VERRUES
-es verrues sont de petites excroissances qui se forment dans l'épais-
r de la peau et viennent faire saillie à sa surface.
I^ ^icrdlâ^nces peuvent se montrer sur toutes tes |)à]Hié^ dil corps.
inâiiiu H lu plante des pieds; mais elles siègent Us fact*, et surtout sur lu i«^ion dorsale de la niahi. Rarement solitaires; on en rencontre ordinairement plusieurs ches individu, el, dansée rus, presque toujours elles ocrup^*!)! région, ou elles peuvent se montrer en très grand nombre. Elles «*< vi^nt au-dessus des téguments à une hauteur «jui %arie de 1 k H on millimètres; leur largeur est en général un peu plus considérable semblent s'étaler, et lorsqu'elles sont très multiplit-es, elles peuveol réunir par leur base et donner naissance à de véritables plaque*.
On rencontre quelquefois chez des femmes encein1es,surlafac«int«M des cuisses, sur les orçanes génitaux externes, des tubercule» confluen* très nombreux, pouvant otfrir le volume d'un grain de cbéni-vis; iUmoI durs, recouverts d'un épidcrme qui, à cause de la fmesse de la peau, n'eri jamais rugueux. » Ces petites tumeurs, dit Usfranc il), ressemblent! des verrues, si toutefois elles ne constituent pas cett« maladie ; j'ii n des médecins croire qu'elles étaient syphilitiques, Lorsqu'elles M nd développées pendant la grossesse, il est excessivement rare qu'elltt ot disparaissent pus aprt-s l'accouchement. IVs tumeurs anulogaei,tiiiil plus molles, so montrent quelquefois au cou pendant la gestation.
La forme et la structure des verrues permettent d'en distinguer dcu variétés : les unes, plus ou moins arrondies, blanches, molles, «wtMt pédiculées, chagrinées à leur surface, et présentant onlinairemeol u aspect grenu, analogue h i^elui d'une mftre, constituent le* twna proprement dilcs;les autres, aplaties, d'une couleur grisâtre, dun*" toucher, unies ii leur surface, ont été désignées plus parlicuUèrriWit sous le nom de poirfimx. La structure de ces deux espt-ce* d'euxoBsances est très dilTêrente. Les verrues sont constituées à l'extérieur p* une enveloppe continue à la peau, dont elle semble ne pas iUSh^i mais qui n'est sensible qu'à la base de la tumeur, el k rinlérieor|« un tissu mou et dépressible dans lequel rampent de petits vaissettiLt* poireaux sont composés de filaments d'uppiirvncc fibreuse, plu* oo oo"' nombreux, et disposés en pinceau assez semblable ik la racine chn™" de la plante dont ces excroissances portent le nom.
Le» verrues ne sont pas contagieuses; elles ne sont poiol.engéwwt accompagnées dp douleur, et n'entraînent par elIes-mSmes aucuD*»" dent. Souvent elles disparaissent spontanément ; mais cette lerawnW'' est un phénomène qui appartient exclusivement aux poireaux. Le»***" rues une fois développées demeurent indéfiniment stationnairrt;*"' seul inconvénient alors est de causer une légère difformité lorsqa*«Il* occupent une partie apparente.
(1) LkfhiiK, Pnxa et mrdKint opéroMn. t. III, |>. 1H1, in-S. Pmû. l»»"-
vEBniîEs. :,09
Lorsque les verrues se développent » la plante du pied, elles gèiienl pour la marche et causent parfois une douleur ti^s vive.
On a employé, pour faire disparaître ces excroissances, le sue d'un gnnd nombre de plantes : celui de la grande chélidoine, du tjthjniale, et lie quelques autres euphorhiacées, a été parliculièrement préconisé ; mais ces sucs ont été mis en usage surtout contre les poireaux, dont la guérison spontanée est fréquente, et la coïncidence de leur emploi avec la ehule naturelle de ces petites tumeurs a sans doute beaucoup contrihuéà les mettre en crédit. Les seuls moyens dont j'eflicacit^t soit inconleatable sont : la cautérisation, la ligature et l'excision. Pour pratiquer la destruction des verrues à l'aide des caustiques, on applique sur la partie des téguments qui les supportent un corps gras, alin du la protéger, et l'on louche ensuite l'excroissance avec une très petite quantité d'junde azotique, ou l'azotate acide de mercure. A la suite de cotte cautérisation, la tumeur convertie en détritus disparaît, et laisse une petite plaie qui ne tarde pas à se cicatriser. Ln ligature n'est applicable qft'aux verrues pédiculées ; elle a l'inconvénient de produire des douleurs souvent tn'-s vives : c'est pourquoi nous pensons qu'on devra lui préférer le troisième moyen dont il nous reste à parler, Vexcmon, qu'on pratique à l'aide de ciseaux courbes. Après la section, on louche la surface de la verrue avec un crayon d'azotate d'argent; nu bout de deux jours, on enlève l'eschare avec la lame d'un bisloun et l'on renouvelle <lfîux ou trois fois la cautérisation, car it n'est pas rare de voir l'excrois- ^iicedonlon n'a détruit que la superficie se développer sous la surface (-■aulérisée et se montrer telle qu'elle était avant l'opération.
Nous avons dit que tes verrues développées à la plante du pied étaient quelquefois très douloureuses et toujours très gênantes. Il faut donc les faire disparaître, ou du moins employer un moyen qui prévienne la douleur que détermine la pression. Dans ce dernier cas, on place dans 1* Millier une semelle de buffle ou de feutre, et l'on pratique un trou dans le point qui correspond à la verrue : ce moyen suffit pour prévenir toute espèce d'accident. Pour détruire les verrues de la plante du pied, liifranc conseille le nmyen suivant. On fait plonger pendant une ■k^mi-heure la partie malade dans une forte dissolution de savon noir, imisavec un bistouri convexe on enlève toute la surface de l'excrois- Mnce. On recommence cette immersion et cette petite opération le
k lendemain et les jours suivants, il est rare qu'au bout de quinze jours win'aitpas réussi a faire disparaître la verrue.
5i() AFrECTlONS DE LA PEAU.
ARTICLE V
PRODUCTIONS GORNiES.
Il se développe quelquefois à la surface de la peau et des membtuif muqueuses des excroissances analogues par leur s'nicture aui eoroai ou aux ongles, et que Ton désigne sous le nom de produHimu «amfet. D ne sera question dans ce paragraphe que de celles qui sont UnpUolMi sur la peau.
Les annales de la science possèdentbeaucoupd'observatiooirelatins à* ce sujet. Dans les unes on voit un nombre considérable de ces pra^iiitions cornées développées sur presque toute la suriaoe du Mf$: Ingrassias, Fabrice de l}i|den^ Saio( (jMrge Ash, nous en rappoflcil des exemples. D'autres fois on ne trou¥9 qu'une ou deux de ces pioluptions. Dans ce dernier cas, on les a vues souvent acquérir un voIom considérable. Dumonceau en a pbservé deux faits : dans Tuo, cette excroissance avait neuf pouces de longueur sur trois de largeur à nBue; dans Tautre, elle avait la mén)e grosseur, mais sa longueur était de onze pouces.
Suivant Breschet, lorsqu'elles n'ont encore qu'un petit volume, elles sont enveloppées par une pellicule membraneuse mince; plus tard, cette membrane n'embrasse que la base de la végétation. Elle oe s'ea* fonce pas en profondeur au delà du derme.*
Ces productions cornées s'observent plus souvent sur les femroefqv sur les hommes : elles sont également plus fréquentes dans la vieille^e que dans la jeunesse, cependant de très jeunesenfants en ont quelquefois présenté. Le sujet observé par Saint-George Ash, et dont preifie tout le corps présentait de ces excroissances, n'avait que treôe liit ceux dont Ingrassias et Fabrice de Hilden nous ont consené niir toire étaient des jeunes filles.
La tête en est le siège le plus ordinaire ; on en a encore observé as^ souvent sur les cuisses ; le dos, la poitrine, les bras, les mains , les pied^* en ont oifert quelques exemples. M. Rigul en a rencontré une à U partie inférieure de la région roccygienne. Nous en avons opéré lae qui était iqiplantée sur le bord libre de la paupière supérieure. SoîîaDt Hreschet, les points qui leur donneraient le plus souvent uamMt seraient ceux ou les membranes muqueuses se confondent avec ^ tégument externe. Quelques-unes se sont montrt^es à la surface d'une plaie.
Ces productions cornées, lorsqu'elles sont abandonnées à eUes-mèmes, prennent un accroissement continuel, mais extrêmement lent; elles m
HTPERTBOPHIE OU T18SU CBLLULAIRB. — LIPOM£. 511
itenninent d'autres douleurs que celles qui dépendent du tiraillement }^ téguments au niveau de leur point d'implantation; on conçoit )pepdant que lorsqu'elles sont très nombreuses, elles doivent apporter R§gêne considérable, dépendant de la pression qu'elles exercent sur ^ parties molles voisines. La jeune fille observée par Fabrice de Hiiden € pouvait se tenir debout^ s'asseoir^ ni se coucher sur le dos.
La peau qui sert dé point d'implantation à la tumeur s'enflamme UflquefoiSy elle s'ulcère, la tumeur se détache en partie ou en totalité^ (ordinairement alors elle se reproduit de nouveau. D'autres fois l'uL \^ qui succède à la chute de la production cornée prend les carac- ^r^s d'un ulcère cancéreux.
Vfrner le point d'implantation à l'aide de deux incisions courbes^ de moière à enlever la production cornée avec la portion des téguments ir laquelle elle repose^ tel est le seul traitement qui soit applicable. ! faut savoir cependant que l'on a vu quelquefois la plaie qui résul- Ut de cette opération se convertir en un ulcère cancéreux^ ainsi que 4 observé Boyer^ qui fut obligé de pratiquer une seconde opération Utennent suivie de récidive.
CtjmTRE II.
AFFECTIONS DU TISSU C&^ASl'l^l»M.
ARTICLE PREMIER
HYPERTROPHIE OU TISSU CELLIII.iiaE. — UPOMK.
JL^ lipome est une tumeur graisseuse résultait de l'hypertrophie plus d^PÎOS circonscrite du système celluloadipeux. ^MATOUi]^ ^^THOLQGiouE. — Siège. — La plante des pieds et la paume des i9Îa$ p^rai^s^nt être les seules régions sur lesquelles on n'ait jamais iMaryé 4^ lipome ; encore lit-on dans les mémoires de Pellelan l'obser- \Hon d'Mne tumeur de cette nature située sur la surface interne du ^fçp, qfù ismpiétait un peu sur l'émineoce thénar. M. Robert en a l)$ervé un à la face palmaire de la main; M. Follin en a vu un sur le ngt médius^ il adhérait à lu g^^e d^s tendops fléchisseurs qu'il fallut lytif fiOQf faire Textirpatipu. Les régions abondamment pourvyes de isjii Q^UM^aire^ telles que le aou, la surfaei» du thorax^ les épaidaft^ le
512 AFFECnOllS DU TISSU CELLULUBI.
dos, en sont le siège le plus ordinaire; la plupart des lipomet m loppent dans le tissu cellulaire sous-cutané, cependant on les reaeoBti^ quelquefois au-dessous des muscles. On en a vu de recouverts par It muscle trapèze, par le muscle deltoïde. Liston en a wx un qui se pit>. longeait dans les régions profondes du cou, du côté de la trachée çl dp rœsopbage. Dolpech a vu une tumeur graisseuse se développer dans l'épaisseur des grandes lèvres, et Pelletan dans ^épaisseur même de la cloison recto-vaginale. Les deux faits cités par ce dernier auteur umi remarquables par la procidence des tumeurs lipomateuses à travers les grandes lèvres, procidence qui imitait en partie celle d'un polype utérin. Liston parle d'un lipome du nez; les lipomes développés du» les cavités splanclmiques et dans le tissu cellulaire sous-péritonétl oe sont pas très rares ; nous en avons constaté un dans l'épaisseur de Tos maxillain^ supérieur. M. Jobcrt (de Lamballe) a extrait une tumeur semblable de Tos maxillaire inférieur d'un jeune homme de quinze an».
JSombre, — Le lipome se montre ordinairement sur un seul point; Iff circonstances où il a été permis d'en compter plusieurs sur le mène individu ne sont pas cependant tri's rares. Marjolin a vu à l'bospicede la Salpêtrière une femme chez laquelle la face, le cou, le tronc, les bras et les cuisses étaient couverts de plus de cent lipomes pédicules. Alibert a fait graver, dans sa Nosologie naturelle, le portrait en pied d'oi homme dont le corps en était tout couvert. M. H. Marjolin a >iiàl1idpital Saint-Antoine une femme qui portait sur le tronc, les cui8ses,lei avant-bras, une trentaine de petits lipomes. Il n'est pas très rare de voir, dans les cas de lipomes multiples, la disposition symétrique d» tumeurs sur les deux côtés du corps.
Forme. — Ces tumeurs sont, en général, demi-sphériques, maiselks sont assez souvent pyriformes, tantl^t conoïdes, cylindroides, o^laires,etc. ; la seule différence qu'elles nous présentent souscepointde vue est l'existence ou l'absence d'un pédicule, car le danger qui k* accompagne est proportionné moins à leur volume qu'à l'étendue de h surface par laquelle elles s'insèrent à la surface du corps.
Volume. — Leurs dimensions varient jusqu'à l'infini : les plus petites présentent le volume d'une noisette ; mais elles peuvent atteindre M m^me dépasser beaucoup le volume de la tête d'un adulte. Pelleiao i opéré avec succès une jeune femme qui portait à la base de la poitrioe un lipome dont le pt'îdicule présentait un diamètre de i!li3 ceotim^ très. Chopart a vu à Paris un indigent qui portait sur le dos une tameor de cette nature si monstrueuse, qu'il était obligé de la retenir pir us lien.
Poids. — Malgré la légèreté spécifique du tissu adipeux, les lipomeS) lorsqu'ils deviennent volumineux, constituent pour les malades de véritables fardeaux ; il est fréquent d'en rencontrer dont le poids s'élève
HYPERTROPHIE Dl' TISSU CELLULAIRE. — UPOlfE. 513
à 3 OU & kilogrammes : nous avons assisté à l'extirpation d'une de ces tumeurs qui avait son siège à la partie latérale gauche du thorax^ et dont la masse fut évaluée à près de 6 kilogrammes; deux autres^ enlevées, Tune par Pelletan, et l'autre par J. L. Petit, pesaient, la première il, et la seconde 22 kilogrammes ; Rhodius en aurait même vu une du poids énorme de 30 kilogrammes.
Structure. — Deux éléments composant ces tumeurs, l'un celluleux, l'autre adipeux; le premier manque quelquefois, de sorte que le lipome 8e continue sans ligne de démarcation avec les tissus voisins, mais le 3lu5 souvent la tumeur se trouve enveloppée par une lame celluleuse [ui devient assez consistante pour prendre Tapparence fibreuse. Cette «veloppe n'est pour ainsi dire qu'une grande cellule, continue par sa ace externe avec un tissu cellulaire filamenteux qui l'unit lâchement ux parties voisines, et projetant de sa face interne une foule de lames [ui traversent la masse adipeuse dans tous les sens, la divisent et la subivisent en masses plus petites; ces cloisons s'entrecroisent de manière
constituer des cellules incomplètes, qui logent tous ces lobes et )bules; on voit quelquefois ces lamelles très nombreuses et très résisintes : on a fait de cette variété une espèce particulière désignée sous 5 nom de tumeur fibro-graisseuse. Quand le lipome est sous-cutané, sa apsule est ordinairement plus adhérente à la peau au niveau de ces toisons. Ce tissu offre donc dans le lipome la même disposition que ans toutes les masses graisseuses ; il n'en diffère un peu que par la lajr- «ur de ses mailles, l'amplitude de ses alvéoles, qui semblent s'être ilatés, et dont les parois sont plus épaisses et plus résistantes. L'élément dipeux offre tous les caractères qui le constituent à l'état normal: I. Vemeuil a constaté que les vésicules adipeuses de ces tumeurs taient plus volumineuses que les vésicules de la graisse normale ; les uteurs s'accordent à le considérer comme un peu plus consistant; fiais on sait combien cette Consistance varie dans les diverses régions, •es vaisseaux qui alimentent le lipome se ramifient dans la capsule avant e pénétrer dans la masse graisseuse.
Symptomatologie. — Le lipome est une affection constamment indo- &nte, par conséquent il ne fixe Tattcntion du malade qu'à une époque >lus ou moins tardive, et lorsque, par ses dimensions progressivement 'ccnies, il est devenu bien manifeste. La peau qui recouvre la tumeur %t sans aucune altération, aussi unie et aussi régulièrement étalée lue celle qui recouvre le sein. Si on la saisit en masse, on parvient tacitement à la détacher des parties profondes, ou à lui imprinfier de légers déplacements, qui prouvent qu'elle n'adhère pas plus aux parties qui la supportent qu aux téguments qui la recouvrent. Les lipomes sont souples au toucher, sans être ni rénitents ni pâteux; U)us ce point de vue encore, nous ne saurions mieux les comparer