‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876 (volume 4)Chapitre 87 sur 135 · HYPERTROPHIE DU TISSU CELLULAIRE. — LIPOME · texte numérisé non relu

HYPERTROPHIE DU TISSU CELLULAIRE. — LIPOME

doivent être considérées comme des productions primitivement et exclusivement cancéreuses. Il faudra donc désormais proscrire le mot «/<?«tome comme vide de sens. De ces considérations^ nous sommes loin de vouloir conclure que le lipome ne peut jamais dégénérer en cancer; les dégénérescences encéphaloïdes qui affectent le tissu cellulaire souseutané peuvent se montrer sur toutes les régions du corps; pourquoi ne se montreraient-elles pas aussi dans le lipome^ qui n'est rien autre chose que ce même tissu hypertrophié? Mais alors ce ne sera plus une maladie qui succédera à une autre, comme un effet succède à la cause ; ce sera une affection siii generis qui viendra se joindre à une affection également spéciale : ces deux maladies se superposeront pour ainsi dire, se compliqueront mutuellement. Leur réunion est donc possible^ mais est-elle réelle? Existe-t-il dans la science des faits qui la démontienl d'une manière incontestable? Plusieurs observations disséminées dans les auteurs tendent à le faire croire; mais dans aucune, les détails relatifs à Tanatomie pathologique ne sont donnés avec assez de précision pour nous permettre de résoudre cette question d'une manière complètement satisfaisante. Nous pensons que la plupart de ces lipomes f]ue l'on dit être dégénérés n'étaient primitivement que des cancers que l^n n'avait pas reconnus.

ÉnoLOGiE. — L'étiologie de ces tumeurs présente la plus grande fibseurité : presque tous les malades parlent de coups, de chutes, de contusions. Assurément, la valeur de toutes ces violences, comme causes déterminantes des lipomes, est très problématique; cependant, en considérant r i* que les grandes masses adipeuses qui ont été observées se sont presque constamment montrées à la surface du corps; T que les individus sur lesquels les lipomes se développent sont ordinairement doués delà santé la plus heureuse; .V que ces tumeurs appartiennent qiéeialement à l'âge adulte; k"* qu'elles sont pendant toute leur durée essentiellement locales, nous ne sommes pas éloigné de leur accorder quelque influence.

DiAONOSTic. — Lorsque tous les signes que nous avons exposés sont réunis et bien tranchés, ils suffisent en général pour faire reconnaître l'existence d'un lipome ; mais la plupart d'entre eux appartiennent à d'autres tumeurs, et s'ils cessent d'être bien caractérisés, le chirurgien teste dans le doute ; ou s'il se prononce, il s'expose à commettre une erreur. Nous avons vu à l'hôpital Cochin une tumeur du volume du poing, située à la partie latérale du thorax d'un homme adulte, quiprésenlait tous les signes que nous avons reconnus au lipome, et n'en offrait aucun autre bien manifeste ; nous crûmes à un lipome. A l'autopsie (cet homme avait succombé à une phthisie aiguë), nous trouvâmes une très belle tumeur érectile. Une jeune fille se présenta à la consultation de Dupuytren, portant au grand angle de l'œil une petite tumeur qui

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