‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876Chapitre 34 sur 102 · AFFECTIONS DE L'UHBILLE INTERNE · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DE L'UHBILLE INTERNE

OUlgie.

Les douleurs qu'on désigne sous ce nom se montrent en même ^«mps que des névralgies dentaires ou faciales, chez certains malades. Ohez d'autres, elles accompagnent les otites externe ou moyenne. ISnOn, d'autres fois, elles sont symploniatiques d'une otite interne et quelques auteurs, qui pensent à tort que cette dernière ne donne lieu à Aucune lésion anatomique, ont même voulu lui réserver spécialement le nom d'otalgie.

Quoi qu*il en soit^ ces douleurs d'oreille varient suivant le siège de l'inflammation qui leur a donné naissance, et^ pour ne parler que des maladies de Toreille interne, nous ferons observer que l'otalgie, dans ces cas, apparaît généralement tout h coup, vive^ lancinante, intermitleate, s'irradiant dans les régions voisines, et qu'elle s'accompagne de larmoiement et presque toujours de bourdonnements et de surdité. Le traitement consiste à combattre la maladie qui lui a donné naissance, mais il faut avoir soin d'y associer les calmants tels que Topium àTintérieur, les frictions locales laudanisées, des instillations émoilientes dans le conduit auditif, des injections de vapeurs éthérées par la trompe d'Eustache. Si Totalgie présente le caractère intermittent, il faut y ajouter le sulfate de quinine.

Bourdonnemeuts d'oreille.

Les bourdonnements sont des bruits divers perçus, dans un grand nombre d'alTections de l'oreille, par les malades, qui les comparent au bourdonnement d*une abeille, au roulement d'une voiture, au tintement d'une cloche, au sifflement du vent, au bruit de la mer, etc. Ces bruits sont spontanés ou provoqués, faux ou vrais (Itard). Les premiers sont de beaucoup les plus fréquents; tantôt ils surviennent sans cause appréciable^ tantôt ils se manifestent indépendamment de toute lésion de l'appareil auditif^ dans les états pathologiques accompagnés de troubles circulatoires, tels que la syncope, certaines affections du cœur,ranémie, les anévrysmes, etc. Les seconds, au contraire, sont provoqués par un bruit extérieur qui a été perçu et qui persiste par le seul fait d'une lésion existant dans l'oreille interne, ou d'une simple irritation du nerf acoustique, à la manière d'une impression anormale et de longue durée.

Quoi qu'il en soit, c'est un symptôme commun à la plupart des affections de l'oreille et qui, au point de vue du diagnostic, n'a pas une très-grande valeur, puisqu'il n'emprunte pas de caractère particulier à la maladie qu'il accompagne.

410 AFFBCTIONS DE L*Ar PAREIL D£ L^OirÎK.

Comme traitement, on ne connaît aucun moyen de combattre direo tcmont cette complication si pénible pour les malades. La distraction et l'exposition à des bruits extérieurs plus ou moins intenses, tels que la musique, le roulement des voitures, l'exercice à feu, peuvent seuls apporter quelque soulagement aux malades en atténuant ou même en fais<mt momentanément disparaître ces bourdonnements.

Verlipos.

Le vertige est un trouble dans le sens de l'équilibre.

(2e phénomène s'observe fréquemment dans les maladies de roreille. On lui donne alors le nom de vertige ab aure lœna pour le distinguer du vertige symptomatiquc des affections cérébrales, de celui qui se rattiiche aux lésions de l'estomac (vertige a siomavko lœto)^ du vertige anémique et du vertige épileptique.

Le vertige nb aure lœsa fut signalé pour la première fois par FIourcns, en 182^4, dans ses expériences sur les effets produits par la section des canaux demi-circulaires. Menière, en 4 861, l'étudiale premier sur rhomme, particulièrement dans la maladie qui porte son nom. Vulpian et Signul, en 1852, communiquèrent à la Société de biologie le résultat de leurs expériences sur la production de ce vertige cheiB les animsiux. Nous citerons enfln sur le même sujet une rcmarquabi leçon clinique de Trousseau et les travaux plus récents de Goitz Brunner, Swanzy, etc.

Los causes de ce vertige sont multiples, et nous avons vu qu'o-^ l'observe aussi bien dans les maladies de Toreille externe que dai^ celles de l'oreille moyenne et de l'oreille interne. La présence d' corps étranger, d'un bouchon cérumineux dans le conduit audil externe, une injection d'eau froide qui vient brusquement frapper membrane du tympan, répaississemeiit ou l'intlammation de cet membrane, les otites moyennes, les polypes de la caisse, en un m toute cause traumatiqne ou inflammatoire qui vient «augmenter la p sion du liqniilo intra-lahyrinthique, suffit pour le produire.

Le mode de production du vertipie aurai a été l'objet d'un grac' nombre d'expériences qui toutes sont venues confirmer celles de Flo^ rens et prouver qu'il avait pour point de départ une lésion des canafl demi-circulaires, soit une lésion traumatiqne (Fiourens, Brownquard, Vulpian, Signol, (îoltz, etc.), soit une inflammation ou u congestion de la partie membraneuse de ces canaux (Menière).

Le vertige ah aure hv$a n'a pas de caractère spécial; il i)eut revêtir louK^ les formes de vertige connues, depuis la simple sensation de tournoie ment, soit de l'individu lui-môme, soit des objets environnants, jusqu'^ la perte de l'équilibre, aux mouvements involontaires et à la chute-^

AFFECTIONS DE L^OREILLE INTERNE. ill

Les accès sont provoqués ou sponlanés. Ces derniers surviennent le plus fréquemment dans la station debout. Le début de Taccès est brusque, sa durée est très-variable.

Le vertige s'accompagne, chez quelques malades, de bourdonne^

meDts d'oreille, de surdité, de nausées ou même de vomissements, de

pâleur de la face, de sueurs profuses et môme de douleurs intenses

dans le côté correspondant de la tête.

Le vertige ab aure lœsa peut être facilement distingué du vertige

' symptomatique d'une affection cérébrale, du vertige a stomacho lœso^

du vertige anémique et du vertige épileptique.

Le vertige symptomatique d'une affection des ccnlres nerveux est toujours accompagné de l'embarras delà parole et de la perte de la connaissance, ce qui n'a pas lieu pour le vertige aurai. En outre, sa durée est généralement plus longue que pour ce dernier.

Le vertige a stomacho lœso survient, soit à la suite d'une indigestion (▼ertige a crapula), soit par le fait d'une abstinence prolongée {ab inedia). Le vertige aurai, au contraire, survient brusquement, sans cause appréciable et chez des gens dont l'estomac n'est nullement malade. Le vertige anémique est accompagné d'une décoloration extrême de tous les tissus, des muqueuses labiale et oculaire, et se distingue d'ailleurs du vertige aurai en ce qu'il survient chez des gens habituellement pflles et affaiblis.

Enfin le vertige épileptique est généralement précédé de phénoïOènes divers auxquels on a donné le nom d'aura. En outre, Tépilep- *îque, avant d'avoir des vertiges, a eu longtemps de îsimples absences. Rien de semblable dans le vertige ab aure lœsa.

Le pronostic et le traitement varient suivant l'affection à laquelle se ï*Htlache le vertige.

Surdité.

Pendant longtemps on a décrit sous le nom générique de surdites tles affections produisant ce symptôme sans donner lieu à des lésions appréciables. Depuis lors, grâce aux progrès de Tanatomie pathologique, la plupart de ces surdités ont été décrites séparément dans les chapitres consacrés aux maladies de l'oreille externe, de l'oreille nioyenne ou de l'oreille interne. Or, ce que nous avons dit plus haut de ces diverses affections, nous permettra de nous borner à décrire ^ci brièvement quelques surdités idiopathiques, primitives, impropre- Dûent appelées nerveuses, parce qu'on suppose qu'elles dépendent d'une Msion des nerfs acoustiques, et d'insister surtout sur les surdimutités. ^ous distinguerons, en effet, la surdité acquise et la surdité congé- "«'ûfc ou stardi-mutité.

410 AFFECTIONS DE L^APPAREIL DE l'OUÏK.

Comme traitement, on ne connaît aucun moyen de combattre directement cette complication si pénible pour les malades. La distraction et l'exposition à des bruits extérieurs plus ou moins intenses, tels que la musique, le roulement des voitures, Texercicc à feu, peuvent seuls apporter quelque soulagement aux malades en atténuant ou môme en faisant momentanément disparaître ces bourdonnements.

Vertiges.

Le vertige est un trouble dans le sens de l'équilibre.

Ce phénomène s'observe fréquemment dans les maladies de l'oreille. On lui donne alors le nom de vertige ab aure lœm pour le distinguer du vertige symptomatique des affections cérébrales, de celui qui se rattache aux lésions de l'estomac (vertige a stomacho lœso)^ du vertige anémique et du vertige épileptique.

Le vertige ab aure lœsa fut signalé pour la première fois par Flourens, en 182^, dans ses expériences sur les effets produits par la section des canaux demi-circulaires. Menière, en 4 861, l'étudiale premier sur l'homme, particulièrement dans la maladie qui porte son nom. Vulpian et Signol, en 1862, communiquèrent à la Société de biologie le résultat de leurs expériences sur la production de ce vertige chez les animaux. Nous citerons enffn sur le même sujet une remarquable leçon clinique de Trousseau et les travaux plus récents de Goltz , Brunner, Swanzy, etc.

Les causes de ce vertige sont multiples, et nous avons vu qu^on l'observe aussi bien dans les maladies de l'oreille externe que dans celles de l'oreille moyenne et de l'oreille interne. La présetice d'un corps étranger, d'un bouchon cérumineux dans le conduit auditif externe, une injection d'eau froide qui vient brusquement frapper la membrane du tympan ^ l'épaississenient ou l'inflammation de cette membrane, les otites moyennes, les polypes de la caisse^ en un mot toute cause traumatique ou inflammatoire qui vient augmenter la pression du liquide intra-labyrinthique, suffit pour le produire.

Le mode de production du vertige aurai a été l'objet d'un grand nombre d'expériences qui toutes sont venues confirmer celles de Flourens et prouver qu'il avait pour point de départ une lésion des canaux demi-circulaires, soit une lésion traumatique (Flourens, Brown-Séquard, Vulpian, Signol, Goltz, etc.), soit une inflammation ou une congestion de la partie membraneuse de ces canaux (M enière).

Le vertige ab aure lœsa n'sL pas de caractère spécial; il peut revêtir tx)utes les formes de vertige connues, depuis la simple sensation de tournoiement, soit de rindividu lui-môme, soit des objets environnants, jusqu'à la perte de l'équilibre, aux mouvements involontaires et à la chute;

AFFECTIONS DE L^OREILLE INTERNE. ill

Les accès sont provoqués ou spontanés. Ces derniers surviennent le plus fréquemment dans la station debout. Le début de raccès est brusque, sa durée est très-variable.

Le vertige s'accompagne, chez quelques malades, de bourdonnements d'oreille, de surdité, de nausées ou même de vomissements, de pâleur de la face, de sueurs profuses et môme de douleurs intenses dans le côté correspondant de la tête.

Le vertige ab awe lœsa peut être facilement distingué du vertige symptomatique d'une affection cérébrale, du vertige a stomacho lœsoy du vertige anémique et du vertige épileptique.

Le vertige symptomatique d'une affection des centres nerveux est toujours accompagné de l'embarras delà parole et de la perte de la connaissance, ce qui n'a pas lieu pour le vertige aurai. En outre, sa durée est généralement plus longue que pour ce dernier.

Le vertige a stomacho lœso survient, soit à la suite d'une indigestion (Tertige a crapula), soit par le fait d'une abstinence prolongée {ab inedia). Le vertige aurai, au contraire, survient brusquement, sans cause appréciable et chez des gens dont l'estomac n'est nullement malade.

Le vertige anémique est accompagné d'une décoloration extrême de tous les tissus, des muqueuses labiale et oculaire, et se distingue d'ailleurs du vertige aurai en ce qu'il survient chez des gens habituellement pftles et affaiblis.

Enfin le vertige épileptique est généralement précédé de phénomènes divers auxquels on a donné le nom d'aura. En outre, Tépileptique, avant d'avoir des vertiges, a eu longtemps de simples absences. Rien de semblable dans le vertige ab aure lœsa. Le pronostic et le traitement varient suivant Taffection à laquelle se

rattache le vertige.

Surdité.

Pendant longtemps on a décrit sous le nom générique de surditéû des alTections produisant ce symptôme sans donner lieu à des lésions appréciables. Depuis lors, grâce aux progrès de l'anatomie pathologi- <iue, la plupart de ces surdités ont été décrites séparément dans les chapitres consacrés aux maladies de l'oreille externe, de l'oreille moyenne ou de l'oreille interne. Or, ce que nous avons dit plus haut de ces diverses affections, nous permettra de nous borner à décrire ici brièvement quelques surdités idiopathiques, primitives, impropreiDent appelées nerveuses, parce qu'on suppose qu'elles dépendent d'une lésion des nerfs acoustiques, et d'insister surtout sur les surdimutités.

Nous distinguerons, en effet, la surdité acquise et la surdité congé- ^tale ou surdi'mutité.

nerfs auditifs, leur paralysie ou une lésion congénitale du cerveau, etc. Quant à la surdi-mutité qui survient secondairement chez les enfants nouveau-nés, nous avons vu plus haut que Tune de ses causes les plus fréquentes était Totite moyenne. Mais toute autre affection de Torcille survenant chez le nouveau-né, pour peu qu'elle persiste, entraîne forcément avec elle la surdi-mulité. On ne saurait donc trop insister sur la nécessité pour le chirurgien d'apporter la plus grande attention dans le diagnostic et le traitement des affections de Toreille pour prévenir la surdi-mutité chez les nouveau-nés.

On ne trouve pas toujours de lésions anatomo-pathologiques appréciables chez les sourds- muets et, sur ce point d'ailleurs, les recherches sont loin d'être complètes. Cependant, dans certains cas, on a constaté la perforation de la membrane tympanique, roblitérationde la trompe, l'absence des membranes de la fenêtre ronde et de la fenêtre ovale, des lésions de la chaîne des osselets, des anomalies dans les canaux demi-circulaires, des lésions du nerf auditif, des lésions labyrinthiques, etc.

Quelques auteurs distinguent plusieurs catégories de sourds-muets, suivant le degré ou l'intensité de la surdité. Itard en reconnaît cinq classes : 1^ ceux qui entendent la parole haute et lente; 2® ceux qui ne distinguent que les voyelles; 3" ceux qui ne perçoivent aucun soa articulé et n'entendent que les cris; U° ceux qui n'entendent pas la voix humaine et ne sont sensibles qu'à des bruits violents; 5* enfin ^ ceux qui n'entendent absolument rien.

Le traitement consiste dans une éducation spéciale qu'on doit faire suivre aux sourds-muets.

Il serait intéressant de passer en revue les remarquables études qui ont été faites à ce sujet, mais comme ces moyens ne sont nullement du ressort de la chirurgie, nous conseillons, toutes les fois que, le chirurgien n'aura pas été à même de prévenir la surdité, de recourir aux moyens appropriés qu'on applique de nos jours à l'éducation des sourds-muets et qui sont décrits tout au long dans les traités spéciaux-

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