‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876Chapitre 19 sur 102 · LÉSIONS TRAUMATIQU£S DE LA MEMBRANE DU TYMPAN · texte numérisé non relu

LÉSIONS TRAUMATIQU£S DE LA MEMBRANE DU TYMPAN

cherche, à moins que Ton n'y soit provoqué par les antécédents. En effet, la plupart des malades ne se plaignent que d'une douleur vive, d'une otorrhagie plus ou moins forte et d'un certain degré de surdité consécutive. Quand on examine Toreille, on ne voit qu'un caillot sanguin. Si donc on a recours à Totoscope, il faut entraîner ce caillot par le lavage, maintenir fermés le nez et la bouche, et recommander au malade une forte expiration; aussitôt l'air passe dans la trompe et produit un bruit particulier déterminé par le passage de quelques bulles d'air à travers la plaie du tympan.

La lésion constatée, il est important de savoir si elle coïncide avec une lésion des parties profondes ou des parties molles du crâne. Les antécédents, joints à d'autres signes, que nous ferons connaître en parlant des affections de Poreille moyenne, permettent de reconnaître si celle-ci est atteinte. Une fracture de la base du crâne donne lieu à des symptômes que nous avons indiqués dans le volume précédent. Il sera plus difficile de déterminer s'il y a seulement une contusion du crâne, car, lorsque celle-ci est violente, elle donne lieu à des phénomènes peu différents de ceux de la fracture (voy. t. III, p. ^50).

Les accidents qui suivent la perforation du tympan sont de courte durée. Le plus souvent il en résulte à peine un léger affaiblissement de la faculté auditive.

Le pronostic est en général sans gravité ; cependant il n'est pas rare de voir survenir une inflammation suppurative qui peut s'étendre à la caisse. Quelques auteurs attribuent l'origine de cette inflammation à l'impression du froid sur les parties profondes. Nous pensons qae la blessure seule de la membrane tympaniquc suffit pour l'expliquer. Les autres complications possibles sont la fracture du manche du marteau, l'ébranlement ou môme la rupture des osselets.

On s'est demandé si la réunion de la solution de continuité était possible; cette réunion, longtemps contestée, a été mise hors de doute par les expériences de Valsalva et par celles d'Itard.

La terminaison varie suivant que la blessure du tympan est simple 00 s'accompagne des accidents dont nous venons de parler. Dans le premier cas, la guérison s'obtient rapidement sans que le malade conserve la moindre faiblesse de l'ouïe ; dans l'autre cas, au contraire, celle-ci peut être troublée ou même perdue.

Le traitement est purement palliatif; dans la crainte de voir survenir une inflammation, on a recours à quelques émissions sanguines locales, et si Thémorrhagie qui succède à l'accident est abondante, on peut toucher avec précaution le point d'où s'échappe le sang avec un petit pinceau imbibé de perchlorure de fer. Un petit tampon d'ouate placé dans l'oreille est suffisant pour favoriser la cicatrisation.

60 AFFECTIONS DE L*APPAIl£IL DE L'OUÎE.

2° Inflammation (myrSagîte).

Les auteurs, jusqu'à une époque peu éloignée de nous, regardaient rinflammation de la membrane du tympan comme étant toujours liée à Totite externe ou à Totite moyenne; c'est pourquoi ils n'en faisaient pas l'objet d'une description spéciale. Saissy, le premier, en 1827, appela l'attention sur ce sujet, qui fut ensuite repris par Wilde et Toynbee. Ce fut Wilde qui donna à cette affection le nom de myringite.

Nous décrirons séparément, comme nous l'avons fait pour l'otite externe, la myringite aiguè et la myringite chronique,

Myringiie aiguë, — Elle peut naître primitivement sous l'influence du froid, à la suite de bains de mer ou de rivière, par exemple, ou bien être consécutive à une otite moyenne ou à une otite externe.

Dans ce dernier cas, qui est le plus fréquent, l'inflammation du ccnduit se propage sur tout le pourtour de la circonférence du tympan et finit par envahir toute la surface en suivant une marche régulière^ mmt concentrique.

Les altérations anatomiques portent sur les trois couches de la membrane. La face externe se couvre d'une injection vive, surtout sur les bords et le long du manche du marteau, de petites saillies rouge&tres, granuleuses, poiypiformes; sur le feuillet interstitiel, on observe des épanchements plastiques ou de petits abcès caractérisés par des taches blanchâtres; enfin, sur la face interne ou muqueuse, des saillies vasculaires et des rougeurs. Toute la membrane est épaissie. £n l'examinant au spéculum, on voit qu'elle a perdu son éclat habituel.

Cet état local est accompagné de bourdonnements, de battements, de bruits désignés sous les noms de bruit de cascade ou de coquillage^ d'une dureté de l'ouïe qui ne manque jamais, de vives douleurs se faisant brusquement sentir dans le fond de l'oreille et qu'exagèrent les^ efforts de toux et d'éternument, et souvent de phénomènes nerveux,, avec agitation, fièvre, délire, etc.

Il est rare que ces symptômes ne se compliquent pas, à un certain moment, de ceux de l'otite externe et de l'otite moyenne. Cette dernière se reconnaît par l'extension de la douleur à tout le côté correspondant de la tête, et particulièrement à la mâchoire supérieure, au niveau des grosses molaires.

La marche de la myringite est la même que celle de Totite externe.

Elle se termine par résolution, par suppuration ou par perforation. La résolution est rare quand la maladie est abandonnée à elle-même^ en pareil cas, les phénomènes disparaissent peu à peu, en suivant,, comme dans la période d'envahissement, une marche régulière et

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