‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876Chapitre 37 sur 102 · II. — Tumeiirt · texte numérisé non relu

II. — Tumeiirt

Les tumeurs qu'on observe à la région sourcilière sont des ItpomeSy des nimmieSy des kystes sébacés y des kystes séreux, des kystes calcaires et des kystes dermoîdes. Ces derniers sont de beaucoup les plus fréquents. Les kystes sébacés et les kystes séreux ne présentent rien de particulier. Nous dirons seulement quelques mots des lipomes et des kystes calcaires; nous décrirons ensuite les kystes dermoîdes et les névromes.

Lipomes» — Les lipomes du sourcil sont rares. Nous en avons observe quelques exemples ; l'un, entre autres, à Thôpital Saint-Antoine (voy. t. III, p. 570). Ces tumeurs sont souvent confondues, dans cette région, avec les kystes dermoîdes qui sont plus fréquents et of^ frent avec elles de grandes ressemblances. Cependant on peut reconnaître les lipomes à quelques caractères particuliers tels que leur mollesse, leur empâtement» leur élasticité et les bosselures qu'ils présentent à la surface.

Le traitement est d'ailleurs le même dans les deux cas; il consiste dans l'ablation de la tumeur.

Kystes calcaires, -^ Ces tumeurs sont très-rares. Elles se développent dans la peau de la région sourcilière. On y trouve des matières organiques, du carbonate de chaux et du carbonate de magnésie (Siebel). Elles sont peu Tolttmitieuses> ovalaires, aplaties, et se présentent

SOUS une forme quadrangulaire. Au toucher, elles offrent une dui osseuse caractéristique; elles sont mobiles sous la peau, mais som adhérentes aux parties profondes.

L'extraction est le seul mode de traitement qui leur convient.

Kystes dermoîdes, — Ces kystes appelés aussi kystes pilifères^ ne fèrent pas sensiblement des kystes sébacés des autres régions (voy. p. iiiS, et t. III, p. 567). Cependant ils donnent lieu à quelques c sidérations particulières.

Ils se développent le plus fréquemment à la partie externe sourcil, et, comme ils sont congénitaux^ les auteurs en ont cher Texplicalion dans le mode de développement de la face. En effet portion céphalique de la paroi qui doit constituer la partie ai Heure du corps de Tembryon offre quatre prolongements memli neux {arcs branchiaux) séparés par des fentes {fentes branchiales), fente branchiale supérieure sépare la vertèbre cérébrale antériei qui doit constituer le front, et le premier arc branchial qui form les mâchoires, le nez, les joues, les lèvres et le palais; Textrémité j térieure de cette fente se trouve précisément au niveau de la pa externe de la région orbitaire. Or^ par suite d'un arrêt de dévelof ment des bourgeons limitant cette fente branchiale supérieure, soudure peut p'avoir pas lieu dans certains points, une certaine qu tité de peau en voie de formation demeurer incluse dans les tis qui se trouvent dans ces points, et c'est ainsi que quelques aute modernes expliquent la présence, dans ces tumeurs, d'éléments derme, tels que poils^ matière sébacée^ et des couches épidermiqi

Ces kystes se rencontrent le plus fréquemment chez de jeunes suj< vers l'âge de sept à huit ans. ils siègent profondément, sont recouvi par la peau et les muscles, adhèrent au périoste, finissent par dé] mer Tos et quelquefois même par le perforer. Quant à leur structu nous n'avons rien à ajouter ici à ce que nous en avons dit dans volume précédent (t. I, p. i^i3). Leur volume est, en général, peu c< sidérable; il ne dépasse jamais celui d'une pomme d'api.

Leurs symptômes n'offrent rien de particulier : la peau qui les couvre est lisse, unie, elle n'y adhère pas. Ils sont peu mobiles ; lo qu*ils ont acquis un certain volume, ils donnent lieu à de la fli tuation. Ils peuvent entraîner une certaine gêne pour Tabaissem* de la paupière supérieure, mais ils n'entraînent aucun trouble foi tionnel, et ne sont nullement douloureux. Leur développement fait très-lentement; ils peuvent rester stationnaires durant plusic années.

On les reconnaît facilement à leur siège et à leur forme.

Ils se distinguent des kystes sébacés qui sont tout à fait superficie par leur implantation plus profonde, des kystes calcaires en ce qu

n'ont pas leur dureté osseuse, et des lipomes en ce que ceux-ci ne sont pas aussi adhérents au périoste.

Le pronostic est sans gravité; toutefois, à la suite d'un traumatisme, ils peuvent devenir le siège d'une inflammation plus ou moins grave.

Le traitement consiste à les extraire aussi complètement que possible^ dans le but d'éviter la récidive. Le chirurgien doit porter Tinciâon au niveau du sourcil, afin que la cicatrice soit moins apparente. Si la paroi du kyste est tellement adhérente à Tos qu'il soit impossible de Textraire sans dénuder celui-ci, il faut alors la détruire par la nigination ou par la cautérisation.

Névromes. — On observe parfois aussi des névromes au niveau du bord sonrcilier. Ce sont de petites tumeurs pédiculées^ cachées sous la peau et présentant une sensibilité excessive au toucher ou pendant les mouvements de la paupière.

Si les injections sous-cutanées de morphine ne suffisent pas pour calmer la douleur, ces tumeurs devront être extraites.

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