Scor[)ène diable de mer. (Scorpœna diabolus : Acan
thoptérygiens à joues cuirassées). — Habite toutes les mers tropicales. Tête grosse et épineuse, peau molle, aspect hideux, corps marbré de brun, de gris et de rouge ; taches et points bruns à l'aisselle sur un fond pâle, nageoire dorsale à rayons très épineux vulnérante. La flg. 20 qui représente un Scorpène toxique,
Fig. 12. — Diodon orbiculaire (d'après nature).
le Srascasse est un type analogue au poisson dont il est question ici.
7. Le Hideux (Nohu des Tahitiens, Synancea brachio : Acanthoptérygiens à joues cuirassées). — Rades de Taïti, de la Nouvelle-Calédonie, de Maurice (Ile de France), et sans doute d'autres rades interlropicales. L'animal ressemble plutôt à une masse molle et informe qu'à un poisson; yeux dirigés vers le ciel, gueule fendue verticalement, treize rayons épineux mobiles à la nageoire dorsale, engaînés au repos par la peau lâche de l'animal, mais sortant de cette gaîne en se redressant. A la base des rayons, se trouve une vésicule
oblongue accolée à leur face antérieure et déversant sur leur surface un liquide incolore, louche, toxique. Notre collègue Nadeaud, auquel on doit la connaissance de ces faits a observé, à la suite de la piqûre chez l'homme, les phénomènes suivants : douleur inslantanée, escarres consécutives à la piqûre, anxiété ; lipothymies, vomissements. Ces accidents sont conjurés, à Taïti, par l'application de divers sucs végétaux indigènes. Fonssagrives a eu entre les mains une Synancea . Brachio et en a donné le signalement suivant : tête grosse, plus longue que le tiers du corps, recouverte en dessus de plaques dures en saillie, museau relevé, bouche grande, garnie de dents. Nageoires pectorales larges, réunies au-dessous de la mâchoire inférieure ; abdominale bilobée entre les deux pectorales, anales petites; caudale courte, en éventail; dorsale triangulaire, à trois ou quatre rayons saillants, canaliculés, reposant à leur base sur une poche à venin (fig. 13).
Fig. 13. — Type du genre Synacée (Val.).
8. Talassophryne reticulata. La famille à laquelle appartient ce poisson n'a pas encore été bien déterminée, que nous sachions. L'animal a été recueilli à Panama par Gunther, Salvin et Godman. Son appareil venimeux se compose, d'après Phlipson, de quatre
726 PATnOLOGIE EXOTIQUE.
épines creuses dont deux dorsales et deux operculaires. Chacune d'elles est traversée par un canal qui aboutit à un sac plein de venin à l'état liquide.
9. Vive araignée (Trachinus, aranea Percoïdes). Assez commune dans la Méditerranée. — Poisson gris-roussâtre, plus pâle sur le ventre, petites taches ou points brun-noirâtres à la tête, au dos et au flanc. Première dorsale noire, à rayons épineux, vulnérants; deuxième dorsale ponctuée de brun sur les rayons, taches brunes et jaunes sur la caudale; pectorales et ventrales grises. — La piqûre des premiers rayons de la nageoire dorsale détermine une très vive douleur, avec gonflement de la région, engourdissement, oppression, convulsions, fièvre (Risso). La vive araignée se tient sur le sable et redresse sa nageoire dorsale sous le pied des pêcheurs qui marchent sur elle (fig. 14) .
Fig. 14. — Vive araignée (d'après Cauvet).
10. Chabots (Gottus, Acanthoptérygiens à joues cuirassées). Habitent toutes les mers. Presque toutes les espèces ont, au préopercule, une ou plusieurs épines, armes perfides qui déterminent des plaies très douloureuses que l'on a dit être empoisonnées par un venin (Noël de la Morinière). Ce dernier point est à vérifier. — Genre Chabot : forme large en avant, mince du côté de la queue, tête volumineuse déprimée, préopercule
épineux : peau habituellement nue. Dents en velours aux mâchoires et à la partie antérieure du vomer, palatins sans dents. Deux nageoires dorsales faiblement unies et restant distinctes; ventrales composées seulement de trois ou quatre rayons (Blanchard) (fig. 15).
Fig. 15. — Type du genre Cottus, chabot (Val.).
11. Niphon épineux (Niphon Spinosus, Acanthoptérygiens percoïdes). On l'a recueilli dans les mers du Japon. — (V. fig. dans Fonssagrives, hygiène navale, 2e édit. p. 648). Préopercule dentelé, armé de quatre petites épines et d'une cinquième beaucoup plus forte et aiguë : première nageoire dorsale à deux épines dont les 3e, 4°, 5°, plus longues; nageoire anale à trois fortes épines.
12. Plotose rayé. (Plotosus lineatus; en malais Ikan, Sambilang; Malacoptérygiens, Plotoses). La figure cijointe est celle d'un plotose rayé de grandeur naturelle donné au musée de Brest par notre collègue le Dr Jobard. — C'est un des poissons les plus répandus de la mer des Indes, des Archipels des îles de la Sonde, des Célèbes et des Moluques, et des mers qui baignent la Nouvelle-Calédonie. Tète grosse, déprimée, à huit
barbillons ; tout le corps est couvert d'une peau molle e dessus du corps brun foncé, le dessous blanc ; trois lignes d un blanc bleuâtre parcourent toute la longueur du corps. Les épines de la nageoire dorsale et des pec-
Fig. 10. - Plolosus li?ieatus, vu par le travers (d'après nature). D, Épine de la nageoire dorsale. - P, Épine de la nageoire pectorale.
torales sont petites, très aiguës, dentelées en scie fine, et propres à blesser dangereusement (Val). — Le Van Leent de la marine néerlandaise a vu « deux cas de blessure au pied par ce poisson;. il y eut des dou-
Fig. 17. — Plolosus lineatus, vu de face. D. Épine de la nageoire dorsale. — P,P, Épines des nageoires pectorales.
leurs atroces et du trismus. Dans un autre cas, chez un indigène, il se déclara un tétanos véritable ». Ce poisson se rencontre aussi dans les lacs d'eau saumâtre des Archipels océaniens (fig. 16 et 17).
!!• I*oissoiis toxiques.
A. Percoïdes.
1. Mérou ouatalibi (Serranus ouatalibi, vulg. ouatalibi à la Martinique). — Beau poisson d'un rouge vif, un peu rembruni sur le dos, points violets entourés de cercles noirs. Nageoire dorsale bordée d'une bande olivâtre, anale violette, haut de la caudale rouge taches noires violettes sur le dos de la queue, au pied de la dorsale. Le poids de l'animal ne paraît pas dépasser un kilogramme. Chair molle se putréfiant très rapidement (Val). — Ce poisson ingéré a causé des empoisonnements caractérisés par des vomissements, de la diarrhée et de l'urticaire par élimination (Corre) (fig. 18). v ]
Fig. 18. -Serranus ouatalibi, d'après le D- Corre (atlas inédit).
2. . Créole (Serranus creolus). - Habite les rades des Antilles, spécialement celles de l'île de Cuba.— Rouge incarnat plus ou moins doré, avec trois petites taches de chaque côté du dos et une quatrième du côté de la queue. Bandelongitudinalenoirâtre sur le milieu de la hauteur de la nageoire dorsale ; - il produitles mômes accidents que le précédent.
3. Serran petit nègre (Serranus nigricultis, vieille, grande gueule). - Habite les rades des Antilles, spé-
cialement celles de la Martinique. — Taille assez grande, corps oblong brun violacé, taches arrondies, serrées, de couleur pâle, yeux saillants, préopercule arrondi, épines de l'opercule assez faibles, nageoire tachetée comme le corps (Fonss.). « Il ne faut pas confondre ce poisson avec deux autres espèces également désignées sous le nom de petit nègre ou de nègre : l'une est le Plectropoma chlorurum (Val.), l'autre une Blennie dont la partie antérieure du corps est d'un rouge éclatant, la partie postérieure d'un noir verdâtre et très foncé » (Gorre).
4. Serran arara (Serranus arara, mérou arara, perche de mer). Habite la mer des Antilles, la rade de la Havane. — Grande taille : très petites écailles à la mâchoire inférieure seulement; couleur obscure parsemée de taches plus claires, d'un brun doré, nageoire d'un noir bleuâtre ; bord de la portion molle de la dorsale, de l'anale et de la caudale d'un noir foncé ; pupille noire (Fonss.).
5. Sarde à dénis de chien (Mesoprion Jocu). — Mer des Antilles. — Dentelure en forme de scie sur le milieu de chaque côté de la tête; corps de couleur rosée, ainsi que les nageoires pectorales ; dorsale, ventrale et anale jaunes; tête couleur d'ocre vif ; tache d'un gris pâle à la joue ; préopercule dentelé ; opercule terminé en pointe aplatie, obtuse (Fonss.) (flg. 19).
6. Sphyrène bécune (Sphyrœna picuda). — Mer des Antilles, côtes du Brésil et du golfe du Mexique. — Corps fusiforme (largeur contenue 8 ou 10 fois dans la longueur), tête formant un peu plus du tiers du corps, robe argentée sur les côtés et sous le ventre et plombée ou noirâtre sur le dos ; dorsales et caudales brunes ; pectorales grises ; ventrales et anale jaune clair; iris argenté; œil rond voisin du profil supérieur
et dirigé latéralement, mâchoires formant une pointe conique, la supérieure échancrée légèrement et plus courte, l'inférieure un peu recourbée en bas ; dents canines aux deux mâchoires, tranchantes, arquées ; palatins armés de 3 ou 4 dents tranchantes, arquées ;
Fig. 19. — Type du genre Mcsoprion.
pas de dents au vomer, dents en carde sur les os pharyngiens (Fonss.). — Empoisonnement à bord du Marceau en 1866, en rade de Ganala (Nlle Galédonie): les accidents ont été conjurés et au bout de trois jours il n'en restait plus de traces (1).
7. Grosse sphyrène (Sph. barracuda). — Même habitation que la précédente espèce. Ce poisson est peutêtre le même que le caçao de Rio. — Elle atteint 0m,90 à lm,20; sa largeur est d'un tiers plus considérable que celle de la bécune ordinaire ; dents plus larges, non arquées aux deux mâchoires; de 5 à 11 dents aux palatins; préopercule arrondi, lisse; opercule terminé par deux pointes, la supérieure mousse, l'in-
(1) Dr Beaumanoir, cité par Fonssagrives. Hygiène navale, 2« édition, p. 625.
férieure aiguë ; ventrales et première dorsale moins en arrière que chez la bécune, même nombre de rayons dans les diverses nageoires (Fonss.) — Empoisonnement à bord de la Pallas à Rio en 1862 par un poisson qui appartient soit à cette espèce, soit à l'espèce bécune ordinaire (I).
8. Sphyrène Yello. — Mer des Indes. Très analogue à la précédente. Elle peut atteindre comme celle-ci plus d'un mètre; dos noirâtre et ventre argenté ; ces deux régions sont séparées par une ligne festonnée serpentante (YaL). Sa toxicité n'est pas prouvée, mais sa chair, d'un goût médiocre d'ailleurs, doit être considérée comme suspecte.
B. Triglioïdes.