CATHÉTÉRISMB DE LA TROMPE D'EUSTACHE
palais, et pour en rendre Tapplication moins difficile et moins pénible pour le malade. La voie suivie par Cleland est d'ailleurs la seule par laquelle se pratique aujourd'hui le cathétérisme.
L'importance du cathétérisme est telle, au point de vue du diagnostic et du traitement des maladies de l'oreille moyenne, que nous allons faire connaître avec quelques détails les divers procédés opératoires auxquels on peut avoir recours pour le pratiquer.
Cette opération se fait à l'aide de sondes en caoutchouc durci, de sondes molles munies d'un mandrin, ou de sondes métalliques. Les sondes qui méritent particulièrement d'être mentionnées sont celles d'Itard, de Deleau et de Garrigou-Desarènes.
La sonde d'Itard est en argent, d'une longueur de 15 centimètres. Elle porte à Tune de ses extrémités un pavillon de 5 à 6 millimètres d'ouverture, muni d'un anneau destiné à indiquer la position de l'instrument une fois introduit dans la narine ; elle va ensuite en s'amincissant de telle sorte qu'ci un demi-centimètre de l'autre extrémité t'ile n'a plus qu'un millimètre de diamètre ; à ce niveau, elle porte une courbure peu prononcée, et se termine par un bec mousse (voy. fig. 4, 5 et 6 de son Traité des maladies de l'oreilley 1821).
Celle de Deleau est en caoutchouc et porte un mandrin qui lui sert à donner la forme voulue. Cette sonde est trop molle, et, le le mandrin, quand on le retire, détermine une douleur assez vive.
Quelques chirurgiens emploient des sondes en caoutchouc durci ; mais elles sont fragiles, d'un volume plus considérable pour un môme diamètre d'ouverture et difficiles à nettoyer. Les sondes de M. G. Desarènes sont métalliques et ont une lon-
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Fifi. 10. — Sondes de M. 0. Desarènes.
gueiir de 15 à 16 centimètres (voy. fig. 10), elles présentent une extrémité large, destinée à recevoir la canule d'une poire insnfllatriceoud'un appareil k fumigations et munie d'un anneau comme la î^onde d'Itard. Elles vont aussi en se rétrécissant jusqu'au bec, qui est mousse et arrondi ; à 11 centimètres de l'anneau se trouve une première courbure dont la concavité est opposée à cet anneau et qui est d'une
12 AFrKCnONS de L'APPAttia DK l'ouTe.
étendue de 1 centimètre environ ; puis la sonde se redresse et décrit UDC seconde courbure en sens inverse, de telle sorte que la portion de l'instrument qui doit pénétrer dans la trompe a la forme d'une S allongée, comme celle que présente la trompe elle-même à sa partie interne. Les sondes ainsi construites ne présentent plus l 'inconvénient que Malgaigne reprochait avec raison aux sondes qui n'ont qu'une seule courbure et qui, une fois introduites, ont leur ouverture appliquée contre la muqueuse de la paroi externe et supérieure de la trompe. Celles-ci, en effet, sont très-défavorables pour faire pénétrer dans le canal d'Eustacbe, soit une bougie dilatatrice, soit une corde à boyau, et exposent, en blessant la muqueuse, à déterminer un emphysème.
Au niveau de leur seconde courbure, ces sondes sont munies d'un rendement destiné & oblitérer tout le pavillon de la trompe et & s'opposer au retrait de l'air avant qu'il ait pénétré dans la cuisse.
londe à grande courburf.
Ce renllcment est nécessaire pour les cas où l'air insufflé aurait beaucoup de peine h franchir une portion rétrécie ou engouée de la trompe et tendrait à revenir de suite dans l'arrière-go^c.
Voyons maintenant comment, à l'aide de ces sondes, se pratique le catbétérisme :
Le malade est assis, la télé légèrement renversée en arrière, appuyée contre le dossier d'un siège; le chirurgien se tient & sa droite, s'il
GATHÉTÉEISME DE LA TROMPE D'EUSTACDE. 13
opère de la main droite. Quelques médecins aurisles, M. Menière fils, entre autres, préfèrent se tenir debout derrière le malade et appuyer leur avant-bras sur la tète de ce dernier de façon à suivre tous ses mouvements, et que la main qui tient la sonde soit toujours au même niveau et à la même distance de Torifice extérieur des narines.
Avant de se servir de la sonde, on la trempe dans Talcool, afin d'éviter toute chance de transmission de maladies contagieuses, puis dans un peu d'huile pour en faciliter le glissement. Ceci fait, on introduit la sonde par la narine et on la fait pénétrer par Tune des cavités nasales jusque dans la trompe, suivant Tun des procédés que nous allons faire connaître.
Procédé (Tltard. — Ce médecin ayant observé que la distance qui sépare le bord postérieur de Touverture des narines de Torifice de la trompe d'Eustache est la même que celle qui existe entre les dents incisives et la partie membraneuse du palais, mesure d'abord cette dernière distance; cette mesure est indiquée sur la sonde qui est conduite alors par la narine^ le long du plancher des fosses nasales, Tanneau indicateur placé verticalement en haut et le bec regardant en bas ; dès que la sonde est introduite de la longueur voulue, il suffit de lui faire exécuter un mouvement de rotation en dehors pour que le bec se trouve au niveau et dans la direction de la trompe (Og. 11).
Procédé de Kramer. — La sonde étant introduite jusqu'à la paroi postérieure du pharynx, on lui fait décrire un quart de cercle en haut et en dehors, puis on la ramène d'arrière en avant dans une longueur de 8 à 15 millimètres jusqu'à ce qu'elle soit arrêtée par la légère saillie que forme la paroi postérieure du pavillon de la trompe. Il suffit alors, pour l'y faire pénétrer, de retirer et de relever légèrement le bec de la sonde.
Ce procédé serait très-bon s'il n'exposait pas à loger la sonde dans Tune des anfractuosités de la paroi latérale du pharynx, dans la fossette de Rosenmuller, par exemple, qui se trouve un peu au-dessus et en arrière et donne à peu près la sensation de l'orifice de la trompe.
Procédé de Triquet. — II consiste à engager la sonde^ le bec tourné en haut et en dehors, sous le cornet inférieur, et à la pousser ainsi jusqu'à ce qu'on rencontre l'ouverture de la trompe qui se trouve située en arrière et au même niveau.
Ce procédé n'est pas toujours applicable, à cause de Tétroitesse du cornet inférieur qui rend difficile et douloureux le passage de la sonde, n expose, en outre, à blesser la muqueuse, à provoquer des hémorrhagies et à déterminer l'emphysème du tissu cellulaire sous-muqueux.
lA AFFECTIONS DE L'aPPABEIL DE l'OUIE.
Procédé d'Alp. Gwrin. — M. Alp. Guérin donne le conseil d'introduire le doigt dnns la bouche pour guider le bec de la sonde (voy. fig. 12).
i^iG. VI. — Calhéljrisme de la trompe d'EusUehe. (ProcMédaU. A. Gaérin.)
Procédé de G. Desarènes. — Le chirurgien tenant le sonde
Fiu. 13. — Cathélérisoie de la trompe d'Eustarhe fProci,(
comme une plume à écrire, J'anneau place verticalement en haut, lui fait suivre le plancher nasal en longeant la cloison jusqu'à son