XII PRÉFACE
qui fait ou ne fait pas sa maladie, et qui la fait dans une forme déterminée, que par conséquent le microbe cesse d'être une cause absolue pour devenir V instrument nécessaire du processus morbide.
Tout cela se rapproche plus qu'on ne veut l'avouer de la doctrine des causes internes et de la spontanéité morbide et si l'accord ne se fait pas, si même il est loin de se faire entre nous et nos adversaires, c'est parce que, sous le nom de théorie cellulaire y le matérialisme règne encore en maître dans l'Ecole de Paris, et que la doctrine étiologique qui enseigne que les maladies tiennent à la nature imparfaite des organismes vivants, que l homme est fait pour souffrir comme V oiseau est fait pour voler ^ que la maladie fait partie de son être, et que, comme l'a dit Démocrite, Totus Homo ex naturitate morbus estj cette doctrine, dis-je, est un scandale pour l'Ecole de Paris,
Aussi nous verrons donc, à propos de la nature de rhomme et de la nature de la maladie^ les auteurs du traité le plus nouveau et le plus autorisé de pathologie générale soutenir l'éternité de la matière vivante et l'absence de spontanéité en physiologie aussi bien qu'en pathologie.
Dans cette seconde édition, nous nous attacherons tout particulièrement à réfuter ces erreurs, aussi vieilles que le monde, mais auxquelles une forme nouvelle donne comme un regain de jeunesse.
PRÉFACE Xm
La nature de l'homme, la nature de la maladie, ses rapports avec le symptôme et la lésion, le sens définitif que nous devons donner au mot aflTection, la cause et toutes les conditions nécessaires ou adjuvantes de cette cause, constitueront les principaux chapitres de ce livre. La thérapeutique viendra ensuite, nous commencerons par l'exposition de la doctrine qui meut et gouverne la thérapeutique ; nous exposerons les deux lois d'indication sans lesquelles il n'y a d'acte légitime ni en médecine ni en chirurgie ; puis nous étudierons la matière médicale expérimentale et les lois qui en découlent ; nous traiterons ensuite la question des doses ; nous exposerons la prophylaxie et les médications palliatives ; enfin, dans un dernier chapitre, nous résumerons les médications non pharmaceutiques : hygiène, hydrothérapie, électricité, eaux minérales, etc. Dans ce chapitre, la sérumthérapie^ Vopothérapie et les injections dé sérum artificiel seront traitées avec tous les développements que commande leur importance actuelle.
Paris, le 15 juiUet 1899.