‹ Éléments de pathologie exotique [electronic resource]Chapitre 23 sur 81 · LA MALADIE · texte numérisé non relu

LA MALADIE

PAPIER HÉACTIF

lro Éruption.

Très acides.

20 a 30 grammes par litre.

40 à 60 grammes par litre.

Beaucoup d'acide urique et d'urates.

Rémission. . .

Très acides , quelquefois neutres ou même faiblement alcalins.

15 à 20 gr.

2» Éruption.

Le plus souvent les urines avaient les caractères signalés pendant la rémission. Quelquefois, elles présentaient ceux de la première éruption, tout en étant moins denses et moins acides.

Desquamation et

convalescence

Neutres.

Cotholendy n'a jamais constaté la présence de l'albumine. Morice, en Cochinchine, l'a observée deux fois chez des Européens (mai-octobre J873).

L'examen chimique et microscopique du sang pendant la vie n'a fourni jusqu'à ce jour aucun caractère digne d'être noté : tout est à faire à cet égard.

Tous les auteurs signalent les rechutes comme n'étant pas rares dans la dengue. Elles surviennent, le plus souvent, dans les dix jours qui suivent l'attaque : rien ne l'annonce; la fièvre survient brusquement et dure quelques heures ou un jour. On observe, en même temps, une éruption analogue à celle de la deuxième période, mais elle disparaît bientôt, ainsi que la fièvre. Cotholendy a observé trois cas de rechute survenus un mois après la terminaison d'une

première attaque de dengue. Chez ces malades, l'affection a parcouru très régulièrement, pour la seconde fois, toutes ses périodes.

On a observé, dans la dengue, quelques complications, très rares d'ailleurs : la diarrhée rebelle, des adénopathies passées à l'état chronique, la péricardite, la surdité, l'amaurose, des paralysies partielles, l'affaiblissement des facultés intellectuelles ; chez les nouveau-nés, des convulsions ont été la cause de plusieurs décès.

L'influence de la maladie sur la menstruation et sur la grossesse est mal définie; les faits observés ne sont pas suffisamment nombreux pour que l'on soit fixé à cet égard. Cotholendy a remarqué que si la dengue atteint une malade quelques jours avant l'époque présumée de ses règles, celles-ci peuvent apparaître prématurément, être plus abondantes et durer 10 ou 15 jours. Toutefois, en général, c'est plutôt le retard de l'époque que l'on observe. Si la dengue apparaît pendant l'écoulement menstruel, les effets varient : tantôt les règles suivent leur cours normal, tantôt elles sont brusquement supprimées. Il est vraisemblable que la dengue, dans toutes ces circonstances, agit moins que la constitution propre à la malade. Quant à l'influence de la dengue sur la grossesse, elle est le plus souvent nulle. Cependant le docteur Lafond a cité un cas dans lequel les vomissements gravidiques étaient devenus incoercibles et n'avaient pris fin que par l'avortement.

La mortalité par la dengue est très faible et le pronostic dans cette affection est par conséquent sans gravité. Sur 8069 cas relevés dans l'Inde, le docteur Martialis a compté 47 décès, lesquels sont survenus, pour la plupart, chez des malades vivant dans de mauvaises conditions d'hygiène. A Aden, en 1871, on a

noté 5 décès sur 450 cas. En 1872, à Pondichéry, Martialis sur 297 cas, n'a eu à enregistrer aucun décès. Il en a été de même à la Réunion sur 320 cas, observés sur la garnison, en 1873. Il n'en faut pas moins tenircompte de la remarque judicieuse de Cotholendy, relativement à l'action débilitante de la dengue sur les constitutions, et à l'élévation de la morbidité et de la mortalité générales, qui en est la conséquence. Plusieurs vieillards atteints de la dengue ont succombé, non par le fait de la maladie, mais par suite d'hémorrhagies cérébrales et de congestions pulmonaires. Après les vieillards, ce sont les nouveau-nés qui paraissent payer le plus lourd tribut à la mortalité.

§3. — Lésions.

Les décès étant rares et la dengue épargnant presque toujours la population adulte des hôpitaux, aucune autopsie n'a été faite, que nous sachions. Le cas échéant, il y aurait lieu de comparer le sang examiné pendant la vie avec celui que l'on recueillerait sur le cadavre, au double point de vue de la composition chimique et de l'examen microscopique. En outre, sans négliger aucun des organes, on devrait lixer son attention sur l'état des séreuses articulaires, des gaines tendineuses, des fibres des muscles, des troncs nerveux, des centres encéphaliques et médullaires. Il conviendrait enfin d'inoculer à des animaux le sang recueilli et les liquides qui peuvent être contenus dans les cavités séreuses des articulations.

§ 4. — Prophylaxie et thérapeutique.

Il est nécessaire de formulerlaprophylaxic de la dengue, la contagiosité de la maladie étant a peu près prou-

MALADIES INFECTIEUSES. ib5 vée Sans doute l'affection' n'a pas de gravité par ellemême, mais, comme l'a fait remarquer Martialis, sapropagation rapide dans un établissement colonial peut désorganiser les services publics.

11 conviendra donc de maintenir les passagers d'un navire contaminé en observation dans un lazaret pendant un laps de temps qui ne pourra pas être inférieur à 4 jours, de débarquer les marchandises dans un lieu isolé, de les désinfecter, et de procéder ensuite à l'assainissement du navire lui-même.

A terre, on éloignera du foyer épidémique, toutes les personnes dont la présence ne sera pas nécessaire, en commençant par les nouveau-nés, les vieillards et les valétudinaires. On procédera ensuite par le lavage, la ventilation et la désinfection à l'assainissement des habitations infectées. — Le traitement curatif ne comporte pas de règles spéciales : dans nombre de cas, l'expectation attentive aidée des soins dont on entoure habituellement un malade quelconque, suffira pour prévenir tout accident. Quand cela sera nécessaire, on traitera la douleur par les préparations de colchique, par le salicylate de soucie à la dose quotidienne de 4 à 6 grammes, et à l'extérieur, par les liniments à base d'opium, de belladone, de jusquiame, de chloroforme. Gotholendy a prescrit avec avantage un Uniment chloroformé au 5me. On favorisera l'éruption par les bains et l'administration des sudorifiques. La céphalalgie et la rachialgie seront combattues, quand elles seront intenses, par les applications de glace, par quelques sangsues, loco dolenti.

Le plus souvent, il n'y aura pas d'avantage sérieux à s'occuper du catarrhe gastrique ou gastro-intestinal. Chez les vieillards, dit Gotholendy, les vomitifs doivent être proscrits ; chez les adultes, ils sont parfois intem-

pestifs, car ils peuvent augmenter la céphalalgie. Un laxatif, un purgatif léger suffit dans la plupart des cas. Les douleurs persistantes devront être traitées comme celles du rhumatisme chronique par les douches froides, les bains et les douches d'eau sulfureuse, le massage, la faradisation. Enfin on combattra l'inappétence et la débilité consécutives par la poudre de noix vomique, la pepsine, les eaux minérales alcalines, l'iodure de potassium, les acides phosphorique et chlorhydrique très dilués, et les vins amers et toniques.

Page 1