GATHÉTÉRISHE D£ LA TROMPE D'EUSTACHE
bord postérieur. Celui-ci doit être pris comme point de repère : pour le reconnaître, on imprime au bec de la sonde de légères oscillations jusqu'au moment oii l'on peut lui faire exécuter un mouvement de rotation en dedans : et comme l'ouverture de la trompe se trouve au même niveau ; il suffit, pour y faire pénétrer le cathéter, de lui faire décrire un demi-cercle en dehors^ lorsque le bec est appuyé contre le bord postérieur de la cloison; mais, en même temps, il faut avoir soin de porter la main en dedans et un peu en haut, afin de ne pas s'engager dans la fossette de RosenmuUer (voy. fig. 15).
Ce procédé offre plusieurs avantages : le bord postérieur de la cloison est un point de repère facile à retrouver, si, par suite d'un mouvement brusque du malade, le chirurgien s'est égaré. £n outre, l'instrument est mis en contact avec des parties peu sensibles, telles que le plancher et la cloison, de sorte que son passage n'entraîne aucune douleur. Dans la plupart des autres procédés, au contraire, la sonde Tient titiller le voile du palais, et provoque des nausées qui fatiguent les malades. En outre, s'il arrive qu'une afi'ection du nez, qu'une dévialion de la cloison, un épaississement de la pituitaire, un rétrécissement delà narine ou une tumeur des arrière-narines rendent le cathétérisme impossible d'un côté, il suffit de prendre une sonde dont la grande courbure est plus prononcée que dans les sondes dont nous Tenons de parler, de l'introduire par la narine saine, jusqu'à la partie postérieure de la cloison, arrivé là, de lui imprimer un mouvement de rotation suffisant pour la faire passer derrière le vomer et pénétrer dans la trompe en portant la grosse extrémité de la sonde contre l'aile du nez du côté opposé.
Les moyens de reconnaître que la sonde est bien introduite dans la trompe sont : la direction en dedans et un peu en bas de l'an^ neau indicateur, l'immobilité de la sonde pendant un mouvement de déglutition, enfin la sensation de résistance fournie par le bourrelet cartilagineux situé à l'orifice interne de la trompe. D'ailleurs, tout malade ayant subi une seule fois le cathétérisme reconnaît parfaitement lui-môme si l'instrument est bien engagé dans la trompe.
Les sondes, une fois introduites, servent à injecter de l'air, des vapeurs ou des liquides. Guyot et les auteurs qui suivirent jusqu'à Cleland, Itard et Deleau, ne firent que des injections de liquides; Deleau, le premier, en 1838, préconisa les injections d'air atmosphérique. Depuis lors, on a toujours recours à la douche d'air pour reconnaître la perméabilité de la caisse.
On se sert pour cela de différents instruments dont le plus simple est une poire de caoutchouc terminée par une extrémité conique de métal ou d'ivoire qui est introduite dans l'extrémité libre de la
sonde; une ouverture sur le côté de celte poire, allernativement fermée et ouverte au moyen du pouce, fait l'office de soupape (voy. fig. 16).
FIG. 11. — Pdrc tniuntatrice pour injecter de l'air dans la Irompe (D^urino*].
AusCDLTATioN DE L'OBEiux — Lacnnec, dans le Traité de fmtscuUation médiate, Paris, 1837, W édit., t. III, p. 935, consacre un chapitre spécial à l'auscultation appliquée au diagnostic des maladies de ta caisse, du tympan, de la trompe d'Kuslache et des fosses nasales. Ueleau père a donné par la suite une grande extension Ù ce moyen d'exploration.
Laennec se servaitdu stéthoscope ordinaire qu'il appliquait soit contre l'apophyse mastoïde, soit contre le pavillon lui-même. Cet instrument est aujourd'hui remplacé par un tube de caoutchouc muni à ses deux extrémités d'olives d'ivoire, auquel oq donne le nom A'otoscope, et que nous appellerons plus volontiers stéthoscope uuris, puisque, d'après l'étymologie, le mol oloscope doit 6tre réservé à l'examen de l'oreille à l'aide de la vue. L'une des extrémités doit être introduite dans l'oreille du malade, aussi prorondément que possible, de façon h obturer presque complètement le conduit auditif, et introduit l'autre extrémité dans sa propre oreille.
A l'état normal, l'air poussé dans la caisse à l'aide d'une sonde donne lieu à un bruit doux que Delcau a comparé à celui de la pluie tombant sur les feuilles d'un arbre et qu'il a désigné sous le nom de bruit de pluie ; ce bruit est plutôt comparable au murmure pulmonaire chez un jeune sujet bien portant.
A. l'état pathologique, les bruits perçus ont été divisés en bi-uits secs et en bruits humides.
Nous verrons plus loin le parti qu'on en peut tirer au point de vue du didgnostic.
Le chirurgien, dans certains cas, doit examiner simultanément l'état de la trompe et celui de la caisse ; il a recours alors au catbétérisme de la trompe suivi d'une insufflation d'air et, en mOrnc temps, h l'auscultation de l'oreille.
AFFECTIONS DU PAVILLON DE l'oREILLE. 17
ARTICLE II