‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876Chapitre 80 sur 102 · KYSTES DU COU · texte numérisé non relu

KYSTES DU COU

pent dans cette bourse^ située au-devant de la membrane hyo-thyroïdienne, entre cette membrane et la face postérieure de Tos hyoïde, à la base de l'épiglotte; on sait que cette bourse est destinée à favoriser les mouvements de l'os hyoïde.

Quelques auteurs pensent que les kystes qui s'y développent sont liés à une anomalie du système branchial. Nélaton a émis Topinion que ce n'est pas dans la bourse séreuse prétbyroïdienne qu'ils prennent naissance^ mais bien dans les follicules sous-muqueux placés entre la membrane thyroïdienne et l'épiglotte. Pour cette raison, il les a appelés grenoutllettes sous-hyoîdiennes.

En raison de leur siége^ ils sont faciles à diagnostiquer; ils forment sur les bords de l'os hyoïde une tumeur d'abord petite, rénitente^ indolente, qui reste stationnaire, devient ensuite fluctuante^ et ne dépasse guère le volume d'une noix. Il n'est pas rare de les voir s'enflammer et s'ouvrir spontanément. On voit alors le liquide, transparent et visqueux comme celui de la grenouillette sublinguale, se mélanger de pus. La tumeur, qui, au moment où elle s'était enflammée, avait grossi rapidement, laisse après son évacuation une ouverture fistuleuse, médiane^ à bords minces et anfractueux, qui verse continuellement un liquide muco-purulent, dans laquelle le stylet s^engage jusqu'à la base de l'épiglotte etquin*a aucune tendance à la cicatrisation.

La ponction suivie de l'injection iodée est presque toujours impuissante à enrayer la marche de cette affection. L'incision ou l'excision laisse des fîstules rebelles. Le seul moyen de traitement qui nous ait donné des succès nombreux et incontestables est l'extirpation ; une incision transversale ou môme cruciale doit être faite assez largement pour faciliter la dissection minutieuse. Quant aux fistules, les injections iodées, la cautérisation avec le stylet chargé de nitrate d'argent, vantées par quelques chirurgiens, sont insuffisantes; c'est encore l'ablation totale par dissection du trajet et des débris du sac séreux qui Tentretient, qui nous a permis d'obtenir sans danger des guérisons immédiates.

Les kystes pré thyroïdiens sont rares; nous en avons vu cependant plusieurs exemples. Ils siègent dans la bourse séreuse située sur la ligne médiane un peu au-dessus du cartilage thyroïde, avec lequel ils contractent des adhérences. Leurcontenu est celui de tous leshygromas. Les kystes, surtout quand ils sont séro-purulents et adhérents, peuvent être pris facilement nour de petits abcès symptomatiques d'une carie de l'os hyoïde ou du larynx, La ponction et au besoin l'incision permettraient de faire le diagnostic dans les cas douteux. Le meilleur traitement à leur opposer est le drainage avec injections iodées, puisqu'il permet d'obtenir une guérison définitive sans laisser de cicatrices apparentes.

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