‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876Chapitre 36 sur 102 · I. — XiétîoiM trauniatkiaefl · texte numérisé non relu

I. — XiétîoiM trauniatkiaefl

La région sourciiière étant Tune des plus exposées, les blessures y sont fréquentes. Nous parlerons des contusions et des plaies.

Les contusions du sourcil ne sont qu*unc variété des contusions da crâne (voy. tome 111, p. U5U). Elles présentent seulement ceci de particulier qu'elles déterminent souvent des ecchymoses des paupières^ par suite de la facilité avec laquelle les épanchcments sanguins s'infiltrent dans le tissu cellulaire de ces voiles membraneux.

Les plaies par instruments piquants sonl généralement sans gravité. Cependant lorsqu'elles portent sur le nerf frontal, elles déterminent des douleurs névralgiques très-intenses, s'irradiant sur le trajet de ce nerf, et elles s'accompagnent quelquefois de troubles de la vision. Dupuylren rapporte un cas dans lequel la piqûre de ce nerf avait été jusqu'à entraîner la perle de la vue. Nous reviendrons sur cette complication en parlant des plaies contuses.

hou plaies par instruments tranchants peuvent élre verticales ou transversales. Les plaies transversales seules présentent quelque gravitéi lorsqu'elles s'accompagnent de la section complète ou incomplète du nerf frontal.

Les plaies contuses offrent ceci de spécial que, dans la partie ex» terne de la région sourciiière, elles se compliquent fréquemment de la dénudation de l'os, le rebord osseux étant en ce point très-saillant. Elles s'accompagnent souvent aussi d'érysipèle. D'autres fois elles donnent lieu à des mouvements convulsifs des veux, des lèvres et môme h des accidents cérébraux qui, en pareil cas, doivent être rattachés à la commotion cérébrale. Enfin elles entraînent parfois la cécité. Nous avons môme vu, à la suite de la cécité de l'œil^ du côté

MALADIES DES SOURCILS. i&7

blessé, survenir plus tard une ophthalmie sympathique des plus graves dans l'œil du côté opposé.

Les auteurs expliquent différemment la cécité consécutive aux plaies contuses des paupières. Sabatier l'attribue à la lésion du nerf frontal dont l'irritation aurait amené la paralysie des nerfs ciliaires ou iriens. Ribes pense que cette irritation se transmet au nasal et de là au ganglion ophthalmique par lequel passe le filet destiné à la rétine. Beau croit à ^irritation du nerf frontal par le tissu de cicatrice. Enfin Boyer, et nous adoptons volontiers cette manière de voir, rapporte ces phénomènes à la commotion cérébrale.

Lorsque le chirurgien est appelé à panser ces plaies, il doit commencer par raser le sourcil^ s'attacher ensuite à rendre la cicatrisation rapide et faire en sorte que la cicatrice ne soit pas disgracieuse.

Les névralgies qui persistent quelquefois après la cicatrisation ont été rattachées par Dupuytren à la section incomplète du nerf frontal, lia proposé, pour y remédier, de faire transversalement la section complète du nerf.

Nous verrons plus loin par quels moyens il convient de combattre l'amaurose et l'ophthalmie sympathique.

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