lymphatiques puissent en être ■'i H'ectés.
Si la coloration noire, partielle ou générale, des organes suttisait pour faire admettre une niélanose, le poumon serait, sans contredit, l'organe le plus fréquemment atteint ; car on peut dire qu'il est presque impossible de trouver un poumon qui ne présente point des traces plus ou moins considérables de matière noire. Mais des observations ne permet- •<?nl plus de douter que celte coloration noire, qui augmente avec l'âgudes individus, ne soit, dans le plus grand nombre des cas, due à l'inspiration habituelle et prolongée d'un air chargé de molécules de '"harbon. Il est facile de constater ce fait sur les poumons des ouvriers forcés de vivre dans une pareille atmosphère, comme les mineurs, tes «charbonniers, etc. Il ne faut point non plus confondre avec la véritable 'ïiiîlanoso cet état dans lequel le poumon, atteint de phlegmasie chronique, présente une coloration noire à peu près uniforme. Dans la vé- Hlable mélanose (et celle-ci n'existe jamais dans le poumon seulement), «cl organe présente dans dilTérents pointa de petites masses noires du ^«lume d'une noisette; ces masses, dont les caractères sont ceux des ' unieurs placées dans d'autres organes, sont ordinairement environnées •^le tissu pulmonaire sain, circonstance qui peut servir à diftérencier ■ m média te ment ta mélanose de certaines congestions veineuses.
De tous les organes glanduleux, nous devons placer le foie au pre-
niier rang. Celui-ci acquiert quelquefois des dimensions si considé-
•Tihles, qu'il quadruple de volume. Sa surface devient inhale; les
'lifférentes bosselures qu'elle présente dépendent du nombre et du
^U'^n de ces tumeurs, et paraissent développées dans les espaces inter-
I nivéaires aux granulations hépatiques, qui se trouvent ainsi plus ou
■ moins refoulées, suivant les dimensions, d'ailleurs 1res variables, de
% ctaque masse mélanique.
4 Lm teins et le pancréas, quoique moins fi-équemment atteints que '4 te toie, ne laissent pas que d'en offrir un certain nombre; mais celles-ci, kA beaucoup plus petites que dans l'organe hépatique, dépassent rare-
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ment le volume d'une grosse noisette. I^es mamelles se tiouTentdw le nn^me cas.
Dans les glandes salivaires^ et notamment la parotide et la sou maxillaire, nous en avons trouvé plusieurs qui ne dépassent pas volume d'une aveline. Nous mentionnerons ici le corps thyroïde, qoi trouve quelquefois transformé en totalité ou partiellement en niitî^ mélanique. Le lissu nerveux lui-même n'en a jamais offert. L'enl est seul organe des sens qui en ait présenté.
liien n'est plus variable que le volume des tumeurs mélaniques: po quelques-unes il n'est pas supérieur à celui d'un grain de millet, tand que d'autres atteignent la grosseur d'une noix^ d'un œuf de poule, o môme celle d'un poing, comme nous en avons pu observer une sur n nialade qui a succombé dans notre service, à la suite de cette affectÎM Cette masse s'était développée dans le tissu cellulaire intermédiaire an deux feuillets antérieurs du grand épiploon. C'est dans le foie et ar tout dans les muscles que l'on trouve les tumeurs les plus voluminfoief. On en a vu acquérir chez les chevaux des dimensions encore pluseoasidérables, et peser jusqu'à vingt et même trente livres ; mais alorselb étaient formées par l'agglomération do plusieurs autres.
(Juand la maladie est arrivée h un degré trt*s avancé, on peut dire que les masses mélaniques sont vraiment innombrables : c'est le tiM sous-péritonéal qui nous a paru en offrir le plus grand nombre.
La forme ne présente pas moins de différences que le volume Hit nombre. (Juand les masses mélaniques sont isob'^es, elles sont tiëll allongées et ovoïdes, tantôt sphériques, piirfaitement arrondies. It'aotici fois plusieurs masses se réunissent en une seule, dont la surface bA plus ou moins irrégulière et hérissée d'aspérités ; ou bien elles pràettent un grand nombre de mamelons, dernières traces de leur sêpMtion primitive : plus rarement leur ensemble offre l'aspect d'un cbapeW ou d'une grappe de raisin.
Les masses mélaniques, quel que soit d'ailleurs leur volume, ont o^ dinairement une couleur noire plus ou moins foncée, ressemblas! i celle de la suie ou de l'encre de Chine. Cette coloration est tantôt pii* mitive, c'est-à-dire qu'elle existe depuis le moment où Ion a pucesstuter la présence de la tumeur; tantôt, comme dans l'ecchymose^ dl< subit diverses transformations : ainsi, rouge brun au début, elle noiic' peu à peu, devient violacée, et arrive plus tard au noir le plus fooot- Ces variations, que nous avons pu constater pendant la vie sur <k* masses mélaniques siégeant dans le tissu même de la peau, peuveflt^ retrouver encore après la mort, en plaçant sur un linge, du papîff •• tout autre coips blanc, une très petite quantité de* matière mélanif ' c'est ainsi que nous avons pu trouver tous les intermédiaires eotivl* couleur rouge claire du sang et celle de l'encre de Chine.
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Leur densité présente de grandes différences suivant les tumeurs que Ton examine : les unes, ayant la cohésion de la rate, donnent au toucher une sensation analogue; les autres, contenant une matière à peu près liquide, sont élastiques et facilement dépressibles. Ces variations, sensibles au doigt, deviennent encore plus évidentes quand on incise ces masses dans leur partie moyenne : pour les premières, la coupe est lisse, unie, résistante; et la tumeur conserve sa forme; pour les deuxièmes, au contraire, la surface de section laisse échapper une matière noire semi-liquide, qui a plus ou moins de tendance à s'écouler. Ces différences avaient porté Laennec à admettre, comnie pour le cancer, deux degrés variables suivant l'Age delà tumeur: il reconnaissait une première époque, ûc crudité, et une deuxième, de ramollissement ; celui-ci se faisait du centre à la circonférence, et la mélanose, d'après lui, se transformait partiellement d'abord, puis en totalité, en une sorte de pulpe ou de bouillie noirâtre. M. Andral paraît plus porté à croire que le ramollissement de la mélanose dépend tout simplement, dans certains cas, du ramollissement même dos tissus naturels ou accidentels auxquels cette production était unie ou même combinée.
Les masses mélaniques se composent de deux parties bien distinctes : l'une, placée à la périphérie, formée par du tissu cellulaire, et l'autre, qui en occupe le centre, espèce de pulpe ou de bouillie noinitre, qui constitue, à vrai dire, la mélanose. Le tissu qui forme pour ainsi dire tes limites de la tumeur paraît formé par l'entrecroisement en tous sens de fibres ordinairement peu serrées. Dans un certain nombre de cas, on constate à l'extérieur la présence d'un véritable kyste, qui avait feit admettre une variété de mélanose dite enkystée.
De la surface interne de tissu fibro-celluleux qui circonscrit la niasse néianique partent des prolongements entrecroisés, laissant entre eux des intervalles remplis par la pulpe mélanique.
Ces tissus offrent, du reste, très peu de traces d'organisation : les injections artificielles ne démontrent la présence de vaisseaux qu'à la surface seulement de la tumeur, l'intérieur n'en présentant jamais de traces. On n'y a pas non plus observé de filets nerveux.
B. Mélanose infiltrée. — On dit que la mélanose est infiltrée dans un Oïgane, quand une partie ou la totalité de cet organe présente une colofttion noire plus ou moins uniforme, la matière mélanique s'étant pour iinsi dire unie molécule à molécule avec le tissu, dans la trame duquel die se rencontre.
Cette variété est beaucoup plus rare que la précédente, sans laquelle die ne parait pas exister. Chez les individus qui offrent beaucoup de masses mélaniques, on ne voit habituellement qu'un très petit nombre d'organes présenter des traces de cette infiltration de matière
DAIVA
4M xfiLÀHOfiK.
Sur un cheval blanc. MM. Trousseau et Leblanc onl trouve le cellulaire sous-ptrilonéal, dans l'élendup de deux pieds carrés au moiai, d'une teinte bistre, uniforme, tout à fait seinbliilile Ii celle du muqueux de la peau d'un mulâtre. Ces auteurs ont encore eu de Du breuses occasions d'observer cette infiltration dans les tnuscln.
Le tissu osseux est un de ceux qui présentent le plus fréqueoiiDi c^tle infiltratiun, La plupart des os du inaladc mort dans notre aen-toa otTraienlen quelques points cette altération de couleur ;inaiâ la ilensiléi la cohésion et les autres propriétés du tissu ne ptiraissaient point chai gées : on a noté la friabilité des os dans ces circonstances.
Est-ce à l'infiltration de la matière mélanique qu'il faut attribuer coloration noire qui complique certains produits accidentels, ou ques dégénérescences de tis3us,comme les tubercules, les cADcers, Ne doit-on pas les rapporter quelquefois k une phlegniasie ou à la présence du sang dans les mailles de leur tissu
C. MélnnoK déposée mm forme de cimckt mlide à la ntrfc branet. — C'est surtout dans le péritoine que l'on a ol variété : celle-ci, mieux observée, devra probablement rentrer précédente ; car, d'après la remarque de M. Andral, ce ne sont fausses membranes colorées en noir ou infiltrées de méUnose.
D. Mélajmseà Vctat liquide. — Les anatomo-pathologislcs rapportai à cette quatrième et dernière forme les matières d'un noir plus 4g moins foncé rendues par le vomissement dans certaines aff«ctioiit ih l'estomac, celles que l'on rencontre dans le péritoine k la suite de obtaioes phlcgmasies chroniques de cette séreuse.
Après avoir indiqué les rapports de In mélanose avec les ot^iiiB environnants e( les tissus où elle se trouve, nous ilevons l'étudier ÎMlément, c'est-à-dire exposer ses propriétés physiques et chimiqurS' — C'est une matière homogène, dont nous avons déjà noté la coûistuce et la couleur. Elle est à peu près inodore et insipide iBreschet), ofupt, miscible à l'eau, insoluble dans l'alcool et l'éthcr. La penu ri I* linge taches par cette substance perdent cette coloration par le ixap-
Au microscope on trouve la mélanose constituée pardesgmnul»** des globulins. Les granules sont de petits corps qui onl l/^tlO* àl/jW de millimètre. Les globuhns sont plus volumineux, ils alteigneal jv^ qu'à I/20U' de millimétré; ils se déposent dans l'intenalte desél^oM'i anatomiques normaux, pénètrent dans lescellules dont le noyau eslp!» ou moins masqué par ces granulations; ces petits corps sont en ooal<* d'autant plus grand que la matière était plus noire. M. liruby l'a tr«n^ constituée par des vaisseaux à parois si minces, que, suivant lui. ^ doivent se rompre chaque fois qu'une injection est poussée dusl^ intérieur ; entre ces vaisseaux se trouverait un très grand nombic ^ cellules contenant un petit noyau central de matière mélanique.
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l'examen comparatif des diverses analyses qui ont été faites par les chimistes démontre que la matière mélanique contient tous les éléments naturels du sang : ainsi on y trouve de l'albumine, de la fibrine^ des sels alcalins^ de potasse et de soude, du fer, etc.
Il n^est pas facile de donner une idée de la nature et de l'origine de la nnélanose. Les uns, en eifet, avec Noack, MM. Trousseau et Leblanc, la regardent comme une déviation du pigment ; d'autres auteurs, tels que BABI. Breschet et Andral, comme une altération particulière du sang.
Stmptomatologie. — La mélanose ne présente pas, suivant M. Cazena\e, de symptômes qui lui soient particuliers. Nous allons néanmoins essayer d'indiquer les principaux phénomènes présentés par les malades dont on a publié les observations. La peau offre ordinairement des taches noirfttres^ de forme et de grandeur variables, et qui ont plus ou moins de ressemblance avec de véritables ecchymoses. Dans les points correspondants à ces dernières, ou dans des parties plus ou moins éloignées, on trouve presque toujours, soit dans l'épaisseur même de la peau, soit dans le tissu cellulaire sous-cutané, de petites tumeurs dures, peu élastiques, de couleur noirâtre, pouvant être indolentes, ou devenir le siège de douleurs faibles qui n'ont point de caractère particulier. Aussi, le plus souvent, le hasard seul fait-il découvrir au malade ou au médecin la présence de ces corps mobiles dans le tissu souscutané, la douleur ou la coloratvpn de la peau ne forçant que très rarement l'un ou l'autre à y porter leur attention. La tumeur reste plus ou moins longtemps stationnaire. Puis il peut arriver deux choses : ou bien ses dimensions augmentent insensiblement jusqu'à la mort, ou bien elle s'excorie. L'ulcération qui en résulte est le plus souvent le produit de frottements continuels : aussi ne les observe-t-on généralement que dans les parties qui y sont les plus exposées. 11 n'existe dans h science que deux ou trois cas où l'ulcération paraît devoir être attritniée à une désorganisation spontanée, et non point au frottement continuel de quelque corps sur la tumeur. Quoi qu'il en soit, dans ces cas, h surface utcérée verse continuellement un liquide noir, à peu près inodore, qui offre beaucoup d'analogie avec la matière mélanique.
Comme symptômes généraux, nous noterons la prostration générale <les forces, la diminution de la sensibilité, une sorte d'apathie qui rend fe malade indifférent à tout ce qui se passe autour de lui. Les autres symptômes que l'on peut observer, tenant aux troubles fonctionnels <fes différents appareils affectés de mélanose, n'appartiennent point en propre à cette dernière.
L'œil est un des premiers organes dont les fonctions s'altèrent, et la nuttche de la maladie y paraît plus rapide qu'ailleurs ; elle y débute souvent par la choroïde, refoule la rétine et offre les signes de Tamau- 'wetplus tard la sclérotique s'amincit, l'affection se communique
XftLATOH. — PATH. CHIR., T. 1. .'{2
Mi MÉLAMOSI.
W ti^su Cellulaire ambiant, et Ton voit bientôt survenir un etortri
La durée de cette affection est d'autant plus difficile à préciser» < Ton ne peut savoir à quelle époque elle a débuté, quel est le tissu en a été primitivement le siège; on ignore également si c*est dans muscles, dans le foie ou ailleurs que la matière mélanique s'est d'ab déposée. La mélanose parait se terminer toujours par la mort au li de deux ou trois ans : aussi le pronostic en est-il fort grave.
Diagnostic. — La plupart des auteurs, Laennec et Alibert m autres, n'ont point parlé du diagnostic différentiel ; cela devait é puisqu'ils réunissaient sous une seule et même dénomination la m nofe et le cancer mélané. Malgré les rapports qui peuvent rapproc ces deux maladies, leurs différences sont assez nombreuses pour fiiire deux affections distinctes. Comme caractères cx>inmuns, il i noter la coloration noire du produit morbide, et l'impossibilité d'am les progrès de la maladie. Dans le cancer mélané, la maladie cous dans une désorganisation de tissu s'étendant de proche en proche i parties voisines, qu'il envahit à l'instar des autres formes du caoci les ganglions lymphatiques correspondants sont aussi affectés; tiai que la mélanose parait constituée par un produit de nouvelle forroali qui se rencontre dans des tissus pour ainsi dire inacce^siblei i cancer. Si dans la mélanose on rencontre quelquefois des ulcèratioi celles-ci sont le plus souvent dues au frottenient, travail pathologif bien différent de l'ulcération cancéreuse. Ainsi pensons-nous qm mélanose est une affection sui generis.
TaAiTEMENT. — Nous dcvous avouer que nous ne connaissons p de moyen capable de guérir la mélanose ou d'en arrêter seulemeat I progrès. L'extirpation elle-même, qui peut jusqu'à un certain point! tanlerla terminaison funeste des maladies cancéreuses, ne peut doai ici aucun espoir de cette nature, puisque la mélanose existe en méf temps dans toute l'économie, et que l'ablation d'une masse méltfM| •uperficielle n'entravera point le développement de celles qui s«liO vent dans les viscères. On ne doit rec<iurir à l'instrument tranchaatf si la tumeur est superficielle, et qu'en même temps elle amène trep* gêne dans les fonctions des organes voisins. C'est dans ces cas qutti chirurgiens ont pu extirper celles qui se trouvaient dans l'orbile.
Disons enfin que M. Cizenave prétend avoir constaté sur un WÙM que l'usage des bains faisiit di ninuer les tumeurs appréciables M ti eher (DiaionMoire de médeciney t. XIX, art. MÉLAHosy).
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