INFLAMMATION PU CONDUIT AUDITIF EXTERNE. U
Dans le premier cas, il se fait tout au plus un suintement séreux; mais la peau du conduit est épaissie et parsemée^ dans les parties profondes, de lamelles épidermiques, de cérumen et de sécrétions purulentes mélangés ensemble; le derme est ulcéré par places; la membrane du tympan présente souvent les mêmes altérations sur sa face externe. Le rétrécissement du conduit qui résulte de ces lésions dé* termine un certain degré de surdité. Les malades se plaignent d'une sensation de plénitude et de démangeaisons dans Toreille.
Dans l'autre cas^ une otorrhée persistante est le caractère principal de la maladie; le liquide qui s'écoule est alternativement séreux, muqneux, séro-purulent ou franchement purulent, parfois très-abondant, toujours plus ou moins fétide. Dans cette forme, Tcxamen du conduit auditif révèle une légère tuméfaction des parois, la présence d'une couche purulente et de croûtes jaunâtres au dessous desquelles le derme ramolli est ulcéré, et la vascularisation des parties profondes du conduit ainsi que de la surface externe du tympan.
L'otite externe chronique est une aifection très-tenace, dont la marche est irrégulière; tantôt les phénomènes s'amendent et semblent devoir disparaître, tantôt ils reparaissent avec plus d'intensité. Ces alternatives doivent être attribuées à diverses influences, particulièrement à l'action du froid et de l'humidité. Cette maladie dure des années ; parfois chez les enfants scrofuleux on la voit disparaître spon- Unéoient à T&ge de la puberté.
Le pronpstic est grave si la maladie est abandonnée à elle-même et si, dès le début, on n'a recours à un traitement approprié. Dans la forme purulente, si le malade n'a pas soin de laver son oreille, le pus s'accumule au fond du conduit, s'y altère et entraine la perfoj'atioDdu tympan et la propagation de la maladie à l'oreille moyenne; OQ observe alors les accidents de l'otite moyenne. La persistance de ces otorrhées peut donner naissance à d'autres complications, telles qoe la production de polypes avec leurs conséquences. L'ostéo-périostite ducon duit se manifeste parfois aussi dans le cours d'une olile chronique et l'on doit craindre alors de graves complications du côté du cerveau. Enfin l'otite externe chronique est presque toujours suivie d'un rétrécissement du conduit, d'altérations de la membrane du tympan, d'où résulte dans l'audition une certaine gène qui persiste après la guérison.
Traitement. — Le traitement doit être général et local Pour le premier^ il faut avoir recours à l'emploi des toniques^ des amers, et administrer l'huile de foie de morue, les antisyphilitiques, l'arsenic, suivant que l'otite se rattache à une diathèse scrofuleuse, syphilitique on herpétique.
Le traitement local consiste en lavages trois ou quatre fois par jour
avec de Teau tiède^ en injections de liquides astringents, tels que des solutions de sulfate de zinc, de cuivre, d^lun, de tannin. Lorsque rinflammation parait se propager aux parties profondes, on doit pratiquer des frictions irritantes et appliquer dès le début des ventouses et des vésicaloires derrière l'oreille.
Inflammatim furonculaire, — Celte sorte d'inflammation a été désignée sous les différents noms d'inflammation furonculaire, circonscrite, d'abcès ou d'hydrosadénite. On l'observe à tout âge, fréquemment chez les femmes, à l'époque de la ménopause, chez les sujets dartreux ou chez les individus qui sont souvent atteints de furoncles dans les autres parties du corps, chez les diabétiques, par exemple.
Cette inflammation a pour point de départ les glandes de la peau, particulièrement les glandes sébacées et les follicules pileux, plus rarement les glandes sudoripares.
Elle est caractérisée, au début, par un gonflement de la peau d'abord limité à une seule paroi et par une coloration rouge sombre ; elle détermine une sensation de chaleur et de tension douloureuse; quand le gonflement augmente, on voit se former rapidement une tumeur qui obture le conduit; la douleur devient vive; la mastication et la parole sont gênées et souvent rendues impossibles. Les malades accusent des bourdonnements, des battements dans l'oreille et de la surdité par suite de roblilération du conduit.
Le diagnostic ne présente aucune difficulté; toutefois, ces furoncles pourraient être confondus avec les abcès qui siègent sur la paroi supérieure du conduit auditif osseux et qui se rattachent à une suppuration de la caisse. Le siège même de ces collections purulentes et l'existence d'une otite moyenne permettront de distinguer ces abcès des furoncles qui nous occupent.
Cette inflammation se termine par résolution, ou par suppuration. Dans ce dernier cas, la peau s'amincit, se perfore et donne issue à du pus mélangé à des détritus floconneux, blanchâtres, dont on favorise la sortie en pressant contre les parois de la tumeur ; les accidents disparaissent aussitôt que la tumeur est ouverte.
Ces furoncles ne présentent aucune gravité, mais ils sont sujets à de fréquentes récidives.
Il est bon, en pareil cas, de joindre au traitement local une médication appropriée et de prescrire des toniques, çt surtout des arsenicaux.
Le traitement local consiste dans Fapplication de cataplasmes et dans des injections émollientes. Wilde et Troltsch préconisent contre cette affection des cautérisations au nitrate d'argent, surtout au début. Pour combattre les phénomènes inflammatoires et les douleurs in* tenses, les uns vantent les émissions sanguines locales, que d*autres