INFLAMMATION DU CONDUIT AUDITIF EXTERNE
seulement qu'après les brûlures au troisième et au quatrième degré, il peut se faire un retrait du cartilage, d'où résulte un rétrécissement ou une oblitération plus ou moins complète du conduit et, par suite, une grande gêne dans l'audition.
Pour éviter cette complication, il faut recourir à l'introduction souvent répétée de mèches et de sondes.
2® InfUnnmatîon. — Otîte ezlerne.
Contrairement aux auteurs qui confondaient autrefois, dans une même description, sous le nom d'otites^ les inflammations du conduit auditif externe^ de la membrane et de la caisse du tympan, nous décrirons plus tard l'inflammation de la membrane du tympan ou myringite^ celle de l'oreille moyenne ou otite moyenne et celle de l'oreille interne ou otite interne, et nous ne nous occuperons, dans cet article, que de l'inflammation du conduit auditif à laquelle nous donnerons le nom à'otite externe.
Les inflammations du conduit auditif sont, de la part des auteurs, l'objet d'un grand nombre de divisions ; ils distinguent l'otite externe CQlarrhale et purulente^ l'otite traumatique, rhumatismale, dartreuse, bienwnrhagique, etc. Chacune de ces espèces ne mérite pas, suivant nous, une description spéciale, et, à l'exemple des auteurs du Compendium de diirurgie, nous n'admettrons que les inflammations aiguë et cArofiijue, et nous dirons, en terminant, quelques mots de Y inflammation fttmwulaire.
Inflammation aiguë. — Elle s'observe à tous les âges mais surtout chez les enfants. Ses causes les plus fréquentes sont le traumatisme, particulièrement Tintroduction trop souvent répétée d'instruments explorateurs, le séjour de corps étrangers, le froid, l'humidité et l'évolution dentaire chez les enfants. On l'observe aussi dans le cours de Té^sipèle, de la [fièvre typhoïde ou des fièvres éruptives. Itard, Triqaet et plusieurs autres prétendent l'avoir rencontrée dans le cours de la blennorrhagie, d'où le nom d'otite blennorrhagique donné par ces auteurs à cette variété. Enfin elle peut survenir spontanément et sans cause connue; elle occupe alors les deux oreilles.
L'otite externe aiguô «st caractérisée, au début, par la rougeur et le gonflement des tissus tapissant le conduit auditif, qui, par suite, se trouve rétréci, ou même oblitéré, par une sensation de chaleur, une démangeaison et des picotements dans l'oreille. Un peu plus tard les douleurs deviennent vives, lancinantes, s'exagèrent au moindre attouchement, gênent ou empêchent la mastication et, dans certains cas, deviennent assez violentes pour rendre tout repos impossible, le moin-
60 AFFECTIONS DE L'APPAREn DE l'OUÏE.
dre bruit très-pénible et pour déterminer un mouvement fébrile plus ou moins accentué. Ces douleurs présentent des redoublements surtout pendant la nuit. D'abord localisées au conduit auditif et au pavillon, elles s'irradient bientôt vers les régions temporale^ parotidienne, cervicale et sont plus marquées au niveau de Tarticulation temporomaxillaire. Les malades éprouvent en même temps des bourdonne* ments d'oreilles ou un trouble de l'audition.
Quelquefois ces phénomènes, après avoir été en augmentant pendant les premiers jours, demeurent stationnaires, s'amendent peu à peu^ et, après une huitaine de ijours, la fièvre tombe et les douleurs finissent par disparaître.
Cette terminaison par résolution est rare; le plus souvent la suppuration apparaît. Celle-ci varie dans sa marche et sa quantité : dans certains cas peu abondante et donnant lieu à un léger écoulement de liquide, lequel se concrète à la surface du conduit en se mêlant aux lamelles épidermiques blanchâtres qui tapissent ses parois, d'autres fois, elle fournit au contraire un écoulement abondant de liquide séro^purulent.
La plupart du temps l'inflammation et l'otorrhée qui l'accompagne restent limitées au conduit auditif externe; mais, par suite du manque de soins, cette inflammation peut se propager aux parties profondes, à la membrane et à la caisse du tympan et l'otite externe se compliquer d'otite moyenne.
Si l'on a recours à un traitement approprié, on voit généralement tous ces phénomènes disparaître après deux ou trois septénaires; dans le cas contraire, les accidents persistent et l'otite passe à l'état chronique.
Traitement. — Le traitement consiste dans Tadministratiou, au début, de quelques purgatifs et^ un peu plus tard, de narcotiques à l'intérieur pour provoquer le sommeil et calmer les douleurs.
Localement on emploie les antiphlogistiques^ les injections de liquides émollîents ou mieux d'eau tiède répétées deux ou trois fois par jour; dans l'intervalle, on applique des cataplasmes et^ si les douleurs sont trop vives^ on a recours à. des injections hypodermiques de chlorhydrate de morphine.
Inflammation chronique. — L'inflammation chronique du conduit auditif, otite externe chronique^ succède le plus souvent à lotite aiguô. Toutefois elle peut apparaître d'emblée dans le cours d'une affection diathésique, telle que l'herpétisme, la scrofule et la syphilis. Elle est surtout fréquente chez les enfants; on la rencontre aussi chez les femmes à l'époque de la ménopause.
Les symptômes varient suivant que la suppuration fait défaut ou l'accompagne.