SYMPTOMES
Les prodromes sont constants: Les prodromes peuvent mantondance à l'inaction, douleurs quer. Quand on les observe, ils
articulaires et musculaires vagues, céphalée, sensibilité au froid, inappétence, anhélation, souffle anémique, soit à la base du cœur, soit dans les grosses artères.
Ces prodromes évoluent lentement.
Le scorbut confirmé est caractérisé, d'une manière générale, par l'hémorrhagie passive.
L'évolution du scorbut n'a pas les allures de celle qui appartient au béribéri.
Dans le scorbut, on ne distingue pas de formes, mais des degrés.
1er Degré. — Engorgement gingival, piqueté scorbutique, siégeant à la racine des poils, faciès pâle, terreux.
2e Degré. — Ecchymoses cutanées, indurations fibrinouscs scléroïdes.
•3e Degré. — Hémorrhagies gingivale, nasale, gastrique, pleurale, traumatique, etc.
4e Degré. Gangrène, nécrose, septicémie , cachexie , œdème , anasarque, diarrhée. On constate de l'œdème des pieds, des ré-
ressemblent beaucoup îi ceux du scorbut.
Leur évolution est beaucoup plus rapide.
Le béribéri confirmé est caractérisé, d'une manière générale, par l'œdème. Pour la forme hydropique et pour la forme mixte, le fait n'est pas douteux; il n'en est pas de même pour la forme paralytique. Ici les nécropsies ne prouvent pas l'existence constante de l'œdème médullaire, mais les faits de guérison rapide de cas appartenant à cette forme, par la soustraction des malades au milieu épidémique, éloignent l'idée de la myélite et éveillent plutôt celle d'un trouble circulatoire sans lésion de tissu (œdème, congestion, anémie médullaire).
Le béribéri a trois formes dont l'évolution présente des caractères différents.
1° Forma hydropique . — Elle débute par l'œdème à marche ascendante des membres inférieurs. Cet œdème peut rester limité à ces membres dans les formes bénignes ou dans les cas h, marche subaiguë. Après l'œdème, apparaît la pseudo-paralysie, l'impossibilité de la station debout, l'anesthésie cutanée, les fourmillements , l'hyperesthésie cutanée et. musculaire.
Pas de troubles digestifs constants. Après quelques jours de durée de la maladie, anorexie, vomissements bilieux, intolérance de tons les aliments solides ou
gions malléolaires, dos jambes liquides, constipation ou diaret môme de l'enveloppe cutanée rhée. Dans le cas de terminaison tout entière, ainsi que des épan- fatale, tendance aux syncopes, chements séreux dans les cavités pouls fréquent, faible, miséradu péricarde, des plèvres, du ble, dyspnée, orthopnée, asphypéntoine, mais ce sont là des xie terminale qui peut tenir, soit symptômes de scorbut ancien et à l'œdème médullaire, soit aux non des signes de début, comme épanchoments pleuraux. Parfois dans le béribéri. Jamais en outre troubles oculaires. Fièvre plus la parésie musculaire du béri- fréquemment que dans le scorbéri n'a les caractères de la sim- but.
pie paresse à se mouvoir que 2° Forme paralytique. — Elle l'on constate dans le scorbut, a, dans les formes rapides, les Dans cette dernière maladie, rien allures de la paralysie ascenqui simule la myélite. Pas de dante aiguë, fourmillements , troubles oculaires, si ce n'est atrophie musculaire rapide rel'héméralopie qui peut précéder, montant le long de la moelle accompagner ou suivre le scor- jusqu'au bulbe , épigastralgie , but, mais qui n'en fait pas partie dyspnée, asphyxie terminale; et, essentielle. Fièvre beaucoup plus dans les formes chroniques, celrare que dans le béribéri. les de la myélite vulgaire à mar-
che lente. Dans les deux cas, l'influence heureuse du changement de milieu éloigne l'idée d'une maladie médullaire aussi rebelle que l'une et l'autre myélite.
3° Forme mixte. — Elle se , différencie du scorbut par les si-
gnes qu'elle emprunte aux deux formes précédentes.
L'œdème et l'anasarque appartiennent au début de la maladie dans la forme hydropique; la paralysie musculaire et l'atrophie caractérisent la période initiale de la forme paralytique. — L'albuminurie est assez commune.
— Les lésions dégénératives de la cornée transparente et du cristallin n'ont été signalées que dans le béribéri.
Sang pendant la vie. — La Sang pendant la vie. — Sbh&rproportion de fibrine augmente, lée, pharmacien militaire m \\ elle nombre des globules diminue tevreden a analysé (1SG0) le sang de moitié (Loven). de la veine du bras d'un béri-
Dans les cas simples le sang est normal : il y a parfois cependant un excès de leucocytes.
En cas de larges ecchymoses, le sang de la circulation générale est pâle; on trouve 15-20-30 leucocytes dans le champ du microscope (si on observe avec l'objectif 5 et l'oculaire 1 de Nachet).
Si on laisse reposer la préparation microscopique de sang scorbutique, on constate la formation de très fines fibrilles dues h la coagulation de la fibrine du caillot sanguin (Laboulbène).
Le sang des petites veines de l'avant-bras est fluide, séreux, pâle. Le caillot est dense, petit, nageant dans une grande quantité de liquide séreux. Ce caillot contient une quantité de fibrine représentée par les chiffres 4,5 et 4,3 au lieu de 2, chiffre normal.
Le nombre des globules étant représenté par le nombre 130 dans une quantité donnée de sang normal, ne l'est plus dans le scorbut que par 100 au maximum et 03 au minimum.
Le sérum contient un excès d'albumine, car le sang normal contenant 08,717 d'albumine pour 1000 gr. de sang, le sang scorbutique en contient 73,304.
On constate la diminution de la soude, de la potasse, du fer.
Ces éléments minéraux sont contenus en bien moins grande quantité dans les cendres d'un caillot fourni par un poids donné de sang scorbutique que dans un caillot fourni par le môme poids de sang normal (Chalvet).
En résumé, hyperflbrinose, hyperalbuminose, défaut de soude.
Les autres caractères du Bahg sont communs aux deux maladies"
bérique. Il y a constaté : 1° un excès d'eau, d'acide sulfurique, de soude, de phosphates calcaires et magnésiens. — 2" La diminution des matières solides, de la fibrine, des globules sanguins, de l'albumine, des matières extractives. des matières solubles, de l'acide phosphorique, de la potasse.
Dounon a observé au microscope la diminution en quantité des globules rouges, l'excès des globules blancs.
Il faut cependant mentionner que Schneider et Vermyne ont constaté l'excès des albuminates du sang c'est-à-dire de l'albumine.
En résumé, hypofibrinose, hy.
poalbuminoso, excès do soude.
— L'bypcralbuminose a été trouvée. N'est-ce pas une exception?
Les autres caractères du sang
Urines pendant la vie. — L'urée est diminuée (Leven).
Les urines sont très rarement albumineuses. — Elles ne se suppriment jamais.
Vulpian y a signalé l'excès des matières extractives (leucine, tyrosine) et des sels, et en a conclu que le scorbut est une maladie de nutrition dans laquelle les matières albuminoïdes du sang ne sont pas facilement oxydables, ce qui doit tenir à leur état particulier, la respiration se faisant comme dans l'état normal.
sont communs aux deux maladies.
Urines pendant la vie. — L'urée est très augmentée (Schneider).
Les urines sont moins rarement albumineuses. — Elles peuvent se supprimer.